International Adventure Race
RAID IN FRANCE

Le compte-rendu de Raidsaventure.fr - 3ème 

Est-ce une blague ? une camera cachée ?

Voilà 2h que nous sommes sur la mer, et les cinq kilomètres qui nous séparaient de l’arrivée ne sont toujours pas bouclés. Voilà depuis la fin de matinée que j’ai pu reprendre un rythme de pagaie correcte. Plusieurs heures que je plante cette double rame aussi profond que mes bras maigres me l’autorisent pour en finir avec cette maudite section. Mais ce parcours ne semble pas vouloir en terminer si vite avec nous quatre.

Le vent de face nous encre littéralement sur place.

Les badauds nudistes de la plage marchent lentement mais nous dépassent sans mal.Tourner une première fois la tête. Une seconde fois 5 minutes après et voir exactement la même scène. Est-ce que je deviens fou ?Et si on rejoint la plage ? le vent, si puissant soit-il, ne sera pas capable de nous repousser une fois les pieds à terre…

150h plus tôt.

Ayant épluché tout le carnet d’adresses cet été, on avait presque renoncé à notre participation au Raid in France 2016, 10 jours avant le départ. Rudy était partant pour remplacer Benoit Peyvel, mais personne pour prendre la place de Fanny qui, depuis Avril, avait choisi de ne pas courir pour se consacrer pleinement au championnat du monde en Novembre.

Mais c’est si proche de l’épreuve que l’excitation est à son comble et que Fanny a finalement bien trop envie de faire partie de la fête pour nous laisser à trois sur le banc de touche. Nous voilà donc décidés, une semaine pile avant le départ !Comme toujours sur ces raids longs, l’avant course est déjà une vraie section en soit.

L’avantage de se décider au dernier moment, c’est que cette phase est réduite à son minimum, on va à l’essentiel.Autre avantage cette année : on a tous plusieurs raids longs dans le sac à dos : place aux automatismes.

Les vérifications matériel sont vites avalées. Un grand merci à Cédric & Isabelle qui nous ont hébergés et soutenus la veille et la journée du départ.

Juste le temps d’une mini sieste et nous voilà sur la ligne de départ. Je n’ai pas peur mais je devrais certainement. Je m’apprête à tripler mon volume estival rien que sur la première section. Organisation du Championnat de France, stage de permaculture de 2 semaines enchainés par notre mariage. Un été bien loin d’avoir été studieux.

Heureusement, j’ai naturellement un peu d’aisance à pied, ce qui devrait me permettre de boucler la première journée correctement. Pour la suite…

On laisse le soin à Rudy d’orienter sur les prologues (IOF), il n’y a qu’une seule carte.

Difficile de ne pas s’emballer, adrénaline faisant. Le ton est léger et on rigole des autres équipes moins expérimentées qui semblent jouer leur vie sur ce prologue de 30 min.

On récupère les cartes au cinquante millième dans le bon paquet. Nous voilà réellement partis.

On se laisse embarquer par le rythme des équipes et on prend une bonne dizaine de minutes pour se mettre dans la carte.

Les balises s’enchainent doucement. Le plus souvent on progresse hors sentier. On lâche petit à petit plusieurs équipes qui semblaient attirées par nos frontales comme les papillons de cette nuit étoilée.

Rencontre magique avec un grand cerf dans la première descente sauvage. Désolé pour le dérangement copain.

C’est l’ascension au Pic Carlit qui nous permet de prendre définitivement notre envol, à la poursuite de quelques frontales, peut-être 15 minutes en amont.

Avant le lever du jour on rejoint Arverne et Issy Absolu. Même à 3 équipes on a du mal à suivre le GR balisé. Un peu de déniv en rab ça et là.

Les premiers rayons de lumière lèchent les sommets alors qu’on attaque la descente dans la vallée de Orlu.

On s’étonne tous les 4 de la technicité des GR du coin ! (ici c’est le GR 7)

Occasion ratée de s’acheter un coca au refuge d’en Beys, on rejoint le CP5 en 4ème position. Devant caracolent Seagate, 400Team et Cap Opale.

On est fidèles à notre stratégie, finir rapidement cette section pour se reposer (Dark Zone, départ vers le raft uniquement à partir de 5h30) mais sans en faire des tonnes non plus, vu que tout est remis à plat demain matin (départs dans l’ordre d’arrivée, espacés de seulement 5min).

A ce titre, on a du mal à comprendre nos copains de Cap Opale, quelle est leur stratégie ?

Belle montée, encore à la fraiche sous le Roc Blanc.

Sylvain est là pour le film de la course.

Au col sans nom, on sort les parts de pizza qu’on avait emballées, reste du repas de la veille. La pause fait du bien.

Plutôt que la crête proposée dans le road book, on fait le choix par le bas. Payant ou non, c’est plus sûr.

On tente le troc d’une aide musclée contre une boisson fraiche à une famille qui pique nique, mais ils n’ont rien à nous offrir. On les aidera quand même avec un gros cabas encombrant.

Pour rejoindre CP6 on a choisi l’itinéraire du bas, par l’EST.

On enchaine sous la chaleur maintenant bien présente.

C’est un abreuvoir à chevaux qui nous sauve de la panne sèche juste avant B2.

La suite est dure pour le moral. Dans les pattes déjà plusieurs heures de marche, et de longues pistes monotones à avaler sous la chaleur. Rudy explique que c’est la section « mental ».

Issy Absolu nous rattrapent au village de Bessède-de-Sault où nous espérions trouver un commerce. Chance, c’est le grand cœur d’une habitante qui nous sert d’auberge : et deux coca frais sortis de son frigo s’offrent à nos gosiers brûlants.

Mauvais choix pour la suivante, on se retrouve à faire une coupe hasardeuse dans les buis, le chemin pointillé ayant disparu.

La bonne étoile veille sur nous, on ne perd pas trop de temps, tout juste un peu d’énergie et on retrouve notre itinéraire.

Une dernière pause dans un petit village pour le plein d’eau avant la nuit.

La descente sur le CP7 salvateur semble compliquée. Rudy et moi choisissons en commun un itinéraire sûr. Mais, fatigue faisant, on descend un peu trop tôt et on s’embarque dans le mauvais vallon.

Heureusement, la faible pente m’alerte et on se recale à deux. Une bien belle boulette qui aurait pu nous coûter très très cher.

On remonte, à la lutte avec tout ce qui pique : les ronces, les épines, les insectes nocturnes qui nous sautent au visage et nos démons de cette deuxième nuit.

Rudy, reboosté par cette fausse route, s’agace et débusque le sentier qui nous mène au CP final.

Ouf, objectif atteint, on est 4ème (Issy est passé devant, mais Cap Opale ne sont pas encore là). Une bonne nuit de repos nous attend.

Ptit Ben a déjà beaucoup souffert des pieds, surtout sur la fin et sa mine n’est pas très enthousiasmante. Aller, on sert les dents. Un gros morceau de vélo où ça va aller, on soignera les bobos plus loin.

Quand le réveil sonne, on s’active rapidement. On a validé 5h de sommeil, et même dormi presque 6.

L’approche de la transition raft n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. Mais nous avions un peu de marge pour se permettre une petite bartasse.

On profite des minutes qu’il nous reste avant le départ pour tracer le vélo suivant.

Issy en retard doit nous laisser sa place de 3ème.

A peine engagés on est dans le bain, les premiers rapides sont costauds.

On profite d’un lâcher EDF, le niveau est plus que correct. On suit à la lettre les conseils avisés de Rudy tout le long. Il nous invite à ramer sans relâche, surtout dans les rapides. Lui comme nous y passons beaucoup d’énergie.

La rivière est moins difficile que le Guil de 2012, mais il y a quelques pièges. On se coince 2 fois.

Globalement on s’en tire vraiment bien tout en prenant du plaisir. Mais impossible de se reposer.

Il fait déjà chaud.

A la transition on retrouve Seagate et 400Team. On remonte nos vélos et nous faisons le plein d’eau et de nourriture.

On commence cette première grosse section VTT par une belle et longue rampe. Je ferme la marche du quatuor en essayant surtout de ne pas décrocher ! Je me retrouve vite dans le rouge et souffre alors de la chaleur. La pente est raide et je tire trop gros. On passe le sommet et j’ai déjà vidé 2L de flotte.

Heureusement un petit ruisseau de la montée suivante me permet de refaire le plein.

On découvre avec émerveillement le château de Puilaurens.

Une deuxième montée s’annonce. toujours cette chaleur. Je m’accroche à Rudy. Une nouvelle fois le plein d’eau chez un habitant.

Après le col de Frayche, pause coca et St Yorre (Bouteilles que l’on porte sur nous). Je dilue un sachet de réhydratation dans un bidon. Je préfère prévenir.

La suite est plus ombragée, ça va mieux. Le col de l’Hommenadel passe bien. Derrière on a fait le choix par le haut. Mais le portage est simplement monstrueux, alors que le chemin plein nord pour rejoindre la piste en face est inexistant.

Je maudis les cartes une fois au niveau du second choix, voyant la qualité du pointillé. Mais comment le deviner ?

Jeu : trace ton choix d’iti sur la 50000ième puis vérifie sur la top 25 si c’était le bon choix !

Après la vallée de Counozouls, on attaque le dernier gros morceau de ce vtt. L’orientation est plus difficile qu’il n’y parait, beaucoup de chemins ont changés. On s’égare un peu et je propose à Rudy un nouvel itinéraire qui réduit notre erreur à quelques minutes et nous évite donc un demi tour long. L’option est correcte mais le dénivelé toujours brutal.

On accuse le coup avant la bascule et le rythme devenu trop lent nous impose une petite pause à l’ombre.

Au CP10 suivant, mauvais choix d’approche. On fait demi tour avant de « bartasser » de trop. On retrouve les photographes de sleepmonster, le photographe officiel et pas mal de monde. ça rebooste.

On repart sous un soleil moins chaud sur la dernière carte du jour. Un peu avant le refuge du Coll del Torn, dans une descente, mon dérailleur avant fait des siennes. Je bricole à la prochaine pause où Fanny essaie elle de manger. Pour elle ça commence à se compliquer, Rudy s’en occupe.

Le dérailleur me reste dans les mains et je ne traine pas à l’enlever complétement, en utilisant le maillon rapide de ma chaine car il n’est pas démontable. Cette petite pause forcée nous fait du bien et on repart avec l’idée de ne plus s’arrêter avant le CP11.

Au CP, encore plein de monde, dont Francis, le papa de Fanny, ce qui lui fait très plaisir. Le refuge du Coll de la Llosa est ouvert et propose des boissons et des pâtes chaudes aux coureurs ! On hésite pas deux fois.

Ce repas chaud est une vraie aubaine et l’accueil tout aussi chaleureux.

Les 4 Issy Absolu, que l’on avait pas encore vus de la journée, arrivent alors qu’on a terminé de se restaurer.

On repart sur nos montures, tous regonflés, portés par les couleurs du coucher de soleil incroyables..

Le gérant du refuge nous accompagne quelques centaines de mètres avec son vélo électrique qu’on envie.

On termine la section par un très beau single en crête suivi d’une descente technique en deux parties. Entre ses deux zones, sur une piste où l’allure est vive, je tape la pédale dans le talus et me retrouve aussi sec allongé sur le dos le vélo sur la tête.

Grosse frayeur pour moi et mes coéquipiers. Rien de cassé, ni le bonhomme ni la monture. Rudy nous invite tous a plus de prudence et il a bien raison, qui va piano va sano.

Encore une grosse poignée de virages en épingle sur un vieux chemin plein de charme et nous voilà à la transition.

On envoie notre Ptit Ben chez le médecin pour faire soigner ses pieds.L’opération est un peu longue mais indispensable.

On enchaine dès que possible sur le trek des Gorges de la Carança.

Le chemin est technique et nous tient bien en éveil. Après avoir pointé B10, le sentier rejoint le cours du torrent et empreinte de nombreuses passerelles improbables pour passer d’un côté à l’autre des gorges. De nuit cette randonnée a du charme, mais on regrette tout de même de ne pas pouvoir profiter de la lumière du jour.

La fin du sentier est moins ludique mais d’une pente soutenue. La bataille mentale contre le sommeil et la fatigue commence. Je regarde trop souvent l’altimètre pour que les chiffres y soient rassurants.

La silhouette éclairée du Refuge se dessine finalement, tout comme notre pause qui y est prévue.

On retrouve 400Team et Seagate, qui terminent respectivement 2 et 3h de sommeil.Pour nous c’est prévu 3.

On s’installe dans la salle commune, sur des petits matelas mousse trouvés là. Fanny a du mal à manger, elle reconnait ces soucis des (mauvaises) expériences passées. Mais elle se gère. Les compotes passent. Je m’endors l’esprit soucieux.

Je me réveille un peu avant la montre comme les copains.

Nous voilà à nouveau en marche, toujours de nuit, à suivre un sentier peu marqué en fond de vallée, direction les cimes.

Le jour se lève doucement. Avec lui on distingue le paysage qui nous entoure. Les beaux lacs, les crêtes et sommets alentour. Le rythme de progression augmente avec la lumière, nos corps semblent se réveiller. Fanny a l’air mieux aussi.On enfile nos gore-tex un peu avant la crête sous les regards indifférents d’un couple de gypaètes barbus.

Le vent est fort sur les sommets mais contribue à l’ambiance du lieu. On est heureux tous les quatre. Notre aventure prend tout son sens, ici, sur la frontière Espagnole, frappée de 50 noeuds de vent. Un troupeau d’isards des Pyrénées semble avoir trouvé dans ces vertes pelouses un jardin d’Eden. Jardin que l’on traverse le pas pressé mais l’œil brillant.

On quitte les sommets et le froid pour regagner une belle vallée et déjà la chaleur. Cap Opale nous a rejoint au sommet de la dernière bosse, avant B12. Ils ne sont plus que 3 en course. On sert les dents dans la longue descente, raide et sous la chaleur.

On profite du village de Fontpédrouse pour faire le plein : un croissant à la béchamel, une tarte à l’oignon et un coca bien frais.

Il fallait bien ça pour trouver l’énergie d’en finir avec ce trek et l’interminable chemin « en balcon » qui nous ramène aux vélos. La rivière coule proche de l’AT est c’est le meilleur moyen de faire descendre notre température.

On effectue maintenant une liaison en temps neutralisé (2h30). C’est la section que l’on a choisi pour crever (un beau clou dans le pneu avant de Fanny). La liaison est dangereuse (route nationale) mais vite avalée.

Arrivés à Ria, ils nous reste 40 minutes pour nous reposer. On en profite pour tracer les VTTs suivant avec Rudy.

On attaque la section par une terrible montée en plein soleil vers le hameau de Llugols. Au delà, ça roule un peu mieux et on bascule dans une nouvelle vallée. Plein d’eau au CP, quelques mûres piochées sur le chemin.

On marque la pause dans le beau village de Mosset. Francis et Sylvain sont là pour immortaliser les emplettes que l’on fait dans la supérette du coin. Le gérant enthousiaste nous offre une bière pour la récup que Francis récupère.

Deux ouvriers un peu éméchés par l’apéro nous regarde nous empiffrer des yaourts, un avocat et du jambon. Ils nous renseignent sur la suite du chemin.

On effectue une belle et longue montée au dessus du village. De nombreux lacets puis un cheminement magique parmi les blocs de granit. On dirait la Corse ou la Bretagne.

Il fait nuit maintenant. La suite est roulante mais il est difficile de lire le relief, et les montées de 5 minutes passent inaperçues sur nos cartes. On bascule finalement définitivement en descente un peu avant le CP17.

La descente se poursuit plus loin dans les Gorges de St Jaume. Étroit sentier, passerelles, bord de falaise… sacrée ambiance de nuit. Fanny nous rappelle qu’elle n’aime pas savoir le vide si proche, mais file sans broncher.

Passage piquant et humide dans le lit de la Boulzane pour passer sous la D117. Ca ne dure pas.

La dernière balise de ce VTT s’amuse avec nos nerfs. Mauvaise carto, petit cairn bien caché et sente improbable. Ya pas un doute, on est bien au Raid In France.

La fatigue se fait sentir au delà du poste. On arrive épuisés à la transition où on se couche rapidement 3h à nouveau.

Bip bip, bip bip.

On a tous dormis comme des pierres.

On enfile la combinaison néoprène mouillée et froide sans savoir à quelle sauce on va être mangés. La guide nous explique que le canyon est à quelques mètres de là, qu’on a pas besoin de matos de corde car c’est une remontée facile.

On arrive en effet rapidement dans le lit de la rivière qu’on remonte tranquillement. Très vite on doit nager. L’eau est froide, mais s’y plonger en combinaison et avec une frontale vissée sur le casque a un côté excitant et magique. On profite de ces instants hors du temps avec le sourire.

Une sente verticale nous amène au CP départ de la spéléo. Deux gentils bénévoles nous accueillent dans la nuit encore sombre.

La caverne est ludique et exiguë. On commence par un double rappel. En bas on poursuit par un passage très étroit où mes 1m87 me mettent en difficulté. Fanny en profite pour se moquer de moi et m’annonce qu’elle passe à quatre pattes sans mal. La balade se termine par une toute petite chatière. Dehors il fait jour maintenant, et Francis est là pour nous accueillir.

On découvre les gorges qui nous enrobent (Gorges de Galamus). On s’en échappe en traversant l’Ermitage Saint Antoine. Quelle chance d’être là.

Le moral est au top ce matin. Tout le monde va bien. Fanny va mieux me réclame l’appareil photo, elle veut ramener des souvenirs. On dérange quelques mouflons dans leur petit déj. Rendez vous pris avec le soleil au sommet. J’ai bien mangé au réveil, j’ai plus d’énergie et profite de ces moments.

Au CP suivant, on largue les combinaisons. Un peu embrumé je perds ma carte. Tant pis, je laisse Rudy avec la sienne et embarque en mode coéquipier.

Le ton est toujours léger. On jardine un peu pour trouver la suivante puis les sentes de chasseurs qui doivent nous permettre de traverser le « pla de Sagnes ».

Ptit Ben flaire les passages avec talent, on l’appellera « la truffe » le reste du raid.

Le parcours est superbe. L’approche de l’atelier corde et du château de Peyrepertuse nous laisse rêveur. Une très belle tyrolienne est installée du haut de la falaise jusqu’au château. A l’assaut ! Le guide envoie Fanny un peu fort et elle manque de transformer celui qui la réceptionne en pancake.

J’avise mon lanceur d’y aller molo à la vue de mes 80kg. J’aurais mieux fait de ne rien dire car, une fois lancé, je n’arrive pas au bout et redescends au 2/3 du parcours. Heureusement que j’arrive à attraper, de justesse, le cable pour remonter. Une belle suée dont je me serais bien passé.

On file à Rouffiac pour la transition suivante. Le vélo à venir est prévu en 2h, ce qui fait de cette nouvelle section l’une des plus courte de l’épreuve. J’ai fait l’économie du porte carte et découvre le raid en mode coéquipier. Il fait chaud et le GR36 nous propose une belle bavante. Heureusement il ya un peu d’air. La section passe vite.

A la transition il n’y a pas d’eau. On nous explique qu’il y en aura pas de toute la section. On profite donc des caisses vélo pour se ravitailler : toujours Coca et St Yorre.

On descend un super ruisseau sec. Au bout de 40 minutes, j’ai le contre coup de la grande quantité de coca bu à la transition. J’ai mal au ventre et suis en manque de sucre. J’arrive à manger quelques noisettes au chocolat (bio !), ça passe.

Nous voilà au Château de Termes. Une petite bavante pour y monter, un peu de piquant pour en sortir et rejoindre le haut de l’atelier corde.

Je passe en dernier et manque la sortie à flanc de falaise après le dernier rappel. Heureusement Ptit Ben m’attend et revient me sortir des buis !

On échoue dans le fond du canyon, matos de corde rangé. Il y a peu d’eau au départ mais rapidement les vasques sont de plus en plus pleines. On comprend rapidement qu’il n’y a pas d’échappatoire. Il faut y aller, sauter entier dans l’eau froide. Rudy nous montre la voie. Ce canyon est superbe. Mais avec la fatigue et sans combinaison, il faut se faire violence.

Nos corps sont lavés et refroidis, mais l’esprit reste engourdi.

La transition suivante est longue et fastidieuse. Je la quitte avec un pneu avant à plat et une roue arrière mal serrée sans avoir eu le temps de manger. Je ne suis plus lucide. Je me laisse glisser en queue de peloton et me referme d’avantage sur moi.

Je n’ai pas chaud, même avec mon haut thermo. J’ai des frissons parfois. Je me force à manger pour garder de l’énergie. Je fais le plein d’eau à Villemagne. Courage il ne reste que deux montées.

La dernière balise en forêt est compliquée (B27). Un sentier très marqué non carté nous fait perdre le nord. Nuit et fatigue aidant, difficile de prendre les bonnes décisions.

On perd beaucoup de temps. Un peu de méthode et la balise sort de son talweg. ouf. C’est jamais gagné.

Rudy et moi essayons de convaincre les deux autres de prendre 2h de pause, transition comprise. Les deux loulous, compétiteurs dans l’âme, préféreraient minimiser et ne prendre que 1h30 maximum.On y tient tous à cette 3ème place, mais sans sommeil les 70km restants en canoë risquent d’être compliqués.

Arrivés à 1h du matin, on décide d’être sur l’eau à 3h.


3h04 environ, nous voilà sur l’eau. On la redoutait tous cette longue section. prévue en 13h, c’est énorme.

Les premières heures se passent bien. CP29, CP30,… La rivière Aude n’est pas très dynamique mais il faut quand même la lire. Ça nous occupe.

On tire le bateau quelques fois.

Vers la fin de la nuit, je n’arrive plus à tenir le rythme de départ. Je m’endors. Je propose à Ptit Ben de passer devant, que je puisse souffler un peu. Le jour se lève peu après. J’effectue quelques micro sommeils, en espérant que le rythme de pagaie n’en pâtisse pas trop. Le soleil arrive à son tour alors que nous n’avons pas encore sorti les lunettes de soleil. Malgré nos casquettes, le bougre nous fusille la rétine en se réfléchissant à la surface de l’eau. Je commence à avoir mal à la tête. C’est encore plus dur après CP32 où la rivière est plus calme. C’est de plus en plus dur pour moi.

L’énergie m’a quitté et je finis par demander à ce qu’on s’attache, le temps que j’avale quelque chose avec mes deux mains. je suis au fond du seau. Epuisé. Ptit ben est au top à l’arrière, il suit sur la carte et compense mes défaillances. Le fluide finit par revenir dans la grande tirée vers le pont de l’autoroute, en fin de matinée. Au délà du pont je propose de repasser derrière. Ptit Ben qui a assuré depuis le lever du jour, semble fatigué à son tour. Heureusement qu’on a pu se compléter.

Le CP33 arrive enfin. Il ne reste que 8 kilomètres, dont 5 de mer. C’est presque gagné !

Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant

Est-ce une blague ? une camera cachée ?

Voilà 2h que nous sommes sur la mer, et les cinq kilomètres qui nous séparaient de l’arrivée ne sont toujours pas bouclés. Voilà depuis la fin de matinée que j’ai pu reprendre un rythme de pagaie correcte. Plusieurs heures que je plante cette double rame aussi profond que mes bras maigres me l’autorisent pour en finir avec cette maudite section. Mais ce parcours ne semble pas vouloir en terminer si vite avec nous quatre.

Le vent de face nous encre littéralement sur place.

Les badauds nudistes de la plage marchent lentement mais nous dépassent sans mal.

Tourner une première fois la tête. Une seconde fois 5 minutes après et voir exactement la même scène. Est-ce que je deviens fou ?

Et si on rejoint la plage ? le vent, si puissant soit-il, ne sera pas capable de nous repousser une fois les pieds à terre…

Sur la plage on avance. On avance, mais vraiment, c’est lent.

Pour Rudy et Fanny, c’est une question d’honneur: si le vent nous laisse un chouïa de répit ça doit le faire à la rame.

On remonte dans les canots. Dans le notre c’est soupe à la grimace. Pas un pour rattraper l’autre, on est à bout. Il faut tout donner, chaque instant comme s’il restait dix mètres, cinq mètres.

La rage d’en terminer, 110h après notre départ de Font-Romeu, nous donne les dernières forces. Le passage sur la plage nous a soulagés.

On s’excite on s’énerve mais on avance. On devine maintenant clairement la plage.

Arrivés sur le sable, il ne reste qu’une balise à pointer en haut de la dune et les bateaux à tirer, mais ça c’est de la rigolade.

C’est difficile de réaliser tout de suite, que c’est bien la ligne, qu’on a bien fini par la franchir, la maudite.

Réaliser tout ce qu’on a parcouru pour en arriver là. Et réaliser que c’est un aboutissement mais aussi une fin.

La place est au repos.

Passer au delà de la douleur et de la fatigue pour laisser place à la joie, celle d’avoir mené le radeau « équipe » au bout de son voyage, et ces 4 naufragés joyeux et satisfaits.

Tous ces moments, durs et forts, partagés.

On a toujours beaucoup à apprendre de ces expériences aux émotions exacerbées.

Merci à vous trois, mes amis d’aventure, Fanny, Ptit Ben et Rudy. Je suis très fier de chacun de vous, comme je suis fier de notre association réussie.


On a tous les quatre énormément de plaisir à retrouver la famille RIF, tous portés par la passion. La passion de l’aventure et des territoires pour Pascal le grand chef et traceur. La passion du partage et du don de soi pour l’ensemble des bénévoles qui l’accompagne, sans qui rien ne serait possible.

Arf, qu’il est difficile d’atterrir sur terre après un tel voyage.

On va tacher de bien préparer le prochain rendez-vous !

A bientôt et comme dirait mon Ptit Ben : « Vive le raid ! ». 

 

 
RAID IN FRANCE

Le compte-rendu de 400TeamNaturex 2nd

Après quelques jours de récupération, une fois de plus on peut le dire, le raid Aventure c'est FANTASTIQUE! Que d'émotions vécues  et de paysages parcourus cette semaine...  

Notre sport est à l'opposé de l'évolution actuelle de notre société: Repli sur soi, individualisme, peur de l'autre et de sa différence...

En raid nous nous servons et nous nous appuyons sur l'autre, nous aidons le plus faible, nous pensons au collectif avant de penser à notre petite personne... Et le bonheur au bout du chemin n'est que plus grand. Retour sur cette immense aventure  de 4 équipiers soudés et unis à jamais!

Section 1: Trek, 75km, Du Carlit au pays de Sault 

Après une longue journée de préparation toujours très préoccupante, nous sommes  prêts pour le départ à 0h00 de Raid in France 2016. Après une course d'orientation dans la station et sur les hauteurs de Font-Romeu bien menée par Colo,  nous nous élançons  enfin dans les montagnes en direction du pic Carlit. A la prise de carte, je prends peur, la taille des symboles sur la 1/50000 me parait minuscule, ma vue a t elle tant baissé en un an? 

Petit à petit nous remontons quelques équipes plus rapide que nous lors du prologue. Les Polonais nous surprennent en adoptant un rythme très rapide. Au loin des frontales,  Seagate certainement déjà parti devant. L'ambiance de ce début de course est extraordinaire: un beau ciel,  un début de tracé sauvage  et des frontales partout dans la montagne. Nous continuons notre progression à un très bon rythme hors sentier avec quelques passages très chaotiques.  Nous pointons le CP 3 en troisième position  et entamons  l'ascension du Pic Carlit. Chris Forne  l'orienteur de Seagate commence son festival  en évitant le Pic et en choisissant de couper par un col plus au sud. Nous préférons le choix plus sûre de passer au sommet avant de plonger sur le CP4. Cap Opale nous accompagnent en chasse quelques minutes derrière les Néo-Zélandais. Ce début de course est idéal et confirme notre bonne forme. Audrey marche avec le sourire...La progression ensuite vers le refuge d'en Beys est difficile,  nous passons de blocs en bloc et prenons soin de ne pas abîmer nos quadriceps. Malgré tout notre rythme est rapide et nous rejoignons les Néo-Zélandais au refuge une première fois. On est tout excité et eux sont plutôt surpris... Nous faisons un bout de descente ensemble puis ils décident de courir pour nous semer, la récréation est terminée!!!! 

Nous restons malgré tout à une distance visuelle, le jour se lève,  les paysages sont magnifiques et nous entamons une nouvelle montée sèche vers le pic de Canras. Les jeunes de Cap Opale fléchissent quelque peu et nous nous retrouvons seul en deuxième position. Arrivée sur une crête nous décidons de suivre le choix des Néo-Zélandais en redescendant au nord  et en évitant la crête. Cela nous permet de rejoindre des sentiers et des pistes très roulantes et de nous alimenter en direction du CP6.  Le Wingel et le Pompote Naturex sont très appréciés dans la chaleur! 

Après la vérification de matériel les choses se compliquent pour nous, nous ne comprenons pas le relief et avec Colo notre liaison carte terrain est très difficile. Pour cause, on s'est décalé à l'est, ce qui nous oblige à couper pour rejoindre la piste qui nous mène à la balise suivante. Plus de peur que de mal... On a plus d'eau et cela devient difficile. On s'efforce de courir dans les descentes afin de rejoindre au plus vite le premier village. À l'approche de ce dernier et afin d' éviter une route interdite nous traversons une première zone très piquante... On fait le plein d'eau et entamons une nouvelle ascension. Tom  a du  mal à s'hydrater et souffre de la chaleur.  Nous rejoignons malgré tout un autre village où un habitant nous offre du sirop à volonté avec des glaçons bien appréciés. 

Nous approchons de la fin de l'après-midi et de la fin de cette section. Nous croisons Pascal le directeur de course qui remplace une balise volée!  La dernière descente  sur le CP7 est quelque peu délicate en navigation. Après une petite hésitation nous trouvons une piste qui nous mène directement à l'arrivée de cette section.

Les bénévoles nous annonce premier. Colo dit alors: premier français? non non premiers. Nous venons de doubler les néo-Zélandais sans nous en rendre compte et cela nous donne un gros moral. Ces derniers arrivent 15 minutes plus tard et ils ne semblent pas très heureux de nous voir déjà là!!! Hélas pour nous nous, une Darkzone est en place avant la section rafting. Nous allons donc pouvoir dormir 8 à 9h et bien nous alimenter. Comme dit Nathan le capitaine Néo Zed, c'est les vacances...Colo et Tom dorment dans la tente, Audrey et moi héritons de la belle étoile. Questions de personnalités!  Le réveil sonne à 5h15 et nous nous préparons tranquillement pour rejoindre le départ du Raft qui sera donné à 7h en même temps que le lâché d'eau.

Section 2: Raft, 13km, Haute vallée de l'Aude

Les équipes sont lancées dans l'ordre du classement toutes les cinq minutes. Ce qui n'est pas du tout à notre avantage compte tenu de la belle section réalisée la veille. Une section raft en autonomie sur Raid in France est toujours un grand moment chargé d'adrénaline. Nous décidons de barrer à deux avec Tom. Le début est tranquille et le niveau d'eau parfois  juste,  nous nous posons sur certains cailloux. Nous croisons Thérèse Lhermet, notre supportrice numéro 1 sur le bord!  La dernière partie dans les gorges de St George est sensationnelle. On enchaîne les passages très manœuvriers et on se débrouille plutôt bien. C'est fun et rafraîchissant. On termine cette section deux minutes devant les Néo-Zélandais. Après une transition express nous nous élançons sur un VTT très très long qui doit nous ramener vers Font-Romeu dans les montagnes.

Section 3: VTT, 100km, Autour du Madrès

Pour nous mettre dans le bain de cette section, nous débutons par une longue ascension sur piste avec des passages bien raides! Notre rythme est bon, avec Colo on aide un peu Audrey afin de la préserver. Les Seagate  mettent plus de deux heures pour nous reprendre, c'est bon signe... Nous faisons un bout de route avec eux puis faisons un choix différent pour rejoindre le village de Counozouls avant B7. Notre choix n'est pas le meilleur et avec le vélo sur le dos nous coupons droit dans la pente dans une chaleur terrible! Tom retrouve au bout de 45 minutes environ le sentier. Nous nous rafraîchissons au village et estimons notre perte de temps à environ 15 minutes dans l'affaire. La lecture de carte et le réseau de piste est bien difficile après B7. On limite la casse en se recalant rapidement mais Colo et Tom souffre vraiment de la chaleur. On ralenti. Nous faisons une pause de cinq minutes à CP 10 pour manger auprès de bénévoles toujours aussi sympathiques.

Nous enchaînons ensuite plusieurs cols à un rythme plus rapide.  La fin de l'après-midi approche et la température baisse. Nous trouvons par magie quelques boissons fraîches au refuge du col del Torn. Après une journée de pistes et de longues ascensions bien difficiles mentalement,  nous allons enfin trouver sur notre route de beaux sentiers. La crète puis la descente au-dessus de Thuès entre Valls est fantastique. Un enchaînement d'épingles et de passages très techniques nous régalent en ce coucher de soleil. Il est environ 20 heures  ce lundi à notre arrivée à l'AT4 une petite heure après Seagate. Colo a subitement un coup de moins bien. La chaleur de la journée l'a atteint et cela ressemble à un coup de chaud. Malgré tout nous repartons pendant qu'il fait encore un peu jours sur le deuxième trek dit des gorges de la Carança.

Section 4: Trek, 37km, Hautes altitudes Pyrénéennes

Nous aidons Colo en l'accrochant et montons à un bon rythme. Les gorges sont équipées de passerelles et de nuit l'ambiance est magique! L'objectif est d'atteindre le refuge de la Carança pour dormir deux heures. Vers minuit nous y arrivons et  Seagate est là en train de dormir. Le refuge est  plein et impossible de trouver un matelas disponible. Nous dormons au chaud sur des petits tapis trouvés là. 

A notre réveil, l'équipe Raidaventure de Fanny arrive pour dormir et les Néo-Zélandais s'apprête à repartir. Ainsi nous allons faire un bout de chemin ensemble à nouveau:) 

Leur rythme est légèrement plus rapide. Colo est toujours en difficulté mais nous avançons régulièrement. Cris Forne l'orienteur de Seagate fait un choix de nuit improbable pour rejoindre le pic de la Fosse du Géant. Nous choisissons nous la sécurité en passant par les lacs et le col de Nou Creu. Le vent est tempétueux et l'ambiance haute  montagne!!!  Habillés de nos goretex,  nous entamons la crête à 2800 m d'altitude. Dans le noir et cette ambiance hostile où l'on pose parfois les mains pour rester debout, je perds ma concentration et me trompe de crête pour descendre sur B 11. Heureusement je m'en aperçois assez vite et nous limitons la perte de temps à une petite demi-heure après ce passage en Espagne! On se recale et trouvons enfin la cabane qui fait office de balise. Nous entamons la descente sur un bon rythme et le soleil se lève enfin pour nous offrir des paysages grandioses. 

Quelle chance d'être là et d'observer ces levers de soleil aux couleurs si douces. Notre moral est bon et après le refuge de l'Orri, une bonne grimpette fait mal aux jambes avant d'atteindre B12. La descente suivante est bien raide. Nous coupons à travers bois les champs et campement des sources de Saint-Thomas pour rejoindre assez facilement à notre grande satisfaction le sentier balisé en contre eau de la rivière la Tet. Il commence à nouveau à faire chaud. Nous atteignons l'AT5 en fin de matinée. Les Néo-Zélandais ont 1h d'avance soit pas plus qu'au départ de cette section. On rivalise avec eux sur les sections trek et c'est déjà une victoire pour nous! Nous prenons le temps à tort de nous ravitailler alors que nous aurions pu le faire dans le temps neutralisé de la section VTT suivante... On est tellement content à chaque fois de retrouver l'orga et les bénévoles qu'on en perd en efficacité!!! Mais bon le partage c'est essentiel aussi et on est comme ça... 

Section 5: VTT, 60km, des forêts de Fenouillet à l'Agly

Nous mettons ensuite 1h30 au lieu des 2h30 pour rejoindre le CP15 et la reprise de la course. Nous gagnons ainsi une heure de sommeil et cela n'est pas négligeable... Il est 14h30 ce mardi lorsque nous nous lançons pour un long chemin de croix... Il fait 50° sous les casques et nous poussons nos VTT sur des montées impossibles. Nous nous efforçons d'aller le plus doucement possible mais malgré tout Colo ne peux gérer sa montée de température et un nouveau coup de chaud lui tend les bras. Nous mettons déjà beaucoup de temps pour atteindre le CP 16 puis à nouveau après le village de Mossé, une ascension interminable où je l'aide le plus que je peux notre dijonnais en difficulté.Audrey et Tom l'encouragent de la voix. Je lui rappèle qu'il y a deux ans en Equateur, Adrien n'avait rien mangé durant 5 jours et qu'il n'avait jamais été aussi en forme!!! Cela le détend un peu...  Le CP17 du Col de Tulla sonne la fin du Grand dénivelé de cette section. Le soir et la fraîcheur sont de retour pour la traversée des gorges de la Tulla. 

Je force Colo à manger davantage de Pompote. Une heure plus tard à B 15, Colo vomit un jet rouge des plus spectaculaire sur son vélo. Il se vide de l'eau et des quelques aliments de la journée...  30 secondes de récupération et c'est reparti!!!!!  Direction la fin de cette section. Sauf que les galères s'enchainent, chaîne coincée pour Tom, B16 bien difficile à trouver... Enfin l'AT6 vers 23h où nous décidons de prendre 2h de repos obligatoire. Colo s'endort de suite alors que nous trois prenons le temps de manger. Les Néozed sont très loin mais nous pensons avant tout à nous en ce moment difficile. 

Section 6: canyon-spéléo-trek-cordes, 15km, Des Gorges de Galamus au chateau de Peyrepertuse

Après avoir mangé une demi banane, Colo se remet en route. Un petit café Naturex pour nous, la combinaison néoprène enfilée, nous partons dans les gorges du Galamus. Le bonheur est immédiat car nous devons nager sur parfois 200m dans des vasques très agréables. on nage sur le dos avec le sac en guise de bouée. On se régale, notre corps se refroidit! Tom est très à l'aise et nous donne le tempo. Au bout de 45 minutes on est déjà en route vers la spéléo. On presse un peu les bénévoles car les spéléologues dorment et nous font perdre du temps! La suite est tout aussi ludique, on descend dans le gouffre en rappel, puis se succèdent des passages très très étroits, des remontées sur corde à la poignée, des passages en cordes fixes. 

En route pour le trek, nous traversons de nuit l'Ermitage St Antoine où nos amis d'Arverne profiterons du glacier plus tard de jour:) On est très chargé puisque qu'on doit porter les combinaisons et le matériel de corde... On grimpe le très raide Pech d'Auroux à un bon rythme. On est en forme et on ne traine pas en route!!!Après avoir déposé le néoprène à CP21, on attaque la partie sauvage de cette section. L'orga a cairné et débrousaillé dans un premier temps pour passer le Roc de Sagnes (quel boulot!). Nous pointons B19 et l'aventure commence... On doit suivre une trace de chasseur et de nuit c'est chaud... Il faut du flair... Après une brève hésitation Sud Nord, on décide de garder le cap plein Ouest. Plein phare, on finit par garder la trace. Quelle ambiance de nuit! Petit rappel pour nous d'une autre jungle plus humide du Brésil qui avait eu raison de nous... Cette fois on sort victorieux au levé du soleil. De la rubalise nous guide vers l'atelier de corde... Au loin un cable dans le vide... Une tyrolienne magistrale nous attend. Ils sont fous les guides du RIF!!!!! Ou plutôt géniaux tant cela va être fun.

On rejoint donc le château de Peyrepertuse par cette tyrolienne. Tom passe sans encombre mais se fait peur sur la via suivante en voyant Audrey tournoyer sur la tyro après avoir touché l'arbre du début. Elle finit à la main les quelques mètres manquants...L'artiste! On pointe la balise du chateau Cathare et descendons pleine balle jusqu'au village de Roufiac des Corbière où une nouvelle immense surprise nous attend: les Néo Zed de Seagate sont encore là à se préparer... Ils ne semblent pas aussi heureux que nous de cette rencontre! Nous sommes mercredi matin et donc après quelques 80h de course, nous sommes toujours au contact des champions du monde. La classe! On imagine nos amis en train de suivre le tracker au réveil... Leur journée au boulot va être hachée... 

Section 7: VTT, 17km,autour de Mouthoumet

Le ventre bien plein, on repart le moral au beau fixe 20 minutes après les blacks. Un bon poussage matinal pour débuter. Colo va bien ainsi que le reste de l'équipe. Le médicament kiwi a bien fonctionné!!! Cette section est simple et nous mettons environ 2h pour la réaliser. 

Section 8: trek-canyon-cordes, 6km, Termes, son château et son Canyon

Les Bénévoles nous précisent qu'on a quelques peu excité Seagate et qu'ils ont appuyé sur l'accélérateur... On reste dans notre course, on sait de toute façon qu'on a deux heures  de sommeil à prendre de plus qu'eux et que la dernière section de kayak est à leur avantage... On mange rapidement et on repart dans un ruisseau chaotique pour pointer B22 puis rapidement on sort du lit pour rejoindre via sentier et piste le château. 2 beaux rappels nous amènent ensuite dans le canyon. Superbe ambiance nature. Le canyon est court et très froid!!!! Un toboggan nous plonge dans une vasque glacée ou l'on prend soin de prendre de l'eau. Pour une fois qu'on a froid le jour, on va pas se plaindre!!!! C'est déjà fini, dommage...

Section 9: VTT, 40km, A travers les Corbières

Nous craignions à nouveau la chaleur pour cette section mais grâce au canyon, cela passe bien. Tout le monde est bien en forme et on adopte un très bon rythme tout en évitant l'erreur de navigation. on passe quelques belles bosses sur le vélo signe de notre retour en forme à Vtt! Un dernier poussage après Camplong d'Aude nous rappelle qu'on est bien sur Raid in France:) On doit plonger ensuite sur B27 et on se fait peur car il nous faut bien 30 minutes pour explorer la zone et la trouver! La carte est bien fausse à cet endroit. Audrey en profite pour manger du raisin tranquillement pendant que notre cerveau chauffe!!!! Reste ensuite à pointer B28 et rejoindre Puichéric pour le départ du kayak final! Il est 19h ce mercredi soir. 

Section 10: Kayak, 69km, jusqu'à l'embouchure de l'Aude

On décide de couper la section en deux et de prendre nos dernières 2h de sommeil plus tard à un cp sur l'eau. On ne sait pas à combien de temps sont les 3èmes et cela nous inquiète. Les bénévoles refusent de nous le dire... On débute cette section avec quelques rapides tout doux... Il n'y a pas beaucoup d'eau et on se pose parfois, souvent... Tout va bien jusqu'au CP30 atteint vers 22h, on décide de prolonger jusqu'au CP31 15km plus loin avant de dormir... Le début de l'enfer, le sommeil nous atteint tous... Colo rentre dans un monde parallèle et à le don de nous tenir éveillés. Il ne cesse de parler, de chanter, il part de temps en temps à l'abordage de l'autre kayak en pagayant comme un fou... Moment difficile mais inoubliable tant l'univers de ce bonhomme est riche! A minuit nous atteignons enfin le CP31, lieu de notre sommeil tant mérité. Enroulé dans notre couverture de survie, nous dormons comme des bébés!  On repart à 2h et cela se passe très bien jusqu'à 5h30 où à nouveau le sommeil nous gagne. Colo manque de s'endormir et de tomber à l'eau. On va dormir alors à tour de rôle 30 minutes tout en continuant à avancer. Les odeurs de l'Aude ne sont pas toujours très agréables... On est bien content d'être de nuit à ce niveau là. Ce n'est pas une rivière qui fait rêver dans le coin... Vers 7h du matin nous rejoignons le dernier CP33 que Seagate a quitté il y a 1h après avoir été bloqué en raison d'une mauvaise mer. Il nous reste 5km de mer à faire pour rejoindre St Pierre la Mer terme de cette aventure. Pas de vent et une petite houle nous permettent d'avancer très vite. Un maillot vert Naturex agite les bras, Nico Moreau est là et on l'aurait parié tant ce bonhomme a l'esprit d'équipe et vibre avec nous... L'arrivée est belle, une dernière balise au sommet d'une dune, on s'enlace entre nous... puis je sors du sac kayak le drapeau tricolore, on court entrainant nos bateau derrière nous. Nous sommes 2ème de ce raid in France 2016, mais c'est une victoire pour nous d'être si proche de Seagate...

Raid in Fance is magic!

My team is magic!

Our sport is magic!


Merci les bénévoles et organisateurs qui passent tant de temps pour nous les coureurs
Un immense merci à la société Naturex qui nous soutient financièrement, nous fait confiance et  développe des produits alimentaires juste pour nous.
Merci aux dirigeants de  la FRNM qui oeuvrent  tant pour le développement de notre sport, vous pouvez comptez sur notre soutien total dans les années à venir...
Merci Squirt pour son aide récente. 

 
ITERA EXPEDITION

Le compte rendu de Issy Absolu

Retour sur l'Itera en quelques chiffres :
Nous terminons 4ème même si nous sommes officiellement classé 5ème (nous considérons qu'une équipe qui profite d'un point de règlement pour se prendre une nuit de repos gratuite et qui ne fait pas le même parcours que nous ne peut pas prétendre à la seconde place).
Seules 9 équipes sur 36 sont parvenues à faire la full course.

Même si l'organisation a réadapté le parcours en temps réel à cause des conditions météo (vent de face souvent violent, énormes pluies, ….), le kilométrage total est similaire à celui prévu initialement (15 km de moins) mais c'est la répartition des épreuves qui a changé : 
nous avons réellement couru sur 150 km (8150m D+), pédalé sur 320 km (3370m D+) et pagayé sur 90 km. Je tiens à souligné la très forte réactivité de l'organisation qui a su adapter le parcours sans couacs.

Au total, le parcours complet représentait 560 km avec le vent de face et 11530 m de D+.

Ce fut une rude aventure dont nous gardons une grande fierté de l'avoir terminée à ce rythme. Encore Bravo aux équipes Françaises qui ont réussi à prendre 3 des 4 premières places.

 
ITERA EXPEDITION

Le compte rendu de Agde Raid Aventure

4ème à ITERA - Expédition Irlandaise - manche ARWS

Prologue : Retrouvaille du team le dimanche 14 à Bron (Lyon) pour la mise en commun du matos, peser les sacs et les bike box et pour un court dodo chez la famille de Cris. « Bières et pizza » au programme et palabres autour du raid, des teams présentes, de la météo prévue….

4h du mat, bip bip bip, debout direction St Exupéry pour un décollage à 6h55 via London et arrivée à Cork à 11h50 (H-1 Paris). 2h de route dans un minibus qui emboucane le mouton avec une équipe hollandaise et la nana de Godzone (un signe déjà ?) et nous voilà à Killarney. On laisse tout le matos au centre de course INEC et déplacement en vélo. On se trouve une chouette adresse « black cheep hotel », super accueil, fonctionnement auberge espagnole, ça nous convient bien, on y retrouve l’équipe de filles canadiennes et issy absolu.

Et c’est parti pour 2 jours de prépa, sacs perso, caisse velo, sac kayak, briefing, « qu’est-ce que je mets dans mon gilet ? », « tu crois que je prends 2 paires de baskets… ? »

 Jour J : mercredi 15, départ 6h pour 4h de bus direction Westport au nord ouest. The weather is bad, it’s raining…. Arrivée au manoir de la famille O’machin-truc courte visite et blabla avec FMR, Polo donne une interview à ARWS TV et briefing d’avance course, « heu qu’est qu’il dit le monsieur ?? ».

S1 run6km : on ne prend que le matos obligatoire dans un sac étanche, seul polo a son sac à dos cause gps. TOP à la vachette, ça court bien, bon rythme, goudrons et grimpettes en ville, pas très intéressant mais ça étire le peloton. On rentre 2 ou 3.

Kayak 50kms : super transition, on est les premiers à mettre les bateaux dans l’eau. Polo-Jéjé et Cris-Jp sont les équipages. Le bateau jp-cris dérive à droite ++, on change avec Cris mais rien n’y fait, c’est toujours la galère, on avance pas d’un cachou. On attache les bateaux, c’est beaucoup mieux on reste ensemble, mais ça demande à polo et à jp de redresser de longue. Sweco, godzone et Issy nous reprennent. On se maintient avec issy tant bien que mal. La mer est plate dans l’estuaire, mais plus il s’ouvre, plus c’est…Windy ! et la houle se forme (2/3m), c’est plutôt impressionnant, la côte est à 2 bornes sur notre gauche, on se sent tout petit : pluie, vent, brume, ambiance vendée globe !! Au bout de la côte les lifeguard nous indiquent la fin du kayak car trop de houle au large. On sort au pc sécurité, pour un départ en coastering, transition pas trop rapide, je suis frigorifié, 1er faffing. Le coastering est long, mais les paysages sont très Wild, sable, galet, ressac de la mer, côtes rocheuses et prairies à perte de vue, on traverse 2 bras de mer où on doit s’empoigner pour résister au courant. On reste à distance avec FMR et on reprend un peu Godzone.

On rembarque dans les kayaks pour 5kms environ pour rentrer dans l’embouchure de Killary Harbour, magnifique fjord verdoyant avec des cascades qui dévalent les pentes et tombent dans la mer. C’est la nuit tombée, on part en petit trek jusqu’ à la transition.

Trek 50kms (1ère nuit) On a rejoint Sweco, FMR et Issy à la transition, on est assez rapide et c’est parti pour 50kms de trek dans le parc national du Connemara (« jean-michel Sardou »). On court sur les portions roulantes avant d’attaquer la grimpette hors sentier, ça montre « dré dans l’pentu », on rentre dans le brouillard et notre polo commence le festival CO. « Petit sommet, oui, le petit lac, voilà, là c’est le replat ok, on est bon, C’est 2ème sommet, hop hop et voilà le poste ! » On se retrouve avec les copains d’FMR avec qui on fera quasi tout le trek jouant au chat et à la souris. On fait le 2ème poste ensemble puis on se sépare. On se retrouve avec Sweco et FMR au poste 3 sur un sommet, Clément Valla donne le poste au suédois, à ce moment-là, on est en tête du raid, c’est grisant et ça met la pêche. Le jour est levé depuis un moment et on descend à flan sur le lac Eidhneach pendant que FMR et Sweco font la crête. Le tracé a été modifié on va rester sur la route qui contourne le lac (exit la maumturk moutains). FMR court et lâche les suédois, nous on alterne course/marche, Cris a sa tendinite qui se réveille et polo nous fait un coup de moins bien, On sort l’élastique et on se rentre à la transition kayak. On est à 1h de FMR et 1/2h de Sweco.

Kayak 75kms (2ème nuit): transition lente, on y reste 1h30, on se refait un peu la cerise, lyophi chaud, matos kayak, prépa bateau avec les trolleys… Issy revient sur nous. C’est parti pour des heures et des heures de rames, on chante, on ventile, ça chambre (« jp trempe ta pagaie au moins… »), Cris nous fait des tempos fractio pour qu’on reste éveillé. Polo est propre en orient dans ce dédale de petits îlots. A la nuit tombée on décide de faire un dodo, arrêt 3h, changement, montage de tente, dodo et rembarquement compris. On redécolle au milieu de la nuit et il faut être fin pour éviter les rochers qui affleurent par endroits. On garde toujours le bon cap et on approche de Galway malgré le vent qui s’est levé et malgré la sensation de faire du surplace. On manque le chenal et on se retrouve au milieu des roseaux, on perd un bon ¼ d’h mais on se recale bien pour trouver l’embouchure. Là encore modif de tracé, nous n’irons pas jusqu’à Kinvarra en bateau mais en vtt. A la transition, on n’a pas les sacs persos, pas de sac à dos, c’est en sac étanche bandoulière qu’on fera les 30 bornes de transition.

Vtt 230kms (3ème nuit): oui oui vous avez bien lu 230 bornes !! et des poussières… Modif de tracé là encore, et c’est parti pour un tannage de fion. On prend la Atlantic Wild Way, route touristique de la côte ouest irlandaise et on va rouler comme ça pendant de très longues heures. Arrêt caving en vélo à « Alleiee cave » où jp va prendre un petit bain de boue dans 50cm de d’eau. On roule fort, on maintient l’écart de 30/40min avec Sweco. Passage au « Cliffs of Moher » les célèbres falaises de schistes où on pointe les poste 8 et 9, c’est tout simplement majestueux, un peu de vent, pas de pluie on profite de la vue.

On fait un stop à Liscannor pour des sandwichs saucisses bien chauds, on laisse 30min et on reprend notre rythme infernal, roue dans roue… Lehinch, Milltown Malbay, Quilty, Doonberg, Kilkee… Il est 16h30 et on se dit qu’il faut absolument qu’on chope le ferry de 17h, on se rentre dedans ++, grosse plaque, les cuisses piquent un peu mais ça paye, on embarque à 17h02 sur le ferry… Ah Ce satané ferry, What a fucking ferry !!

Dodo express pour Cris et Jp, petit café chaud dans la tempête. Et oui elle est là, elle s’est levée, ça rince sec, et ça souffle fort. On enfile les goretex et on renquille les montures après 30mins de traversée. A ce moment on est 3ème, Sweco a pris le ferry de 16h et Issy va prendre celui de 18h, on a tous 1h entre nous. Seul FMR est loin devant. On passe Ballybunnion, la cashen river et on se refait un petit stop sandwich dans un bouiboui. Jp somnole sous la machine à café, le type nous fait des sandwichs pas top, on s’en met pour 52€ et on file sous la pluie jusqu’au Coastering. On y retrouve les suédois qui en sortent. On enfile les combars intégrales et c’est parti pour 35min de nage et de sauts dans l’eau à12°c. Un guide est avec nous, on nage entre les rochers et les falaises, et on enchaine les sauts 3, 5, et 8m (« tain mes lentilles… ! »). Cris commence à grelotter. On en termine, on s’est bien régalé, ça a le mérite de nous réveiller. Issy absolu est là, on se croise à la transition. On repart sous la flotte et le vent qui s’est bien renforcé. On traverse la baie de Tralee par un sentier en bord de mer mais on se fait bouger sévère, Cris tient à peine sur son vélo, sur les portages, les Vtt sont à l’horizontale, la tempête bat son plein. Du jamais vu, des conditions de dingo. On fait un stop à l’abri d’une station service vers minuit, on se demande même si l’orga ne va pas stopper la course tellement ça souffle. On redémarre pour 3h de velo, on commence à s’éparpiller un peu, dodo, pas dodo ? Polo s’emble un peu délirer maison garde le cap et on arrive à la transition, Issy arrive juste derrière, Sweco dort, et FMR arrive du trek en aller retour, ils n’ont dormi que 30min depuis le début.

Trek : Cris et Jp insistent pour qu’on dorme et on les remerciera le lendemain. On s’enquille dans le hall d’un hotel, version gitanie, on fait 2h de dodo. Top. Le réveil est compliqué pour moi surtout quand il faut renfiler les affaires mouillées de la veille. FMR a dormi aussi. On décolle en trek, le jour commence à se lever et on distingue le relief. On monte d’un pas, Cris a du mal à se réveiller, on la maintient dans le rythme à l’élastique. On rattrape Sweco dans la bosse et Issy au sommet qui a galéré de longues heures dans le brouillard. On est reboosté et l’aller retour se fait assez vite en 3h.

Vtt (75kms): un superbe début vtt avec une vallée étroite, verdoyante, des torrents qui sortent de tous les côtés et un portage version la montée du président puissance 10. On dépasse Issy, je m’enquille le vélo de Cris pour la soulager. On monte bien, on doit traverser un torrent, de l’eau jusqu’à la taille, polo manque de se faire emporter, chaud chaud, on fait la chaine et on traverse. Il pleut toujours, je précise… S’en suit une traversée de tourbière, herbes grasses, rivières, on a la patate, on est toujours 3ème et on commence à y penser très fortement. Après 3h30 de bartassage on stoppe à Anascaul pendant 1h30, faffing/confort !! On doit rouler fort pour continuer à espérer à cette 3ème place, alors on s’emploie sans compter, ça prend des relais et on contourne la Castlemaine Harbour. On arrive à la transition à Glenbeigh juste derrière Issy, Sweco part tout juste sur le dernier trek.

Trek 54kms : transition efficace, bouffe, soins des pieds, vêtements secs de la tête au pied et un liophy pour la route. On repart devant Issy qui a choisi de dormir. On se dit que c’est le moment d’accentuer notre avance, on fait l’effort et on ne se ménage pas sur les crêtes ventées du Beenmore. On a droit à la trilogie, vent, pluie brouillard, polo est toujours propre et les 2 premiers postes (21/22) s’enchainent bien, dommage pour la vue, faudra repasser on n’y voit pas à 10 metres.

La nuit tombe au poste 22, on se retourne voir si le scintillement des frontales apparaît mais rien. On ne relâche pas et on rejoint une route qui nous mène au Kerry way. On fait un stop NOK parce que nos pieds n’en peuvent plus, ampoules, crevasses, panaris, c’est un carnage. Après une ferme, on aperçoit des lampes sur la crête on se prend à rêver qu’on rattrape Sweco. On monte fort, mais la fatigue se fait sentir pour notre jp qui semble être ailleurs (il croyait qu’on faisait une randonnée au mont blanc), on fait dodo 20min a l’abris des rochers. Polo est dans la carte, il est habité et maitrise parfaitement les courbes de niveaux irlandaises. Je commence à voir des cailloux qui rigolent. On valide le poste 23 à 1050m d’altitude dans le blizzard. S’en suit un enchainement de montées/descentes très raides jusqu’au 24. Puis 1000n de négatif hors sentiers, les genoux couinent, nous n’avons vu personne depuis des heures, même pas un pc sécu sur ces crêtes abruptes… Expédition !! On sort du brouillard dans la descente, on y aperçoit un lac, des moutons, de l’herbe bien grasse et surtout le début de la section kayak, la dernière.

Canoë à l’indienne : On n’a rien pour se changer, on fera ça en goretex. On doit porter les barques qui pèsent un âne mort. On embarque et c’est parti pour 2h de bateau version tom Sawyer. Ça n’avance pas un pêt, mais on débouche néanmoins sur le lac de Killarney et on voit au loin la flamme verte Itera de fin de section.

Ça sent bon, c’est la fin, on l’a fait, Yes We di dit, my god !! on marche sur le 1.5km qui nous amène à l’arrivée, on savoure, Cris peut encore courir, nous non, les pieds ont gonflé dans le bateau et c’est un calvaire de marcher.

Dimanche 21 août, 13h et des brouettes on franchit la finish line, en 3ème position d’une manche de coupe du monde de raid aventure derrière Sweco et FMR, excusez du peu. On est ravi, on aurait signé si on nous l’avait dit. La fatigue ne se sent plus tellement on est content, Polo et Cris nous la jouent bilingue au micro de l’orga.

Oh que c’est bon ! On repense à tous les moments un peu durs, on revisionne la course dans la tête et on se dit qu’on a assuré. L’équipe a été homogène, pas de coup de mou, une bonne entente, des automatismes et un mental de guerrier.

Le soir on savoure ça dans un pub au son de la musique celtique, les pintes de mousse coulent dans le gosier, et les french fries ketchup mayo remplissent nos assiettes. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et on apprend par internet que Godzone termine second de la course… par ricochet, Sweco 3ème et nous 4ème.

Epilogue :

Mais quelle bonne blague, godzone second alors qu’on ne les a pas vu du raid, même pas croisé sur une transition mise à part au kayak du début. What’s the problem ?? On passe la soirée à éplucher la page facebook itera, sleepmonster et open adventure, on trouve même un article de sleepmonster dans lequel NG pense qu’il est second de la course quand il franchit la ligne d’arrivée à 18h passés, soit 5h après nous ??

Le lendemain, on se rend aux aurores au pc course, demander explications et poser une réclamation. Mathias et Ulf de Sweco sont aussi avec nous, ils ont fait un mail à l’orga de leur côté qui est très explicite. Les copains de FMR et Issy hallucinent également et personne ne semble comprendre comment cela est possible sachant que :

Godzone a manqué le dernier ferry de 21h, leur nuit de sommeil n’a pas été comptée en temps de course.
Ils n’ont pas fait le coastering : 1h de gagnée

Ils n’ont pas fait le vtt montagne : 1h45 de gagnée

Ils n’ont pas fait le dernier canoë…

Malgré le passage devant un jury d’expert, la décision ne changera pas, Godzone restera second, laissant à Nick Gracie et sa bande une chance peut-être d’aller en Australie. Peut-être que les british n’ont pas supporté que les équipes locales aient pris le bouillon face à l’armada française et Sweco.

Comment peut-on classer une équipe qui n'a pas fait l'intégralité du parcours et qui a eu une nuit non décompter dans son temps de course, devant des équipes full course ?? 

Quel sentiment d’inachevé finalement après tant d’heures d’entrainement, tant de sacrifices, tant d’effort financier et tant d’investissement pour une équipe d’amateur comme la nôtre, mais il parait que c’est monnaie courante dans le monde de l’ARWS quand t’as un nom c’est plus facile.

En tout cas, nous sommes fiers de ce que nous avons réalisé, fiers des équipes françaises sur cette manche de coupe du monde, et très reconnaissant envers les amis de SWECO qui ont tenu à partager leur 3ème place sur le podium lors de la cérémonie de clôture.

Un grand bravo à mes coéquipiers, jp, Cris et Polo, quand vous voulez on remet ça.

Un grand bravo à FMR et à Sweco et Issy absolu avec qui la concurrence a été saine et fair play. 

 
ITERA EXPEDITION

le compte rendu du Team FMR

Voilà maintenant presque une année que nous terminions notre première manche de Coupe du Monde (ARWS) – le RIF 2015 – à une belle 3ème place, fort encourageante pour une première.

Fort de ce « quasi succès », nous avions décidez de construire notre saison 2016 autour de quelques courses clés, avec pour objectif d’aller engranger de l’expérience. Parmi les rdv cochés, figuraient le 1er Championnat de France (Aventure Dauphinoise) et une manche de coupe du monde, l’ITERA en Irlande.

Pourquoi?

Nous étions resté sur un abandon lors de la finale du challenge national 2015 dans le Nord et voulions remettre les pendules à l’heure dans les alpes que l’on affectionne tant.

Pourquoi l’Irlande? Parce que l’Irlande proposait un challenge dans lequel nous n’étions pas sûr d’être aussi à l’aise que dans les Pyrénées où nous sommes déjà aller (2 raids ARAN) et qui reste un terrain de jeu très montagne pour lequel on s’entraîne quasi quotidiennement. On ne dit pas que le RIF sera facile, au contraire, on dit juste qu’on cherchait autre chose!

L’Irlande c’était différent. 5 jours, pas de stop, 145km de kayak, de la navigation en mer, 300km à vélo et 150km à pied. Le tout sur des terrains marécageux, ouverts, brumeux, venteux, pluvieux… Avec un très faible réseau de chemin et une cartographie dont on ne savait pas grand chose, avec en guise de cerise sur le gâteau, une langue et une culture différente! Tester la logistique sur un raid à l’étranger faisait aussi parti du plan, se mettre un peu dans le dur en clair!

Voilà le topo. Sortir un peu du (tout relatif) confort d’un terrain que l’on pratique régulièrement pour aller gagner de l’expérience en sortant de notre zone de confort.

Départ de France le dimanche 14 août, passage par Amsterdam et arrivée tardive sur Cork et enfin Killarney, théâtre du final de notre expédition.

Une pleine journée de lundi consacrée à la préparation des sacs puis le mardi on enchaîne avec la récupération des dossards, les photos et enfin les cartes, accompagnées du briefing. Ça sera 4 à 5 jours de suivi d’iti. Youpi. Moi qui n’aime déjà pas ça en CO pour 20 minutes, je vous explique pas la joie!

Lors du briefing le directeur de course parle d’une course inspirée par l’aventure de Shackleton, le ton est donné!

Quelques ajustements de nos boites préparées et on finalise le tout (Bike Box + Personal Bag + Wet Bag) le mardi soir… La dernière soirée sera donc vraiment dédiée au repos des guerriers!

Mercredi midi, enfin le départ!

Mercredi, transfert à Westport pour prendre le départ avec un 5km à pied avant d’entamer le premier morceau, 50km en Kayak, en grande partie en mer! On en pouvait plus d’attendre… L’avant course est aussi épuisante nerveusement que la course… Alors c’est avec un certain soulagement que l’on se lance, les pieds au sec, pour encore une bonne dizaine de mètre dans cet ITERA 2016!

Départ prudent, on arrive à la transition avec les premières équipes. Sur l’eau rapidement les gros bras donne le ton! SWECO et GodZone mettent les watts et on s’y colle pour suivre. On lutte mais GodZone nous fait sauter. On pinaille et on rentre difficilement sur AGDE. Là, Ju commence à me faire des petites feintes de gîtes intempestives et mal gérées… ça va pas aller! On discute, il me dit que le bateau prend l’eau et qu’on est pas dirigeable. On demande à Baptiste de venir à notre hauteur pour « comparer » la ligne de flottaison…

Verdict, la corde est tout juste au niveau de l’eau. On s’arrête, et on inspecte. Deux supers trous sont là, à nous faire la nique.

On pose un bout de scotch, puis du strapal mais rien ne tient sur les bateaux. On se demande que faire. On décide finalement d’appeler l’organisation. Pas très loquasse, ils nous demandent d’attendre. On repart en essayant, pour voir si on peut s’en sortir. On s’arrête 500m plus loin avec déjà bcp trop d’eau pour envisager la traversée du gros morceau. On rappelle l’orga, plusieurs fois et on finit chez les gardes côtes, à attendre l’orga et un bateau de remplacement. On sera ramener par l’orga sur l’avant de course et on ne repartira qu’en 6ème position, une sorte de pénalité (nous étions 4ème) pour compenser le fait de ne pas avoir fait la section intégralement.

Les conditions mauvaise en mer ont forcées l’orga a écourter le kayak et le remplacer par de la course à pied côtière…

Après un bref retour dans les kayaks, on débarque et se présente le premier morceau à pied. 50km et 5000m de D+. Ce genre de ratio nous rappelle la Pierra Menta d’été qui avait été plutôt hard!

On se lance, le brouillard est avec nous, et c’est avec l’équipe d’AGDE que l’on se retrouve pour poinçonner la 1ère balise! (Après près de 13h de course!) On restera avec eux à se lâcher se retrouver, se relâcher pour finalement se retrouver, avec l’équipe SWECO. A priori, au poste 3 nous sommes 3 équipes en tête de course. Descente technique puis on nous annonce un modification de parcours, on oublie les postes 4 et 5 et on file « direct » (18km) via la route et un gros chemin vers la transition Kayak.

 On est bien et on décide d’accélérer un peu à pied, ce qui nous vaut de faire sauter AGDE puis SWECO. La course va encore être très longue alors il ne s’agit pas d’en mettre trop!

Transition vers le Kayak de 75km. On se lance super motivés. Bonnes conditions, on avale les kilomètres. La navigation devient peu à peu plus fine et le soleil baisse. On pagaie dans un dédale de bloc rocheux et on se fraye un chemin vers Galway, à la faveur de la traversée d’une dernière étendue d’eau assez large (6km) où le vent nous montre qui est le plus fort.

On est rincé. On arrive à Galway, là on nous dit que les VTT sont là, que la dernière partie est trop dangereuse pour être faite en bateau. On est plutôt content de descendre des bateaux. On se change et on en profite pour dormir, les 30 premières minutes de sommeil de cette course, après 36h de course déjà.

On part sur le mamouth VTT de 210km. Là on s’aperçoit que ça va rouler fort. Rouler fort contre le vent également. Longue journée contre le vent, sur les nationales irlandaises à se faire dépasser par des tarés en voiture. On retiendra pas ce raid pour la technicité des singles… Pas mal de changements dues à la météo exécrable et nous voici sur une carte routière imprimée en noir et blanc, à compter les km entre les bourgades…

On arrive sur les superbes falaises de Moher, instant magique qui ne dure pas. On lève la tête quelques secondes et on se remets en ligne pour s’abriter.

On repart ensuite, direction Killmare pour le ferry. Le fameux ferry commercial qui remplace le ferry « Itera » qui doit rester au port car l’alerte tempête à été donné… Ce Ferry ne nous causera aucun tort mais l’équipe GodZone bénéficiera d’un beau coup de peau là dessus. Bloquée car arrivée après le dernier ferry du jour (à 21h) l’équipe passera la nuit dans un B&B au chaud et repartira « balles neuves » au petit matin en étant crédité d’un temps de bonus équivalent au temps d’attente… Autant vous dire que c’était supra valable de pas arriver à temps. SWECO, AGDE et IssyAbsolu qui se sont fait la peau pour le chopper le comprendront à leurs dépends plusieurs heures après avoir couper la ligne.

Prochain stop le Coastering, petite coupure dans ce monotone « biking ». On se trempe un coup, Ju prend sur lui avec le froid, Pitch nous donne des conseils pour nos prochains rdv en triathlon…

On repart, direction la montagne. On commence à en avoir plein les pattes des lignes droites plein vent… Pour changer on se fait laminer par des vagues sur un des rares chemins (côtier) de la course. Un burger salvateur nous permet de nous préparer pour le trek qui à été largement écourté. On arrive au pied du Mount Brandon. Là on pense que l’orga va stopper la course car on vient de passer 2h à lutter contre des vents de dingues. Petit coup de fil du marshall à la Direction de course, « No worries »! On part donc à l’assaut de ce Mount Brandon qui va rester le grand moment de ce raid. On progresse difficilement mais on se hisse au col une cinquantaine de mètre de déniv sous le poste. Là, on passe d’une face à l’autre et c’est pas la même limonade. Les marseillais donneront 160km quand nous en resteront à 120km/h de vent; de la folie. La pluie en bonus. On se fait littéralement défoncer. Ju profite de l’occasion pour tester sa couverture de survie, verdict, ça marche!

On arrive au poste dans un brouillard ultra dense et on se donne la main pour pas perdre notre Pitch de poche avec ce vent force 10.

Revenu au pied de la montagne, on croise tout le monde. SWECO est déjà là, AGDE vient d’arriver et IssyAbsolu arrive à vélo quand on revient à pied. Ils semblent tous vouloir dormir. Nous aussi. On trouve un petit refuge qu’on se garde bien de partager, normal, course oblige. On se refait une santé et on repart sur un trek mais avec les vélos. Là on croise des ruisseaux complétement déchaînés que l’on s’emploi à franchir. S’en suit une descente à vtt sur chemin (une quasi 1ère sur ce raid!!) et on finit en bataillant face au vent, pour changer.

Transition assez laborieuse pour nous entre ce dernier VTT et le dernier Trek. On se soigne, on mange et on décide de dormir. On s’énerve aussi un peu, on est chassé et c’est délicat de dormir dans ces conditions. On repart, et Dame Nature nous en remets une petite dans la tête. On va dire que ce dernier trek c’est le genre de section où tu remets tout à zéro. 70km (probablement réduit à 55 ou 60km) mais largement de quoi y laisser les quelques heures d’avance que l’on a.Voilà, le décor est planté. Une météo dantesque toujours, pluie et vent soutenus, et navigation plutôt délicate. Là je me fait la remarque qu’on a pas d’altimètre (alors que c’est autorisé) et que si je fais une boulette d’altitude je pourrais m’en bouffer les c*******.

Le trek est en 3 parties, la première et la dernière sont en montagne, entre les deux une transition avec une partie sur route.

Je passe la première montée à essayer de comprendre le relief et à évaluer les distances… Ultra compliqué. C’est long, on avance vraiment pas sur la carte. Plusieurs fois je dis aux autres qu’on y est, puis pas du tout…. On finit par trouver la 21, première balise de cette section. en chemin pour la 22 le vent forcit encore. On trouve des barrières qui sont là pour les moutons et qui ont probablement été installé par grand beau! Elles nous permettent, à l’aide de la boussole de grandement simplifier notre navigation. On attrape la 22 et on file pour finir la 1ère partie de ce Trek. On a beaucoup  donné, pas forcément trop manger et on se relâche un peu en descendant. On change d’orienteur, Ju prend la carte et je descends un Bjorg, quelques riz au lait et un wagon de bonbon. Là on croise la seule route du secteur. On arrête une voiture et demande sil l’on peut se poser dans un café dans le secteur. Le « Climber Inn » est exactement sur notre route. La chance. On est super content à l’idée de se mettre au chaud. On arrive au café, on décide de dormir mais Baptiste veille pour qu’on ne s’arrête pas trop longtemps, on nous a informé que l’écart avec SWECO était entrain de tomber sous les 2h. Là il nous reste une belle bataille à livrer sur les plus hauts sommets de l’Irlande. Ju gère la première partie, j’essaie de me préserver mentalement tout en me mettant dans mon match pour la suite.

Arriver au col je reprends la tête de l’équipe. Le vent est là, les nuages aussi. Le ton est très vite donné et l’on renfile les pantalons goretex que l’on avait retiré plus bas. On monte, je pense à nouveau à l’altimètre…

Le brouillard est si dense qu’il ne reste qu’à orienter à la boussole en essayant de bien sentir le relief environnant. On passe d’un banc de brouillard à un autre. Puis les nappes se font de plus en plus fines. Et puis plus rien! On arrive sur une belle crête aérienne,pour l’une des premières fois de la course on peut profiter du paysage sous une lune magnifique. On en profite aussi surtout pour bien lire ce qu’il nous reste à parcourir. L’itinéraire est quasiment lisible dans son ensemble. C’est très beau et c’est aussi très simple!

Moral boosté on trouve rapidement le poste placé au sommet de l’Irlande, rien que ça. On dévale sur l’enchaînement de col et sommet qui nous conduit à la balise 24. Tout semble proche mais chaque bosse fait bien 200m de D+. On met près de 2h entre chaque poste. Je regarde pas derrière mais Lucie, Bapt et Ju scrutent les lumières au loin et commence à calculer; On récupère le dernier poste de ce trek et on se fait mal pour rejoindre le départ du Canoë où le chrono s’arrêtera pour une dark zone neutralisée, la navigation sur le lac nous ramenant à Killarney n’étant pas jouable de nuit.

Là on commence à se dire que ça sent très bon. On se change et on essaye de dormir. On se fera flinguer par les mini moustiques. 6h15 on repart pour la dernière section. Pas de SWECO en vue, ce qui signifie qu’on a 2h15 d’avance sur eux. On va se donner mais à priori on peut contrôler un peu notre dernière section.

Pas de difficulté si ce n’est celle de garder du rythme pour finir.

On débarque et on part pour les 1500 derniers mètres de la course. On marche parce que Lucie est blessée et qu’il n’y a plus de danger pour notre victoire. A 9h02 on passe la ligne, vainqueur de notre première manche de coupe du Monde, une manche rendu ultra compliquée par les conditions météos (tempêtes jamais vue depuis 30 ans à cette période en Irlande).

La suite, une douche à 5€, un buffet qu’on a pas trouvé et des frenchies qui arrivent 3ème après les suèdois de SWECO.

On est sur la ligne, on discute avec SWECO qui nous félicite et avec AGDE avec qui on finit de sympathiser. C’est parti pour refaire la course comme d’hab. On file à l’hébergement et on se colle la sieste de l’année (14h>19h pour certain, et 14h>9h pour d’autre!)

Retour sur l’aire d’arrivée pour une interview, un peu de ménage… Là on apprend que GodZone est 2ème. On est un peu stupéfait, la dernière fois qu’on les a vu c’était à la transition n°1! On nous explique le coup du ferry mais aussi les pénalités appliquées pour Coastering annulé et pour l’itinéraire de repli qu’on leur à fait prendre. Tout calculer, ils sont second! C’est fou. Ça restera ainsi, la Direction de course argumentera avoir donné des consignes aux marshalls concernant ce « time cut-off » pour le ferry là où l’on a tous entendu que nous serions en « big trouble » si nous n’étions pas capable d’attraper le dernier ferry de 21h.

Bref ça plombe un peu la fête. D’ailleurs la fête, elle sera aussi un peu plombée par James Thurlow qui annoncera son retrait des organisations Open Aventure pour des raisons de santé. Du coup on se rabat sur les profiteroles… On passe brièvement sur le podium, podiums marqués par le beau geste de SWECO qui fera monter AGDE et offrira la moitié de sa 3ème place.

Au terme de aventure on retiendra que l’équipe de rookies devient de moins en moins rookies et que l’expérience engrangée l’an dernier au RIF ainsi que sur toutes nous autres belles courses en France nous ont permis d’arriver préparer pour se challenge Irlandais.

On revient donc avec un ticket validé pour l’Australie qui n’était pas vraiment dans nos plans mais qui commence à s’y faire une place… On revient surtout avec une victoire devant de belles équipes ultra compétitives et on en retire une grande fierté. Avec 90h de bartasse les pieds mouillés, brassés sans cesse par le vent et sur des terrains très inhabituels pour nous, on repart avec un joli capital confiance pour affronter des conditions de merde!

Un gros merci à James, Ivan et leur équipe pour l’organisation de cette course, merci aussi de l’avoir maintenue « ouverte » malgré la dégradation des conditions… Merci à toutes les équipes avec qui on a partagé/bataillé en course, AGDE et SWECO particulièrement, et merci pour le fairplay dont vous avez tous fait part lors de l’épilogue.

Aussi un gros merci les copains pour les messages d’encouragement, ça fait chaud au cœur!

On a bien exploité nos matos GIRO, nos barres et gel MuleBar et vous nous avez vu de jaune vêtu grâce à WAA. On est toutefois encore à la recherche de partenaire en tout genre pour être en mesure de nous aligner au départ des championnats du Monde, XPD Autralia en Novembre. Alors si nos récits, nos performances vous font révêr, n’hésitez pas à nous contacter pour travailler à un partenariat.

Enfin, et c’est le plus important merci à mes coéquipiers, ces dingues avec qui j’ai passé 4 jours ultra intenses dans une ambiance qui nous a amener à ce super résultat! #ToBeContinued


 
ADVENTURE RACE SLOVENIA

Le compte-rendu d'Issy Absolu

Retour tardif sur l'ARES Adventure Race Slovenia... La Slovénie est un super terrain de jeu pour le raid et les organisateurs de cette course mériteraient vraiment plus d'équipes au départ. Le règlement est assez simple, il s'agit d'une course au score géante avec en gros des balises à 5 points sur la trace principale et des balises techniques à 1 point pour départager les meilleures équipes, le tout avec des barrières horaires serrées histoire de dynamiser la course.Pour l'occasion je fais équipe avec Albane Laliée, Pierre Ouagne et Cédric Pujos.

Petit prologue dans Velenje le jeudi soir où on prend la 4ème place. Le lendemain départ pour un gros trail'O de plus de 30 bornes, on rattrape rapidement la tête de course composée de deux équipes Tchèques et des Polonais. On ramasse toutes les balises et on sort 2ème de cette première grosse section. Départ ensuite pour 150km de VTT avec des spéciales en orientation et des ateliers de cordes. Ça monte sévère d'entrée mais l'équipe avance bien, on reprend les Polonais à la balises 19. Nous sommes face à notre premier choix stratégique : devons nous prendre les balises 20 et 21 à 1 point? Étant quasiment en tête de course on décide d'y aller pour ne pas lâcher trop tôt des balises. On mettra 1h15 pour rejoindre la balise 20 en portant les VTT sur le dos, la 21 nous fera prendre du D+ également, au total plus de deux heures pour 2 petits points... On ne nous y reprendra plus, terminé les balises à 1 point (enfin c'est ce qu'on pensait...). Seules 3 équipes iront chercher les balises 20 et 21... Seule satisfaction et pas des moindres, on croisera entre ces deux balises un ours brun, moment magique à observer le bel animal dans son habitat naturel!!! La première porte horaire (balise 26) s'est sévèrement rapprochée, on fonce sur la balise 22 puis sur les 23 et 24. Erreur fatale ce coup ci, ces deux balises sont en fait également des balises à 1 point... Nous nous sommes trompés en recopiant le road book. Encore plus de 2 heures dans le vent et beaucoup d'énergie gaspillée. Seules deux équipes les prendront... A la balise 25 nous sommes la seule équipe à avoir toutes les balises et il n'y a pas de quoi être fier... A partir de là nous ne ferons que courir après les portes horaires en étant obligé de lâcher des balises à 5 points et les ateliers de cordes.... Le tracé est exigeant et il n'est pas évident de raccourcir le parcours, résultat on finit par prendre deux portes horaires, les pénalités tombent, adieu le classement. On termine quand même la course sur un bon rythme en mettant un point d'honneur pour passer la ligne d'arrivée avant midi le dimanche. Notre classement final est anecdotique (10ème) même si il est mérité. Le raid s'est joué pour nous entre les balises 20 et 25 :-). Perso je retiendrai notre belle progression des 12 premières heures. L'équipe ne s'est pas désunie malgré la déception de ne plus jouer le classement. Bravo à Albane Laliée qui a impressionné tout le monde pour son premier grand raid. 

 

 
ADVENTURE RACE SLOVENIA

Le récit du team Traid.fr 

Adventure Race Slovenia : pour tous ceux qui veulent un raid long (mais pas trop) dans un pays magnifique,une orga au top, pas trop loin, pas de questions à se poser....c'est celui là !

Le projet était posé depuis un moment, l'équipe composée de Julien Rannou, Julien Kervedaou et Seb Cochetétait cette fois complétée par Fred Stoezel, raideuse expérimentée, avec un gros palmarès de très bellescourses et de grosses perfs qui revient avec nous sur du non-stop. Le courant passe bien, les entrainements etcourses ensemble permettent de se fixer un objectif : se faire plaisir !

Départ de Bordeaux via Bruxelles ou habite Julien K, l'occasion de visiter la ville, saluer le Manneken Pis et déguster quelques spécialité locales...

Après une inquiétude mercredi quand l'avion décolle de Bruxelles alors que nous avons vu nos caisses à vélo rester sur le tarmac, nous sommes accueilli à Ljubjana par Thomajs qui va se mettre aux petits soins pour nous rendre service (communication avec l'aéroport, check du matériel, dépannage VTT....) un immense merci à lui !

Jeudi c'est donc remontage des vélos et préparation des caisses....une première pour nous, pas sur que nous ayons été très efficaces.

Dans l'après-midi cet l'accueil et le briefing dans un hotel du centre de Velenje, Julien R est sollicité pour lire le serment des athlètes....j'ai bien expliqué à Andrej le Directeur de course que s'il confiait cette mission à ce type là c'était la porte ouverte à toutes les tricheries possibles et imaginables, que tous les codes d'honneur seraient bafoués mais rien n'y a fait 

A 18h, début des hostilités et du prologue avec interviews vidéo et CO dans urbaine Velenje, 2 cartes 2 binômes pour déterminer les ordres de départ du lendemain. Ambiance décontractée mais le ton est donné, les équipes vont vite, très vite !!!

Retour au camping, lyophilisés, pizza, bières. Une nuit perturbée par les trombes d'eau qui tombent furieusement. Au petit matin c'st toujours sous la pluie que nous montons dans les cars qui nous emmènent au départ.

Arrivée au départ, distribution des cartes 1 à 5 et traçage pendant une heure : pour nous la stratégie est simple chercher à toujours viser les ouvertures de sections en début de course, les choix de balises à 1 ou 5 points déterminent peu notre itinéraire.

Nous voulons avancer vite, suivre au maximum les grandes traces et s'épargner sur les dénivelés.Nos expériences précédentes nous ont montré que notre côté joueur nous a souvent coûté cher....par exemple la via ferrata optionnelle sur le raidaran l'an dernier !

La répartition est simple Julien K et moi orientons, Julien R contrôle le roadbook, les horaires et les définitions, Fred reste en réserve et veille sur nous.

En même temps que les 12 équipes de l'explorer (le grand raid!) 13 autres équipes s'élance sur un plus petit(!) dont le finish est la box 2.

Après une petite CO en ville que nous faisons en courant surement bien trop vite (mais on ne se refait pas....) nous attaquons le premier trek : 30km que nous avons cherché à réduire à 20. L'abandon de certaines balises nous fait progresser en tête de course. Les paysages sont magnifiques et nous comprenons vite que l'emplacement des balises va nous emmener vers les points de vue exceptionnels.

Première balise en dehors des chemins et premier jardinage....la carte au 50 000° et l'équidistance 20m nous perturbent....ça sera l'occasion de se faire chambrer par les jeunes de l'orga qui nous suivent grâce au tracker à notre arrivée à la transition. 

Un premier trek bien mené, une transition rapide est nous repartons pour 150km de VTT que nous avons aussi cherché à réduire d'un tiers.

Le beau temps est revenu, il fait chaud et j'ai l'impression que nous ne faisons que monter, le point culminant de la course n'est pourtant qu'à 1200m. La progression est bonne dans un environnement toujours aussi féérique. Arrêt Coca dans une petite cabane bistrot dans une vallée du style et au milieu coule une rivère, la jeune fille nous sert en 5' nos coca et 2 litres d'eau bouillante pour préparer nos lyophilisés pour le reste de la section et la nuit qui vient, avec le sourire !

Après 50 bornes petit stop pour escalade et rappel : porter le matériel pour une grimpe de 6m ça fait rager !!!

Nous repartons pour 10 bornes rapides pour rentrer sur une VTT'O que nous voulons faire de jour. Je n'ai pas assez bu et je commence à être dans le dur, la nuit tombe et le froid et l'humidité ressortent. Julien R n'est pas au mieux non plus.

A la VTT'O Julien K part seul pour chercher la majorité des postes, je pars avec Fred sur les autres. Je suis de suite en difficulté, le chemin que je dois suivre est un ruisseau, les sentiers ne sont pas évident et j'arrive sur une zone de chablis avant mon poste ou normalement passe un chemin, je m'engage : ruisseau, boue, branchages je fais demi tour, je cherche à me recaller. Avec Fred on se confirme notre position puis on finit par laisse tomber : on veut avancer dans la course, on ne va pas passer la nuit sur une balise à 1 point !

Nous repartons, il est a peu près 21h, il fait nuit noire. Vers 2h30, nous passons dans une ville, Julien R à des absences. Nous optons pour un stop dodo....le petit courant d'air frais nous incite vite à repartir après un petit sommeil très réparateur pour tous.

A 4h il fait jour, nous sommes avec d'autres équipes, dans une grande descente nous cherchons une balise à l'entrée d'un chemin à droite, pas de bol elle est derrière le buisson à gauche ! Lancé pleine balle il faut presque 1km au peloton pour se rendre compte de l'erreur, demi tour et remontée, et comme on doit tous pointer on ne peut même pas en punir un par équipe !

Arrivée à Box1, grande grange avec la chaleur du petit matin qui revient. Nous cherchons à aller vite, changer de tenues, refaire le plein des sacs (toujours trop plein nos sacs d'ailleurs). Un petit rappel de 25m en sortie des boxs. Nous retrouvons Thomajs toujours plein d'enthousiasme qui nous accueille chaleureusement : oh my favourite team ! Fred engage son rappel a toute vitesse, JK et moi encadrons Julien R toujours aussi à l'aise dès que ça dépasse 2m de vide !

Nous descendons directement sur le départ canoë : nos sacs sont un peu gros pour les sacs étanches, je pose ce gros paquetage comme un blaireau à l'arrière du bateau (autovideur...) qui se rempli tout de suite d'eau et vient inonder mon pantalon goretex : tu te changes, tu te mets au sec, tu te beurres les fesses de Nok et en 2'' tu sais que tu vas infuser pendant 3 heures !

La section est horrible : plein est, face au soleil levant et son reflet dans l'eau (et les lunettes au fond du sac à dos mis en force dans le sac étanche...), les balises sont dans des affluents qu'il faut remonter à contre courant....heureusement l'arrivée est rock'n roll au pied d'un devers dans le courant, les orgas nous lancent des cordes, on est emportés, on manque de se mettre à l'eau, mais on se marre !

Nous sommes alors à Lubjana, séance dépoilage, on sort toutes les affaires pour faire sécher au soleil, et on en profite pour faire le contrôle matériel.

Moment de stress pour ceux qui nous suivent....on ne bouge plus ! En fait Julien R est parti faire une CO urbaine (sans le tracker). Fred harcèle les filles du bistrot voisin pour de l'eau chaude. Julien K et moi traçons les nouvelles cartes que l'on vient de récupérer.

Le trek suivant est annoncé à 44km, nous voulons une nouvelle fois nous épargner. Notre choix de moindre dénivelé nous fait laisser des balise en route et finalement s'avère assez long. La progression sur la route en plein soleil est éprouvante. Julien R se met vite à la laisse pour rester dans le rythme, il paye l'effort de la CO urbaine dans Lubjana.... Une longue procession.

De longs moments d'absences, des errances mentales, et le doigt sur la carte qui ne semble pas avancer. Les pieds sont en surchauffe et le poids des sacs à dos nous déchire les épaules : impossible de courir pour moi, j'ai même l'impression que je vais me casser les clavicules.

Nous nous accordons collectivement pour modifier notre tracé initial et éviter une dernière ascension, mais nous nous ajoutons un peu de distance. Le ciel s'est assombrit et devient menaçant, Fred accélère le rythme, les premiers éclairs traversent le ciel,

Fred part en courant, Julien K l'accompagne et Julien R et moi tentons malgré nos douleurs de suivre le rythme....en fait c'est sympa de courir un 1500m après 38 bornes de trek avec un gros sac à dos !

Nous arrivons à Box2 juste avant le déluge et un énorme orage....tant pis pour la balise que nous devions aller chercher en aller retour ! 

C'est la fin de course pour le « petit » raid et les équipes sont évacuées presque aussi vite qu'elles arrivent.

L'AT est beaucoup trop petite compte tenu de la pluie, heureusement le repas chaud proposé (un ragoût d'ours) est bon ! L'orga nous annonce que après cet orage la météo doit redevenir bonne. Les équipes qui arrivent sont trempées. La nuit tombe, nous sommes les premiers à repartir.

Plus que 140km de VTT, entrecoupés de 2 trek de 20 et 12....Nous partons pour une suite de montées descentes : 400d+, 400d-, 350d+, 350d-, il fait effectivement a nouveau beau et avec la pleine lune presque pas besoin de nos éclairages. La première partie sur route se passe bien, la laisse pour Julien pour le tenir dans le rythme dans les côtes, cette section passe bien et nous validons le choix de ne pas partir chercher de points sur le trek suivant.

Sur le début de la section suivante le choix est fait de repartir sur des sentiers pour rester a flanc et éviter une montée-descente sur la route : tout de suite l'orientation est plus compliquée, les intersections ne correspondent pas toujours ni leur direction....nous naviguons grossièrement au cap.

Le retour sur des chemins et des routes facilite notre progression.

A 2 heures petit dodo dans un abribus, je m'enroule façon nem dans ma couverture de survie imité par les 3 autres et nous sombrons immédiatement. Nous repartons un œil sur la montre : il nous reste 9 heures et nous avons du mal a estimer notre vitesse de progression lorsque que nous serons dans la vallée donc on ne lache rien nous finissons notre ascension vers le sommet puis pleine balle vers le fond de vallée dans les nuages avant de remonter vers un autre sommet ou nous arrivons vers 5h30 accueilli par le café des bénévoles, Julien K va se faire enlever les tiques et Julien R nous gratifie d'une superbe interview.....it has been a long night !!!!

Plusieurs équipes arrivent ça sent la dead line ! Dernière section à fond pour la première fois on prend toutes les balises de la section et même celles que l'ont avait pas prévu ! Par contre la fin de section est catastrophique, on veut doubler une équipe et on s'engage sur une mauvaise route, la densité des habitations cache les lignes de niveaux et on mange un max, enfin en approche de l'AT proche du tremplin de saut à ski, Julien qui « se souvient » nous emmène.....plein ouest alors que l'AT est à 200m à l'est....toujours resté concentré jusqu'au bout !!!

Nous partons en courant sur le dernier petit trek, Fred qui a laissé ses running à la box est en chaussettes,mais c'est bien ça « la masse »....sur le bitume !!! Les trois me mettent la misère, je transpire à grosses gouttes, tout ça pour arriver au paddle et attendre 10' que l'orga ramène des gilets ! Arrivée par le lac, nous nous accrochons façon radeau : plus rapide mais surtout plus stable, nous savourons à fond cette fin de course.

Pas de teeshirt finisher en franchissant la ligne mais une bonne bière fraîche avec laquelle Fred s'empresse de nous arroser....quel gachis !

En suivant une bonne douche bien chaude, un repas gargantuesque, les résultats sous une pluie battante, quelques bières (encore!) en attendant d'être véhiculés à l'aéroport.

Une superbe aventure pleine de bonne humeur, un parcours magnifique, une orga au top : envie d'y revenir !

Merci pour tous les soutiens et les encouragements pendant la course. Merci à Christophe et son magasin Traid pour l'immense soutien logistique. Et encore un immense bravo et merci à l'organisation.

 
EXPEDITION AFRICA

Le récit du team Issy Absolu - 9ème

Expedition Africa 2016: Issy Absolu a bouffé du lion !

Compte rendu du team en direct d'Afrique du Sud

Dimanche 14 mai au lever de soleil, 104 canoës s'élancent pour 500km d’aventures sur la cote sud de l Afrique du Sud. Départ spectaculaire dans la baie de Knysna avec d’entrée de jeu une épreuve originale de 4km de canoë orientation, avant de se diriger vers les falaises qui ferment la baie. CP sur un bateau a quelques mètres de magnifiques vagues avant de s’élancer pour un trekking de 13km avec des vues splendides depuis les falaises et une grande plage de sable fin.

départ prudent de notre équipe : nous prenons le temps de changer de chaussures pour éviter de se ruiner les pieds, Johann rentre bien dans la carte, boussole sud en main (grosse déviation par rapport au nord magnétique), Chiara se sent pousser des ailes pour son 1er ARWS et Ludo s occupe des CP (pas de pointage: il faut noter sur le passeport une lettre marquée sur un panneau format A4) et moi (Philippe) j’épluche le road book très bien fait et très complet: 1 page par section, des infos précises sur certains CP et des infos originales du style "attention présence d’éléphants sur cette section ".

4 heures de course et nous attaquons la section 'canoë surf ': 5 km de canoë en mer avec une entrée dans les vagues (sans problème) et un surf de sortie absolument démentiel : vagues de 3m de haut qui catapultent Philippe par dessus le canoë à la verticale ! Tout le monde passe à l’eau, mais elle n’est pas trop froide et en nageant nous réussissons à attendre la plage avec nos pagaies quelques minutes après notre canoë. Petit portage sur le sable et nous voila repartis sur une lagune beaucoup plus calme, au milieu d’une belle forêt ou nous apercevons nos premiers singes ! Les paysages de la région (la 'Garden Route" à l’Est de Cape Town) sont beaux et varies, et ils rappellent parfois l'Europe: forets d eucalyptus, grandes plages, falaises, montagnes arrondies, littoral tres verdoyant, mais des le premier jour du raid c est surtout la faune qui nous surprendrons: singes, des milliers d oiseaux, porc épics aux longues épines dégradées blanches/noires, colonies d otaries, requins blancs a quelques mètres du rivage. Pas de doute on est en Afrique et c est l’aventure comme on en rêvait tous les 4 depuis des mois passes à se préparer physiquement.

L’entrainement paye puisque des la fin de la première section de VTT (30 km assez roulant sur des pistes caillouteuses) nous nous retrouvons en 15eme position sans avoir forcé. Les autres équipes françaises ont mis les watts : Naturex est dans le peloton de tète et Arverne quitte la transition quand nous y arrivons. Pour nous, c'est un bon début avant d attaquer la première grosse section: un trek de 58km qui nous prendra toute la nuit. Ca n’arrête pas de grimper et descendre: 3000 m de dénivelé, ca fait travailler les quadris. Nous suivons des pistes balisées et bien entretenues avec un refuge tous les 16kms. Nous sommes surpris par le silence de la forêt et les grosses variations de température suivant les vallons ! Nous faisons tres attention aux pieds, à bien manger et boire et nous décidons de nous arrêter en fin de nuit au dernier CP: un refuge ou nous squattons une chambre avec 6 matelas ... le luxe ! Mais y en a un qui ronfle fort alors je déménage mon matelas dans la pièce voisine pour maximiser les 2 heures de dodo. Ce sera notre rythme chaque nuit: 2 heures de dodo par nuit plus quelques 'flash sleep' en début de nuit. Pas d’arrêt en journée car les journées sont malheureusement courtes: 11h de jour pour 13 heures de nuit. Nous voulions absolument être lucides pendant la journée pour profiter au maximum du spectacle, pas question de se trainer comme des zombies sans dormir. Cette stratégie s’avérera payante en fin de raid puisqu’on sera encore capable de courir sur le dernier trek et de lâcher nos poursuivants.

Nous passons toute la deuxième journée en VTT sur une section de 80 km sur des belles pistes et quelques singles tracks. Yo nous fait une orientation de folie, ce qui nous évite une grosse galère sur le CP 18 place dans une courbe de piste et qui sera 'loupé' par plusieurs équipes. En fin de section: magnifique point de vue du haut des falaises et il y a des panneaux indiquant la présence de baleines ! L’accès a la transition est compliqué car on croise un troupeau de vaches sur une piste pas tres large! La transition dans la ferme au coucher du soleil est l’occasion d’avaler rapidement un plat lyophilisé (comme en Galice, l’orga a eu la bonne idée de mettre à disposition des bouilloires sur la plupart des transitions, bien pense !). Nous avons pris notre rythme de croisière au niveau alimentation : une bonne dose de produits Overstim's pendant les sections (gels, barres salées et sucrées et poudre pour les remplissages de bidons) et aux transitions : du salé et un lyoph ou un bol de nouilles chinoises.

C'est parti pour une deuxième nuit de trekking, mais celui ci s’avère beaucoup plus piégeux et varié que le premier. Ca commence par un Coastering complique sur des galets ronds comme des billes, puis un détour de 4km car nous n avons pas vu le passage dans une barrière électrique et barbelée, puis traversée d'un village noir, genre township, escortés par la voiture de police du coin après avoir tente d'expliquer aux 2 flics les règles d'un raid aventure, puis trekking dans le bush ou nous tentons de longer une clôture mais on se retrouve coincés par une végétation impénétrable... et la seule façon de s'en sortir est de traverser un somptueux haras avec une piscine, une belle pelouse et des voitures de collections ... au risque de se faire tirer dessus par les proprios car ici ils ont la gâchette facile; nous retenons la leçon et restons sur des pistes quitte a faire des détours, mais nous aurons encore une barrière de 2m50 a franchir avant d'atteindre un CP dans une énorme grotte, puis la presqu'ile de Robberg, une réserve naturelle ou nous manquons de marcher sur une otarie en allant pointer un CP ! Dodo sur la plage, ce qui n'est pas idéal car le froid remonte par le sable, mais nous n'avons pas le choix: pas d'endroit sec et protège du vent, alors que nous sommes au bout du rouleau (nous dormons debout....). La vue au lever du soleil sur la large baie de Plettenberg est somptueuse et nous croisons un traileur local qui nous indique où voir des requins blancs !!... et ils sont bien là, à longer la côte a la recherche de leur petit déjeuner. Un instant magique. 10km plus loin nous traversons les belles villas de Plettenberg pour rejoindre un estuaire avec des bancs de sable et une traversée sur 50m a la nage pour atteindre la transition 7. C'est la première porte horaire du raid et nous sommes contents de la passer avec 16h d'avance. Transition un peu lente (1h30) car il faut faire attention a transférer une partie du matériel d'une caisse a une autre pour être sur d'avoir les bonnes chaussures au bon endroit (l'orga nous avait mis a disposition 2 caisses, plus 1 sac pour le matériel kayak et 1 pour les cordes, et il faut anticiper en fonction des infos du road book; il est a noter que la logistique de l'orga sera parfaite tout au long du raid; ils sont trop forts ces Sud Af et tellement chaleureux: il y a même un spectateur qui nous mettra à fond la Marseillaise sur la stéréo de sa voiture pour nous encourager !!).

En troisième jour de raid nous partons a 14h en canoë pour un enchainement canoë/trek/canyon/via ferrata/trek qui va s'avérer être une véritable épopée digne des grandes sections du RIF. Le road book parle d'un temps mini de 12h ... mais on mettra plus de 24h à s'en sortir. Prudents nous sommes partis avec double dose de nourriture. C'est la seule section ou le sac est lourd car on a la combi néoprène, le gilet de sauvetage et le baudrier. Le début de section est épique: il faut remonter une rivière en tractant et poussant les canoës sur des petits rapides. C'est rafraichissant la première fois, mais crevant à faire 10 ou 15 fois. Au bout de 4 heures, on est bien content d'arriver enfin, en compagnie d'une équipe Sud Af (la 31) que nous suivons pour l'opération "sanglier" au début du trek: une montée "droit dans le pentu" sur 200m de dénivelé avec une vegetation digne du maquis corse ... et aucun chemin carte. En fait il y a un sentier et nous tombons heureusement dessus ce qui nous évite 2 heures de "jardinage". Bien joue ! La suite du trek est plus roulante, sur des belles pistes. Encore un gros trek de nuit, ce qui est bien pense de la part de l'orga car c'est beaucoup plus sympa que le VTT ou le canoë. A 23h nous arrivons au début du canyon. Yo et moi pensons que ca va encore être une galère comme au RIF 2011 et 2012 ou nous avions caillé dans les canyons de nuit, sans profiter de la beauté du spectacle. Mais bonne surprise: le contrôleur nous annonce que la première partie du canyon (celle avec les rappels encaissés) n'est plus obligatoire car les équipes devant on eu tellement froid que cela devient dangereux. Nous pouvons donc sauter cette partie et rejoindre à pieds le mini Via Ferrata et descente en rappel de 50 m qui ramène dans le canyon. Comme il est déjà minuit, nous décidons de profiter de cet endroit bien sec pour dormir 2 heures avant d'aller faire trempette ! Les 31 font dodo à côté quand nous nous levons et enfilons nos combis néoprènes et gilets de sauvetage (obligatoire, bonne idée car cela nous aidera dans la rando aquatique). 45mn de via ferrata et beau rappel sur un éperon rocheux et nous voila partis pour environ 7kms et 5 heures de rando aquatique tres glissante, dure pour les chevilles, plus des gamelles ... et puis il y a de nombreuses piscines à traverser à la nage de nuit, gla gla....

Surprise a 5h30: 2 gars enroules dans leur bivi bag au pied d'une falaise nous interpellent à moitié en espagnol a moitié en anglais. Ce sont les 2 argentins d'une équipe associée avec 1 espagnol issu d'une équipe célèbre. Les 2 gars se sont visiblement fait lâcher par l'espagnol et la féminine, et ils se sont arrêtés pour essayer de se réchauffer. Nous mettrons 1h30 avant de retrouver les 2 autres, qui eux ont fait un feu (ils avaient les allumettes du kit obligatoire ... mais ils ne sont pas retournés chercher leurs équipiers ... incroyable et dangereux, c'est là où on voit la différence entre une vraie équipe solidaire et les autres...). Nous cela nous arrange puisque nous gagnons une place, ce qui d'après nos calculs, nous fait rentrer dans le top 10, mais ne nous emballons pas, il reste encore 3 jours et notre objectif principal, c'est de passer toutes les portes horaires et de franchir la ligne d'arrivée avec des images plein les yeux.

Le jour se lève sur le 4eme jour quand nous sortons du canyon et attaquons le long retour à la transition 7/9. Un énorme serpent noir (un mamba ?) se chauffe sur le chemin de descente à la plage et nous nous reculons pour le regarder grimper sur un arbre en quelques secondes, avant que lui aussi s'arrête pour nous observer de son perchoir. Nous enchainons plusieurs plages et des petites criques, les pieds dans l'eau et nous passons sous plusieurs arches naturelles taillées par la mer dans une roche ocre. Splendide, quel pays superbe. Une longue ligne droite sur une plage vent de face nous amène enfin devant la transition, mais nous sommes à marée haute et le bras de mer pour rejoindre la transition est devenu énorme: au moins 300 m à nager avec des vagues et du courant. Chiara a la bonne idée de nous faire re-enfiler la combi néoprène ! Heureusement car on passera un bon moment dans l'eau fraiche.

Les 31 arrivent sur nos talons et on sent que ca va être la bataille entre nous pour la 10eme place ! Saine émulation mais attention à ne pas se griller. Nos 2 équipes se croisent sur le canoë orientation suivant lorsque nous faisons un petit demi-tour pour reprendre le bon itinéraire. Nous croyons les avoir lâché en canoë, mais ils nous rejoignent 2 heures plus tard sur le VTT et Yo a même la gentillesse de leur signaler un CP alors qu’ils allaient louper. C'est la plus longue section du raid: 118km et ca commence par des grosses montées sur des larges pistes. Je n'arrive pas à aller aussi vite que mes coéquipiers et Ludo m'aide en me tractant dans une longue côte. Nous faisons un flash sleep sur un bon carré d'herbe sèche et confortable, puis la piste devient une série de montagnes russes. C'est quasi pleine lune et nous pouvons rouler sans éclairage sur les longues pistes blanches ... instant magique. Malgré une boisson énergisante et un gel caféiné, nous n'arrivons plus à tenir les yeux ouverts. On appelle ça une attaque de 'sleep monsters'. Nous nous arrêtons dormir une heure au bord de la route, mais nous loupons un peu le réveil et finalement nous dormons 1h30. Bonne surprise nous rattrapons les 31. Ils ont dormi 1h30 aussi à quelques centaines de mètres devant nous, mais ils se trainent. A 5h du matin nous décidons de quitter la piste principale et d'utiliser un chemin qui descend vers le CP46. Nous savons qu'il s'arrête avant le CP, mais on ne s'attendait pas à se retrouver dans un «bush» épais et en plus devant un canyon profond. Yo fait le bon choix de partir en reconnaissance sans le vélo et 15 minutes plus tard il revient avec la bonne nouvelle: le CP est juste après le canyon. Nous faisons donc une descente façon sanglier, avec le vélo à l'épaule ( ça rappelle des souvenirs de RIF...). Nous pensons avoir perdu une heure dans ce bush et nous roulons les 30 derniers kilomètres au soleil levant en se demandant ou sont passes les 31 ? 10 km avant la transition nous nous retrouvons au milieu de centaines d'autruches ! Certaines se mettent à courir à côté de nous ... on monterait bien sur leur dos. L'élevage d'autruches est une spécialité locale depuis le 19ème siècle (avant pour les plumes des chapeaux des Européennes, maintenant pour la peau qui sert à faire des vêtements, et pour la viande). A nouveau une bonne surprise à la transition de fin de VTT: les 31 ne sont pas passés. Cool ! Nous enchainons rapidement avec le dernier trek de 26kms dans des petites montagnes avec des points de vue superbes sur les alentours, et la mer au fond. Il fait à nouveau super beau (5 jours de beau temps avec juste une petite pluie sur la fin du précédent VTT, ça rend le raid plus agréable et ça permet de profiter du paysage). Yo continue à nous faire une belle orientation, Ludo avance fort et Chiara court comme un lapin duracell, tout en jetant des coups d'œil en arrière toutes les 5 minutes. Nous explosons le chrono sur ce trek: 4h30 alors qu'il était donne en 5h12 minimum ! Ensuite nous enchainons avec un petit VTT de 16km en descente, facile (heureusement car un des galets de mon dérailleur a perdu 3 dents et je n'ai pas tres envie de finir en pignon fixe...).

A 14h en ce 5ème jour d'Expedition Africa, nous attaquons les 10 derniers kilomètres en canoë. Le vent s'est levé et nous devons lutter pour avaler les derniers kilomètres de lagune. L'organisatrice (Heidi) a la bonne idée de nous accueillir avec 2 drapeaux. De loin on croit voir le drapeau français et le drapeau italien (sympa pour Chiara !), mais en fait c'est le drapeau irlandais, ca ressemble un peu.. Tres belle arrivée bien organisée avec un beau comité d'accueil (merci à Naturex et Arverne arrivés quelques heures plus tôt et qui sont là pour nous applaudir), du mousseux, et des canapés confortables et une pizza pour le débriefing à chaud avec EndorphinMag. Nous découvrons alors que notre belle progression a fait le buzz; on ne s'attendait pas à avoir autant de messages de soutien: un grand merci a vous tous car ca fait chaud au cœur !

Finalement cette Expedition Africa nous a conquis et nous recommandons ce raid pour la qualité des parcours et surtout l'excellence de cette organisation parfaite. Nous avons vécu tous les 4 une aventure splendide, difficile, surtout les longues nuits, et tout particulièrement celle passée dans le canyon. Yo a été énorme en orientation, et pour leur premier ARWS, Chiara et Ludo ont su gérer le sommeil et l'effort (et les pieds !) de façon magistrale, avec une vitesse de progression impressionnante. Bravo et merci.

L'édition 2017 pourrait être encore plus spectaculaire avec probablement un retour dans les montagnes du Drakensberg. Ca donne envie de se remettre a l'entrainement des que le corps aura récupéré

 

 
EXPEDITION AFRICA

Le récit de Steph pour Arverne Outdoor - 10ème

Quand la montagne accoucha d’un clône de souris …

Comment commencer ce compte rendu après ce qui s’est passé ? sans doute par la fin. Une longue fin qui commence au moment où nous sommes appelés dans l’ordre inverse du classement, à la 25ème place. La quoi ? je ne vais pas la rejouer, tout a déjà été dit là-dessus. Les adieux à l’aéroport se passent sans un regard de ma part pour les organisateurs, Seb est moins rancunier et réussi à parler à Stephan. Le voyage retour durera bien plus longtemps qu’il n’y parait, le seul plaisir qu’on y prendra c’est en se jetant des grandes plâtrées de nourriture dans le gosier à chaque escale. 

Il y avait pourtant tous les ingrédients pour qu’on en prenne du plaisir ! Un pays au climat parfait, ni trop chaud, ni trop humide, 52 équipes au départ avec un niveau devant vraiment homogène, des sections variées, la promesse de belles plages, de décors arides parfois, montagneux à d’autres moments, un suivi média comme rarement, et puis deux autres équipes françaises super sympa … 

Le stress monte sur cette ligne de départ où 104 kayaks sont prêts à en découdre sur ce premier kilomètre qui va permettre de distribuer les cartes de la toute première section. On arrive dans le groupe de tête avec Dav malgré ma technique qui fait tant parler dans l’équipe ;) et pour que Dav ne soit pas pris dans le flot des bateaux je me jette un peu trop tôt à l’eau. Le temps de récupérer le précieux sésame et nous voilà au cul des Naturex (alias 400 team) donc tout va bien. On fait une belle section de kayak orientation, et à la fin de ces premiers 4 kilomètres dans le petit port de Knysna le peloton des équipes aux dents longues est déjà formé. Il reste un poste à aller chercher au fond de la passe de Knysna, une des dix plus dangereuse au monde ! Nous avons attaché Fanny et Seb ce qui ne nous permet pas de suivre les meilleurs mais nous garanti de ne pas les voir à 3 kilomètres derrière nous. L’arrivée sur la plage, la première transition à la hâte où on essaye tous les 4 de bien faire. 

On repart aussi sec sur un petit trail orientation sur carte google map, deux trois petites hésitations le temps de se caler, on croise un groupe de touristes français ! et au bout de 15’ de trek on est dans le bain des équipes que l’on croisera toute la course : les espagno-argentin de Urtzi Iglesias et les sudaf d’Olympus. Première portion de plage à chercher le dur, Fanny n’aime pas ça mais on le savait depuis l’entrainement à l’ile d’Oléron. Les espagnols encore plus à la peine que nous, par contre les sudaf hyper à l’aise qui nous mettent gros. On arrive sur cette section que j’ai vraiment hâte de voir derrière nous, 4 kms de kayak de mer. Le départ est beaucoup moins rude qu’il y a deux ans et on arrive vite en pleine mer sans encombres. On a fait le choix de ne pas attacher les bateaux sur cette section pour des raisons de sécu ce qui fait que Seb et Fanny prennent rapidement des centaines de mètres de retard, peu aidés qu’ils sont par leur mal de mer commun ! On croise une otarie qui vient jouer devant nous. La plage se dessine à quelques encablures mais le problème va être d’y arriver en un seul morceau. Avec Dav on compte bien mettre à profit notre stage « vaguelette » d’Oléron. On se retourne pour voir la première nous arriver dessus et … il est déjà trop tard ! On s’accroche à notre pagaie (qu’on n’a pas leasher !) et on arrive tant bien que mal à la plage. Béa d’Endorphinmag et sa fidèle assistante Marie ;) nous apprennent que tout le monde a fini comme ça. On attend nos deux malades qui en ont profité pour lâcher un petit vomito et on repart pour 12 kms de rivière. On était 6 à l’arrivée en mode méduse sur la plage, on sera 10 à la fin du kayak. Dire qu’on se traine la quiche est un doux euphémisme, pour se faire une bonne idée de notre rythme mieux vaut imaginer un groupe de mamies qui toucheraient une pagaie pour la première fois de leur vie. 

Cette transition sera notre plus mauvaise sans nul doute. Chacun part de son côté bricoler ses affaires, les équipes arrivent, d’autres partent, est-on vraiment sur un raid non stop ? le rythme est pourtant encore très rapide, les sections courtes et nerveuses n’arrangent pas nos affaires. Pour ma part je suis au recopiage et perdu avec une carte gigantesque sur laquelle il n’y a rien à reporter ! Je questionne Heidi de savoir son intérêt mais vu que je ne comprend rien à la réponse on doit composer. Quand enfin mes neurones s’autorisent une petite connexion il est temps de repartir sur un vtt de 30 kms. Une première partie très sableuse, le temps de rentrer dans la carte, une seconde très roulante, nous réalisons une bonne section même si je suis le seul à peiner un peu dans la bosse du parcours, n’ayant pu m’alimenter à la transition. Ainsi va la vie de l’orienteur … 

Nous sommes en avance sur notre tableau de marche malgré des temps pas très glorieux en kayak et ENFIN nous allons pouvoir faire une section autrement que sous le signe de l’urgence : 68 kms de trek dans un parc naturel à 3 éléphants. Nous repartons au cul de l’équipe suédoise 40 avec qui nous n’aurons de cesse de nous croiser. Nous nous refaisons un peu la cerise sur le long single en forêt puis sur une chute d’un des leur, en profitons pour les doubler. Fanny piafe d’impatience de courir (petit débat sur l’utilité de la marche rapide en raid) et nous relançons de temps en temps en essayant de ne pas entamer les réserves. Dav nous fait le coup du mollet dans la grosse bosse peu avant le poste, nous calmons donc un peu le rythme. Premier poste, première sortie de poste et première erreur. La nuit vient de se poser en douceur sur les sommets et les lumières de l’équipe de devant m’induise en erreur. Il me faudra bien 10’ pour comprendre qu’on s’est planté (et que donc il y a une équipe qui s’est encore plus planté que nous, youhou !!!). Les suédois en ont profité pour recoller.

Le temps de se remettre dans le bon mouvement de terrain, petite descente en courant et un carrefour un peu hasardeux en face. Les suédois hésitent et nous laissent passer, Fanny s’étonne qu’ils ne nous suivent pas et je dois défendre mon choix. Ainsi va la vie de l’orienteur, ha je l’ai déjà dit ? ;)

Finalement ils nous emboiteront le pas mais notre rythme plus rapide nous permet de leur prendre régulièrement du temps. Les deux postes suivant nous permettent également de recoller à Olympus et même de les lâcher sur une sortie de poste un peu foireuse. Pour l’heure il nous suffit de suivre une piste balisée. Facile ! Heu … en fait pas tant que ça car au bout d’un moment je n’arrive plus à faire coller la carte au terrain et on doit se contenter de suivre les indications des panneaux. Pas terrible mentalement ça … On rattrape les hispano-argentins dont l’un des gars n’a pas l’air au mieux. Puis enfin ce p…. de poste (tiens j’avais été poli jusqu’ici). Une méga descente puis une méga montée et la transition ! On nous annonce 6, on a pas été trop pourri sur cette section mais la transition va nous faire perdre quasi tout notre avantage. 

On avait calculé 1h30 de sommeil ici, on fait comme on a dit et on se jette dans nos duvets sur les matelas mis à disposition. Mauvais calcul, tout le monde passe, il y a les chiottes juste à côté, l’eau aussi, bref au bout de 50’ à essayer de dormir on décide de repartir. 50’ de foutue en l’air, j’ai la rage, seb, dav et fanny sont plus philosophes. On repart sur un vtt « technique » de 84 kms. Technique parce qu’il y avait 3 marches d’escalier et 2 racines. Voilààààà. Sinon Waterloo morne plaine, de la piste, de la piste et encore de la piste. En ce début de section je suis touché par la sainte Grâce et j’ai des jambes de fou. Ce qui ne sert strictement à rien quand tu es le seul à les avoir. M’enfin, vaux mieux ça que l’inverse. Au milieu d’un bon pétard on voit les Cyanosis juste devant. Seb et moi irions bien recoller un peu mais Dav et Fanny subissent à ce moment le manque de sommeil. Putain de première nuit qui nous ni… le raid si souvent ! En co le temps perdu ne se rattrape jamais, c’est tout pareil pour le sommeil.

On prend notre mal en patience et nos premiers singes nous détournent un peu du rythme moribond. Fanny prend même de l’eau dans une vieille rivière croupie, pas facile pour un médecin quand tu fais la somme des bactéries que tu ingurgites !

On traverse nos deux seuls singles sudafricains ( par single il faut comprendre chemin de moins de 4 mètres de large) et sur une zone très très très fausse on recolle à nos amis Cyanosis. Il me semble que c’est plus mon côté pisteur qu’orienteur à ce moment là qui a pris le dessus « là y a des traces de hutchinson ! » … 

Toujours est il que nous nous permettons de les enrhumer momentanément sur le dernier poste juste avant la transition. Il nous rattraperons sur un coup du sort à 300m de la transition, coincé par un troupeau de vache pendant 10 minutes. Hargggg cette transition … de m…. il faut bien le dire. Seb en oublie même les définitions qu’il va rechercher vite fait. Fanny croit qu’elle ne pourra plus jamais marcher de sa vie. Et moi je presse tout ce petit monde pour faire un max de poste de jour.

Le début de cette section de 35 bornes est très laborieux. Nous descendons dans un rentrant très pentu, où il faut se faufiler entre les arbres, puis nous arrivons sur une grosse plage de galet. Rien qui arrange les pieds de Fanny en fait. Rattraper les Naturex en train de retaper Adri victime d’une grosse hypo ne nous redonne même pas le sourire, nous avançons vraiment lentement. On fait un bout de chemin à trois équipes, Naturex, Cyanosis et nous. Dernière balise commune au centre d’un village puis nos routes se séparent en trois à la tombée de la nuit. Je pars à la boussole et tombe rapidement sur des propriétés privées qui vont nous emmer… toute la section. On rejoint Gallaecia (c’est plutôt eux qui nous rejoignent, on les a doublé sur le vtt d’avant) et tombons nez à nez avec un immense portail qui bloque le chemin d’accès au poste. Il n’est pas dur de comprendre que si on veut se sortir de cette section il va falloir faire le malhonnête. Nous voilà à escalader un barbelé haut de 3 mètres. Fanny n’ose pas mais le propriétaire arrive. C’est qu’ils ont la gâchette facile dans le coin, ça suffit à motiver fanny et nous voilà à courir de l’autre côté au cas où le gars soit armé (c’est qu’on s’en fait des films quand on arrive à la seconde nuit !).

Cette petite infraction nous permet de ramasser les deux postes suivant assez rapidement, le second étant dans une magnifique grotte en bord de mer.La suite va être moins glorieuse. Il nous faut rejoindre Pletenberg bay et comme il est difficile de se départir de son cerveau d’orienteur je veux à tout prix y aller au plus droit. La végèt agressive nous jette à droite, à gauche, nous essayons une autre piste, Naturex et Cyanosis nous rejoignent et nous continuons à 3 équipes dans nos galères … jusqu’à ce qu’enfin on décide de rebrousser chemin (1h30 de perdue) et de faire le détour par la route. Pfffffff ….. Pletenberg bay, son sable fin, ses requins blancs, puis retour sur la transition où je laisse Adri orienter tout seul, seul objectif pour Arverne, atteindre son duvet !

Ha non, petit interlude avant, trouver le CP33, mal positionné sur la carte ! On pense qu’on doit chercher une balise au fond de l’eau sur un banc de sable, en fait c’est la débandade, les équipes ne savent même pas ce qu’elles cherchent, un poste qui ne te fait pas aimer le raid quoi. 

3h de sommeil pour repartir sur un kayak en remontée de rivière, en mode bartassage. On est bien frais par contre on s’est fait sortir du paquet d’équipe dans lequel nous nous trouvions à cause de notre longue pause sommeil. 13 kms à pagayer puis pousser/tirer le bateau pour passer des bancs de sable et de cailloux. Fanny est dans le dur et sur cette section son bras l’handicap vraiment. Dav et moi revenons régulièrement en arrière pour aider Seb à bouger son bateau. Une belle section de gros bœuf comme je les aime ! Fais pas ton malin mon gaillard, vlà la balise 34, tu vas voir, qui s’y frotte s’y pique … 

En effet, nous arrivons à la transition pour repartir sur un bon bout de trek, ce fameux trek/canyon/via ferrata. On aurait dû sentir que c’était une section pourrie. Sur la carte un chemin de dessiné, mais pas dessiné comme d’hab. Chemin ? limite de quelque chose ? pendant 45’ je vais trimballer l’équipe dans les ronces et les bambous à essayer conne… heu vainement de trouver une trace pour monter là haut. On porte nos combis canyon en plus, et je porte celle de Fanny en plus du plus. Enervé ? oui c’est le mot, bordel de merde ! On se déchire les bras, les fringues dans ces put…. de ronces, et puis on commence à monter en se disant que c’est pas possible, qu’on est les seuls débiles à faire ça et que tous les autres ont trouvé une trace, LA trace ! bref moral dans les chaussettes. Rien que pour nous faire rager on trouve un petit single pour faire les 50 derniers mètres. Poste ! On l’aura pas volé celui là … On se remotive et je n’ose leur dire que j’ai découpé la carte à l’endroit où nous devrions passé, on va donc devoir faire un petit hors carte sur une zone bien pourrie. Un peu de nez, un peu de cul et ça passe, on en profite même pour faire le plein dans une belle vasque profonde. Prochain objectif, le ca….. Il y a comme ça des mots tabous. Tiens une équipe suédoise qui dort sur le chemin. On arrive au canyon, je vais vous éviter les redondances et on va de suite passer à deux heures après, à l’entame de la marche aquatique. Plus de 5 heures de marche/ nage, à chercher le passage qui te permettra de garder tes coui…. au sec. Fanny est à l’aise, elle se met même à l’eau au début, bien moins sur la fin. On double les hispanos argentins à l’agonie, l’un deux s’est blessé au genou. Et les suédois nous reviennent dessus en  fin de canyon.

Grosse remontée en combi pour se réchauffer, devinez qui on double qui se réveille, Cyanosis ! bon on est pas si mal. J’ai les yeux qui commencent à loucher, on décide de prendre 30’ de sommeil. Au réveil le jour n’est plus très loin et il reste juste le poste 41 à aller chercher, en bord de plage. Encore une propriété privée à passer, là on ne lit pas comme il faut les consignes du road book qui nous disait que la porte était ouverte et on perd 20’ à tenter de faire le tour avant de trouver un trou dans le barbelé. Ne reste plus qu’à descendre sur la plage et à ramasser le poste. Le jour se lève en même temps qu’on y arrive et les sudafs n°33 nous rejoignent, on est pas trop mal. Plage ! et là … qu’est ce qu’il s’est passé ? les deux équipes partent plein Est alors qu’il faudrait partir à l’Ouest. Les sudafs font demi tour, pas nous. Pourquoi ? je n’en sais rien. On a bien dû visité la plage sur 1.5 kms. C’est pas énorme mais quand c’est une plage de galet où tu n’avances pas, que Fanny a déjà bien mal aux pieds, c’est beaucoup ! Bilan, une heure de perdue alors qu’on était au contact, rageant. Là, décemment je ne peux plus me permettre de leur demander de courir. Le retour à la transition est très long, le sable est très mou, le soleil est très dur … Tout est « très quelque chose » mais rien ne va dans notre sens. On a quand même la présence d’esprit de bien s’aligner pour faire risette au photographe (photo de notre page facebook). Nous bénissons la traversée du bras de mer, en début de marée montante, fraiche à souhait. Le moral n’est pas si mauvais finalement et nous faisons une transition éclair. Sauf moi, j’ai un peu de mal à me dépêtrer des cartes à renseigner, la bouffe, les sacs, besoin d’une nounou à ce moment. 

Nous repartons sur un kayak bien sauvage, à chercher notre itinéraire dans les hautes herbes. Une des plus jolies sections du raid ! Et qui c’est qu’on rattrape ? nos suédois n°40 préférés ! ils se sont perdus dans les méandres du kayak. A ce moment notre préoccupation est de prendre du sommeil car nous en sommes à trois nuits et 3h30 de sommeil. On se met d’accord pour dormir sur le vtt, la transition étant trop près de la route et moi comme d’hab voulant profiter du jour. On commence par monter longuement, longuement … les suédois n’arrivent pas à nous suivre, ça fait plaisir de voir que physiquement nous sommes toujours là. Conditions du dodo, trouver un endroit à l’abri où l’on puisse faire le plein en eau. Non pas là, c’est pas beau, non pas là c’est trop près de la route, non pas là il faut qu’on trouve le poste avant … bref finalement on se jette pour 30’ au col, au bord de la route, à l’endroit le plus froid de la section, avec une descente interminable au réveil (idéal pour choper froid) ! Merci qui ? on dira pas le nom mais c’est celui qui tient la carte. 

La nuit est apparue, c’est la dernière si nos calculs sont bons. Ils le sont rarement mais on va faire en sorte qu’ils le soient pour une fois. On roule. On roule fort même. Fanny pas un pet de jeu à vélo, pas besoin de laisse, nickel. Seb la machine, solide en début de section, un peu émoussé au milieu mais un seb émoussé ça tient bien quand même. Dav qui pleurait sur la section de 84 tracte fanny dans les gros gros raidars, énorme ! Et moi j’ai rien à faire, y a pas d’orientation, ou si peu. On se motive en voyant les feux des équipes de devant, et on déchante quand on les double, ce sont toutes des équipes shuntées qui sont sur la short race. Les 30 derniers kilomètres sont durs, vraiment durs. Il fait froid et nous nous endormons. Dav est le plus fatigué, on chante, on s’invective, on se crie dessus, on se motive comme on peut et on finit cette section avec le cerveau dans les chaussures. On arrive quand même à faire une transition organisée avant de s’octroyer généreusement 1h30 de sommeil. Allez dernier trek ! 

Petit crachin pour nous accompagner, ça monte dès le début, on ne sent pas le froid, impeccable. Toute la montée se fait de nuit, et au petit jour nous arrivons sur un gros réseau de piste. Nous voyons les suédois juste devant nous, ils n’ont pas dormis à la transition et sont repartis 30’ devant nous. Fanny n’avance plus du tout dans les descentes mais elle serre les dents. Un seul choix à faire sur cette section, accepter de s’engager sur un chemin qui ne débouche pas sur la carte. On prend le risque, il y a des traces de chaussures devant nous et pas une qui ne revienne à contre sens. On arrive en bout de chemin sur la carte et … miracle ! sur le terrain il continue ! Par contre faut faire des hypothèse maintenant. Arrivé à une intersection le chemin part à l’opposé de ce que j’aimerai, je vois le poste au loin, je décide de couper dans la broussaille. Seb nous taille le chemin et nous remontons dans une belle pinède très éclaircie. Transition !

Un dernier petit vtt, un dernier kayak en lac démonté (où certains y laisseront beaucoup de temps malgré tout) et l’arrivée magique comme seuls savent le faire les organisateurs de l’Expedition Africa. Il est 14h. 4 nuits, 5h30 de sommeil, plus de 500 kms, 9°. Un peu déçu du résultat mais le niveau sudafricain est réellement bon, les petites sections ne nous ont pas avantagé car elles ont généré beaucoup de transitions sur lesquelles nous sommes assez mauvais. 

Du côté de l’équipe : Le mauvais choix de chaussures de Fanny lui a occasionné des blessures importantes aux pieds (entorse puis tendinites et ampoules) mais elle a montré un gros mental dans les moments durs et de grosses qualités à vélo.

Seb a été un super capitaine, calme, costaud, qui a toujours fait un super intermédiaire avec l’organisation et ses subtilités.L’entrainement de vélo de Dav a payé.Et j’ai réussi à ne pas perdre ma boussole …

L’organisation a eu un gros boulot de prise de décision, probablement due à des initiatives personnelles de la part des bénévoles responsables du canyon. Après maints rebondissements nous finissons officiellement 10°, anecdotique mais toujours bien mieux que la 25° place totalement injuste qui nous avait été attribuée le soir de la remise des prix. On nous a presque réattribué notre vraie place. La pénalité d’une heure pour la via a été poussé à 2, on a échangé nos places avec les copains d’Issy Absolu. On ne gardera que le meilleur, l’ambiance avec Naturex et Issy Absolu, les itws de Béa, les encouragements de Marie,  les hamburgers à Segefield, les bières pas chères et la caresse du soleil sur la terrasse du bungalow.

 
EXPEDITION AFRICA

Le récit de Colo pour 400Team Naturex 6ème

"Le dénouement lors de la cérémonie est tout juste incroyable! Bien sûr le malheur des uns fait le bonheur des autres et certaines équipes hallucinent ... 

Comme sur beaucoup d'ARWS, le classement n'oublie personne et Stephan Müller déroule de la 50ème équipe jusqu'à Featherbed les vainqueurs. Il ne faut attendre que quelques minutes pour notre première surprise : Arverne est annoncé 24ème puis Cyanosis 23, Issy 17 et Naturex 15ème...... Ces 4 équipes étaient dans le top 10 à l'arrivée (j'oublie involontairement Olympus, suédois et encore 3-4 équipes)

Cérémonie finie, place aux blabla, re blabla et re re .... avec Stephan et toutes les équipes concernées pour ce qui nous paraît être une injustice. Bon, à ce moment et pour le reste nous faisons face à un mur. D'un côté les tricheurs (6-7) équipes et de l'autre le bad boy (comme il aime se nommer ), fermé dans son mutisme. Épilogue foireux d'un raid très bien organisé, les équipes jouant le top 10 sont de grosses compétitrices et la place revêt une importance très importante (n'est-ce pas les frenchies?).

L’inconvénient d’un CR tardif est la pression mise par le Coach (seb) pour que quelqu’un le ponde ce CR !

L’avantage c’est qu’avec les frasques de l’orga, on a eu des résultats officiels au bout de 10 jours ! Nous avons même eu droit à un long topo explicatif intégrant les différentes réclamations, des éléments importants et intéressants sur la course et surtout les excuses. 

A ce jour, nous pouvons ainsi donner notre place : 6° (mieux vaut tard que jamais !)

Pour l’occasion, l'équipe Naturex est composée d'Adrien, Romu, Colo et Stéphanie Blocks notre made in Belgium venue suppléer en dernière minute le forfait de Sonia (fracture main)

Tout ce petit monde se retrouve à Pine lake marina, village vacances à 40km de George et à 3-4 km de Segefield et son bord de mer. 

Chacun dans ses bagages transportent du matos pour l'équipe. Adri et moi avons quelques 7kg (!!!!) de produit Naturex...(ça va être bon!)

Bonne ambiance au sein de l'équipe. Personne ne se connaît véritablement, que des à priori et idées préconçues sur nos caractères et forces physiques. 

A chacun de nous de sortir le meilleur, pour que l'alchimie en course soit à son paroxysme.

Pour cette Expédition Africa, mon rôle (Colo) sera simple : serviteur de notre orienteur Adri (lui coller aux bask' pour qu'il ne manque de rien !) parfois ce ne fut pas si simple. (3 anecdotes spontanées me reviennent à l'esprit 

-Adri perd sa casquette en mer... Hop, il me prend la mienne vissée sur ma tête....et pourtant à qui le coup de chaud ?!

-Adri oublie de nous indiquer le point d'une balise.... Hop, un aller retour en courant sous la chaleur, (merci pour les 20cl de coca bu cul sec)

-Adri en vtt a peur de se faire bouffer par les chiens, qu'à cela ne tienne, il me flanque par terre et accélère...)

Petit retour en arrière:

J- 3 semaines : Sonia nous annonce qu’elle vient de se casser le doigt et qu’il sera impossible pour elle de venir avec nous à son grand regret. Tout le monde se fait à l’idée d’annuler son voyage suite à cette nouvelle.

J- 2 semaines : Après un court moment de réflexion, Stéphanie nous confirme sa participation et nous sommes ravis de pouvoir compter sur elle.

J- 3 jours : tout le monde est dans l’avion pour 24 heures de voyage.

Préparation plutôt très fluide dans les 48h avant le départ, dans la préparation des courses alimentaires, des caisses, du matos....

Malgré tout, un ptit accroc de dernières minutes et on ressemble presque à Arverne ! Le Vtt de Romu fait un bruit de casserole, il faut donc passer par la case vélociste afin de régler le soucis. 

On en profite aussi pour un grand nettoyage de la transmission, le revendeur Squirt en Afrique, en partenariat avec le Team Naturex, nous gratifie de produits de lubrification. Et pas seulement pour la chaine....mais aussi une pâte à c... qui s'avéra très efficace contre les échauffements en tout genre.

Déroulé de la course:

Leg 1 to 3 (kayak, Kayak Orientation, Kayak 2 heures) : 

Nous avions annoncé un départ cool pour juger la concurrence et surtout pour juger la forme de chacun mais rien n’y fait quand on est dans la course on est dans la course et on part rapidement... Les 3 premières sections courtes mais rapides se font derrière les équipes de tête ce qui nous permet de sortir de l’eau entre la 3ème et la 6ème position.

Leg 4 (CAP 2 heures) : 

Nous partons plutôt tranquillement sur cette section en 4° position. Section plutôt sympa sur la côte constituée de plages et de falaises rocheuses, il faut donc trouver son chemin et nous nous sortons bien de cette affaire en arrivant en 2° position à la transition Kayak mais talonné de près par d’autres équipes.

Leg 5 (Kayak 1 heure 30) :

Petite section bateau qui parait tranquille jusqu’à quelques mètres de la côte ou nous rencontrons quelques vagues de l’ordre de 2 mètres. Résultat des courses, tout le monde à l’eau et natation jusqu’à la plage !!!! Je crois qu’aucun bateau n’a pu franchir les rouleaux !

Avec Sweco, c'estun peu le "qui se lance en premier pour rejoindre la plage "

En tout cas merci pour l'attention toute particulière de l'orga, qui sur cette section, a pris le soins de nous délester de nos sacs à dos.

Leg 6 (Kayak 1 heure 30) : 

Bateau tranquille permettant de remonter un estuaire sur une dizaine de kilomètres.

Leg 7 (VTT 1 heure 30) : 

Ca y est, la course est lancée et nous attaquons cette première section VTT rapidement peut être trop rapidement car Adri est un peu à la traîne dans la montée principale. Au départ, Adri annonce la couleur : noire, pour route goudronnée mais en fait les routes blanches, rouges, oranges sur la carte peuvent être aussi bien goudronnées ou non, roulantes ou non …. Donc nous avons un peu de tout sur cette section, du sable, de la terre, du goudron et de la piste!

Les affaires vont bon train....

Encore un bon point pour l’orga (mais c’est juste mon avis), avec ces petites sections, médias, bénévoles... peuvent suivre en temps réel les équipes de CP en CP et de transitions en transitions.

Leg 8 (CAP 12 heures) : 

58 kms à faire et 3000 D+, la plus grosse section à pied du raid. On est frais au départ mais pas à l’arrivée !! Nous partons de la transition au moment où Sweco arrive. Stéphanie manie à la perfection l’élastique derrière Colo, Romuald fait le yo yo 200 mètres derrière, puis 100 mètres devant et Adri suit la rubalise… pardon, il oriente comme un dieu. 

La fatigue commence à se faire sentir pour tout le monde. Nous terminons cette section sans encombre et nous arrivons quand les premiers repartent de la transition soit 45 minutes à 1 heure de retard environ. Une pause d’1 heure 30 est nécessaire pour récupérer et repartir plus frais sur le VTT. Enfin presque…..

On pense bien dormir un peu à cette transition, mais le va et vient des équipes (Sweco et Merrel) nous rappelle à l'ordre !

Leg 9 (VTT 84 kms ou la descente en enfer) :

Nous réalisons le premier tiers de la section de nuit sans encombre, pas vraiment de choix, que de la piste et un profil montant. Une descente nous permet ensuite d’arriver au CP17 rapidement avant une grosse montée raide en plein soleil et là même avant d’avoir pris chaud, Adri n'a plus de jambes : élastique derrière Colo et même obligation d'un stop dans la montée. On ne voit pas le cp18 donc on prend en photo la zone! (On trouvera la balise après l’arrivée en zoomant la photo:))

Puis "LA" section single du raid !!! Faire 3 "S" sur une monotrace de quad est presque jouissif tant les portions de piste sont longues.

Bon, la fin de section est un long calvaire pour Adri, mais ce bougre a toujours 3 neurones de connectés pour nous faire croire qu'il suit toujours cette fameuse rubalise. Je réalise le monde d'écart entre lui et moi question orientation. 

Les 50 derniers kilomètres sont très difficile. Coup de chaud ? Hypoglycémie ? On ne sais pas mais il faudra 2h30 de repos pour qu'Adri commence à reprendre ses esprits et surtout pour le motiver à repartir. C’est loin d’être gagné...

A cette transition plane le spectre de l'abandon, mot jamais prononcé, mais que tout le monde a plus ou moins en tête. Moral dans les chaussette pour certains.

Leg 10 (CAP 35 kms ou Adri reprend connaissance !!!!) : 

Le début de cette section est dans la continuité de la précédente. Il faut remettre Adri sur de bons rails, Je colle aux fesses d'Adri et toutes les 10' chrono lui impose de boire une gorgée d'eau...

Nous pointons les balises 1 et 2 de la section mais ça ne va toujours pas. Romu prend les choses en main, décision est prise de nous arrêter 3h sur la plage pour dormir et de voir ensuite. Au bout d’1h30, l’air frais marin et le passage de l’équipe Française Arverne nous décident à repartir. Adri repart en tête de groupe et se sent tout de suite mieux, il peut manger, boire et même courir un peu !!! Les autres ne disent rien mais sont très heureux de le voir ainsi. Une nouvelle course est lancée.

La section est longue tout de même avec des hauts et des bas, un chemin carté mais inexistant sur le terrain nous fait perdre 1h30 et le détour par la cote étant impossible de nuit, nous décidons de contourner par la route soit 5 kms de plus mais nous n’avons pas le choix. Dans notre périple, nous emmenons Arverne. 

Petite dédicace à Steph : même sur raid long on peut courir .... La fin de section (sur route) a donc vu une belle émulation de 2 équipes françaises et menée au petit trop. 

Nous terminerons la section vers 3h30 du matin, enfin 4h 4h30 le temps de trouver une balise sur un banc de sable ou une digue, on ne sait pas trop, ce qui nous vaut de tourner en rond un certains temps et du même coup réduire notre pause à la transition. Car il est décidé de repartir à 7 heures avec la marée montante.


Leg 11 (Kayak 16 kms) : 

Section à priori facile et reposante enfin sur les 12 premiers kilomètres car les 4 derniers kilomètres sont une succession de poussage / tirage / portage et un peu de kayak !!!! 

Adri, Romu et Steph décident de partir pieds nus dans le kayak, au premier portage ça couine ! Au deuxième : "bon on va p'tre mettre les shoes", au troisième on stoppe pour mettre les running! 

Bilan, la section annoncée en 2 heures 15 se fait en 4 heures, non pas à cause des pieds nus mais bien d'un petit manque d'eau : une bien belle section où Romu nous fait l'étalage de sa force de tractage d'un kayak

Leg 12 (CAP + Canyon + CAP 20 heures) : 

Dès le départ ça met dans l’ambiance car on peut voir ce que nous avons à faire. 250 de D+ sans chemin dans la végétation Sud-Africaine qui ressemble un peu au maquis Corse pour ceux qui connaissent.

on sort de la transition quelques minutes derrière cyanosis. Adri se dit qu’il n’est pas possible que l’organisation nous fasse monter là-haut sans chemin et il explore donc la zone pendant au moins 1h afin de trouver le chemin. A deux reprises, on croise Cyanosis cherchant eux aussi cette traçouille. A bout, Adri décide d’abandonner la recherche et de monter droit dans le pentu afin d’atteindre le sommet. Nous suivons une trace déjà pratiquée par d’autres équipes jusqu’à mi-hauteur, trace que nous perdons pour faire la nôtre dans les fourrés. La montée se fait dans l’ensemble correctement même si la chaleur nous accable. 

Au sommet, nous voyons Cyanosis juste devant, sortis eux aussi de nulle part comme nous. 

Hop, on s'active à remettre la machine en route, après 20-30', Adri nous montre au loin le col du prochain CP... Heu Adri, tu nous avais pas dit que le CP c'était un sommet ?!!!!

..... "Petit bonheur" pour moi avec un aller-retour en courant.... "Adri, quand je dis que je serai ton serviteur, il ne faut pas en abuser ou trop me tester, je vais finir pas y rester avec cette chaleur "

Nous irons jusqu’au Canyon en compagnie de l’équipe Sud-Africaine Cyanosis. J’essai de motiver les troupes pour entamer le canyon devant Cyanosis, mais rien n’y fait, je fais choux blanc sur l'action. 

Le Canyon se fait de nuit car nous arrivons à 18 heures, canyon froid avec beaucoup de nage, quelques rappels et encore de la nage. Nos combinaisons trop fines ne nous permettent pas d’avoir le confort optimal et je crois que j’en tremble encore. Fin du canyon 1er partie en 1 heure 30 et nous pointons le CP39.

Au CP 39 vous connaissez l’affaire, le contrôleur nous dit qu’il n’est pas obligatoire de faire la via-ferrata et le rappel et que nous pouvons rejoindre le ruisseau en 5 mn par un chemin, aussitôt dit, aussitôt fait ou presque et nous rejoignons la rivière pour les 5 heures 30 de marche. Descente longue ou nous évitons de nager par quelques acrobaties sur les berges. Stéphanie n’étant pas fan de ces acrobaties, se met à l’eau au moins 10 fois sans aucune retenue. Sortie du canyon, accès à la mer pour pointer la balise 41 et nous longeons les falaises et les plages pendant environ 15 kms. 

Progression difficile de nuit le long de cette côte rocheuse mais la chance est avec nous car la marée est basse. Nous finissons ce trek au petit jour bien fatigué sur une plage interminable mais content de voir que l'on sait toujours courir. Plus rien à manger depuis longtemps, 24 heures pour faire la boucle, ce n’était pas du tout le temps annoncé....

Juste avant de partir, l'orga nous annonce notre péna pour la balise 18. Enfin, il nous offre le choix de prendre 6h de péna ou de la récupérer lors de la section Vtt 118km... Gros coup de moins bien pour tout le monde. Perte de 15' à tergiverser et on finit tout de même par partir sur la section kayak, moral en berne et réflexion sur la conduite à tenir.

Leg 13 (kayak 15 kms) : 

A cela se rajoute une marée trop basse pour progresser correctement en bateau, nous faisons donc une pause d’une heure sur le bord de la rivière pour attendre la marée. Pause plutôt de déprime qu’utile car le niveau de l’eau n’a pas trop évolué quand nous repartons. Encore 2 kilomètres compliqués puis nous rentrons dans un marais sympa pour 1 heure.

Leg 14 (VTT 118 kms) : 

Le départ est rude, montée, route, chaleur, mal de jambes, mal au cul ….. Adri a du mal à partir et l’élastique est tendu sur les 30 premiers kilomètres de route. Après 60 kms nous attaquons la longue montée de la section, montée en montagne russe durant 30 kms. Nous sommes surmotivé et la section passe vite, Steph nous emmène à vive allure et nous terminons les 20 derniers kilomètres dans un super rythme : Happy raid !!

C'est tout de même sur cette section qu'Adri essai de me jeter aux chiens!!!!

Fin de Course (CAP + VTT + Kayak) :

Au départ de la section nous pensions nous reposer 3 heures avant de réaliser la fin de course. Mais nous apprenons par l’organisation, un shunt-raccourci des dernières sections.

Nous finirons donc au petit matin et ces informations nous obligent à raccourcir la pause à 1 heure de sommeil. 

Nous repartons à minuit pour la fin de course, nous avons mal aux pieds( tendinite du releveur pour Adri et moi). Le 20 kms à pieds sont longs et douloureux, Je sors de la pharmacie deux ou trois médicaments qui font oublier en grande partie les débuts de tendinites mais n’empêchent en rien le sommeil…. 

On enchaîne sur 20 kms de VTT plutôt rapide, on croise Gallaecia, kayak sur la route en perdition, complètement perdu! On arrive au petit jour au départ kayak, nous voilà prêt à franchir la ligne d’arrivée si ce n’est un vent de face sur le dernier lac qui nous oblige à contourner par le nord à l’abri du vent.

Photos, gâteaux, congratulation, pizza, bière pour Steph...

Nous sommes heureux !"

 

 
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