Marie Line DEJOUX-GARCIA
Ardéchoise  de souche, membre du Team raidlink’s 07 depuis 2005, 38 ans, IDE au bloc op, 2 filles, 9 et 4 ans et mon mari qui  préfère les randos au chrono. 
 
1er raid en 2004 
 En mixte pour débuter avec de supers orienteurs, manu, toma, gillou, dav ,alex ,pimp, adrien, benja… puis en féminine auj avec les copines, et amies de  raidlinks,  laurette, val, nelly, ma sœur, ma belle sœur. 12 ans de raid, de super bon moments, in the nature. 
 
Pourquoi le raid ?
Pas de sport de prédilection étant jeune, juste un peu de vélo, de course à pied mais pas de compétition. Puis  un jour en 2004, le raid du pont d’arc à vallon, avec mon frère, raid qui allie plusieurs disciplines de pleine nature. Puis très vite le goût et l'envie de participer à d’autres raids, d’autres formats…plus typé orientation (chose que je ne maitrisais pas du tout au départ). Puis les co du challenge ardéchois, les cours de co adultes proposés par raidlink’s, le comité….mon permis de mieux orienter, et c’est bien agréable ; en effet on en oublierait presque de s’alimenter quand on est dans la carte ! 
 
En mixtes, mes coéquipiers font ca très bien, mais en féminine cette année, je me suis surprise à aimer lire les cartes, sans de trop grosses erreurs. 
 
Mixte et /ou féminines 
Jusqu’à cette année, je courais plutôt en mixte sur les étapes du challenge frmn, les RIF, l’edhec et les raids locaux comme le lsn, le gevau,…. Sauf pour le rof, et vallon ces 3 dernières années avec laurette, car je ne me sentais pas capable d’orienter sur un raid sur plusieurs jours. Mais en fait, cette année je suis partie avec laurette et nelly sur le challenge frmn en féminine et nous nous sommes bien  débrouillées et je vais même dire que ça m’a plu. Comme dirait laurette, ce n’est pas que nous ne sommes pas capable d’orienter mais c’est que nous allons moins vite que les gars, les options  sont optionnelles, on se contente du tracé sans celles ci, qui d’ailleurs était top  pour la finale chaud patate. 
 
Le sport dans ta vie 
Celui-ci est omniprésent, même enceinte, je faisais des CO. Nous avons un beau terrain de jeu en Ardèche, coté, trail, vtt, bateau, canyon….de quoi occuper  beaucoup de week end, en famille et /ou entre copains. 
 Le sport pour un bien être moral, physique et pouvoir être  efficace professionnellement, rien de tel que d’aller au boulot en courant ou en vélo pour passer une bonne journée . 
S’émerveiller devant notre si belle dame nature, la respecter et la protéger. 
Coté entrainement, beaucoup au feeling, et surtout, dés que j’ai la possibilité de faire une sortie, j’y vais, à vélo ou à pied avec les copains ou copines, c'est plus motivant à plusieurs.  
 
Les Objectifs de cette année ne sont pas tout à fait fixés, mais j'espère bien pouvoir courir sur le challenge cette année, en féminine ou en mixte ??? 
 
Pourtant, Quand j’y suis certaine fois dans le dur, je me dis que je serais bien sur mon canapé ( qui ne me voit pas souvent d’ailleurs) mais à l’arrivée je regarde déjà quand sera le prochain, c’est chaque fois un challenge pour soi même, pour l’équipe, un dépassement de soi, pour au final en ressortir plus forte, heureuse de vivre et je vais tout faire pour que mes filles puissent goûter un peu à ce bonheur . 
Juste un grand merci à ma famille et à toutes les copines et copains avec qui je partage cette passion.        
 
   
 
Marine FAVARO

la "Gone Raideuse" répond aux questions de son co-équipier Damien Corbi et vous livre son regard sur le raid !

Marine, pour commencer, peux-tu faire un petit résumé de ton parcours sportif?

J’ai toujours fait des sports depuis toute petite, longtemps du tennis puis un peu de kayak, en parallèle du VTT, puis je me suis mise au triathlon, puis au trail, un peu de CO, et donc naturellement du raid !

Tu t’es mis exclusivement aux raids multisports nature, est-ce un choix ?

C’est plutôt ce qui correspond le mieux à mon profil c’est-à-dire le long, mais avec la variété des épreuves, et pouvoir être absorbée par la carte, partager en même temps des moments forts avec mes coéquipiers, et surtout être immergée dans la nature.

En tant qu’ancienne Triathlète, dans le raid multisport, penses-tu qu’il faille développer autant ces compétences individuelles que son esprit d’équipe? Quel est le lien avec le triathlon ?

Le tri pour moi c’est beaucoup apprendre à se connaître et à s’alimenter, deux choses indispensables en raid où les aspects techniques captivent plus l’attention qu’en tri, comme ne pas rater une balise où éviter de se casser la g… en vtt. Du coup j’arrive à être bien pendant longtemps sans avoir trop de coup de mou, et c’est précieux de garder la glycémie et le moral constants ! Enfin c’est juste indispensable pour que l’équipe avance.

En tant que femme et dans des équipes majoritairement masculines, trouves-tu toujours ta place ? Es-tu toujours soutenue ou te sens-tu sous-estimé par des coéquipiers ? Quelles sont les principales forces d’une femme dans une équipe mixte ?

Oui je trouve toujours ma place ! Mais c’est parce ce que je ne cours qu’avec de chouettes coéquipiers (d’ailleurs les gars ne sont-ils pas tous comme ça en raid ?) attentifs et solidaires. La présence d’une fille peut souvent permettre un autre point de vue, elles sont souvent celles qui ont le moral le plus constant et contribuent à faire passer les moments de doute. Des moments comme ça il y en a toujours en raid long, ça fait partie du jeu, il faut donc le gérer et se rappeler qu’on est là pour le plaisir avant tout.

Cette saison 2016 risque d’être chargée, peux-tu nous en dire plus ?

Avec les GR on voudrait participer à la finale des Chauds patates, on est donc présents sur trois épreuves pour tenter de se qualifier : les Dentelles, l’Edhec et le LSN, puis l’aventure dauphinoise. J’ai aussi couru en fille sur le Ligéraid, d’ailleurs avec Marion on a gagné. Je viens d’apprendre que mes congés étaient refusés pour le RIF, donc je vais chercher une épreuve en fin de saison. Peut-être l’ultra raid de la Meije. Pour l’instant je suis juste très déçue d’abandonner mes Yogi pour le RIF 2016.

Pourquoi avoir choisi de participer au Raid In France plutôt que de réaliser une autre épreuve?

Parce que c’est une aventure humaine et perso comme nulle autre. Cela prend le pas sur l’aspect sportif, même si une très bonne prépa est indispensable.

Quelles sont tes préparations et tes entraînements pour préparer un tel objectif ?

Du VTT long avec le sac, de la natation toute l’année, un maximum de ski fond l’hiver, des sorties course à pied ou rando. Bon il faut aussi réviser les cordes, et se faire quelques jours entre nous pour faire du kayak ou du raft. L’idéal c’est aussi d’arrêter les apéros…

Qu’est-ce qu’il y a dans ta personnalité qui te pousse à aller vers ce genre de défi ?

C’est une bonne question et pour moi c’est sans doute parce que je me sens encore plus vivante, parce qu’on fait des distances et des enchaînements hors du commun. Mais surtout pour être dans le présent rien que dans le présent. Pour jouer aussi car c’est une chasse au trésor pour les grands, avides d’espaces. Donc c’est aussi pour être dans la nature, sans rien abîmer, juste pour profiter de sa beauté et parfois de rencontres animales impromptues !

Quelles sensations as-tu éprouvé en bouclant les deux derniers RIF ?

« ça y est ? » voilà ce que je me suis dit. En fait c’est un drôle de sentiment partagé entre le soulagement de mettre fin à ce qui est une épreuve et la satisfaction d’avoir vécu une aventure unique et d’y être arrivée moi, mais d’y être arrivés ensemble aussi. Après je plane quelques jours avant d’être rattrapée par le quotidien.

Est-ce que réaliser un exploit ou se fixer un objectif donne un sens à la vie ?

Oui je crois, en tous cas, cela me donne un objectif et c’est mon carburant. Que ce soit un voyage ou un défi sportif, je ne peux pas être sans !

Est-ce que l’on devient accro à l’exploit ? Faut-il toujours s’en lancer de nouveaux ?

On devient plus ambitieux parce qu’on repousse ses limites, du coup on a envie de plus loin, plus haut ! Mais il faut le gérer pour en profiter le plus longtemps possible sans casse !

Est-ce que pendant des épreuves sportives tu as des doutes, des difficultés et comment en faire face ?

Je ne doute quasiment jamais d’aller au bout dans de « bonnes » conditions. En revanche, plus l’épreuve est longue, plus il y a de moments où l’on est moins bien, voire même où on a des hallucinations ! Mais je sais que ces moment-là passent toujours…il faut les accepter, patienter, et tout repart avec bien sûr aussi des moments d’euphorie.

Ton expérience te fait-il toujours anticiper les risques de défaillance ou de blessure ? As-tu des conseils à donner aux filles qui souhaitent se lancer ?

Peu de blessures, j’ai de la chance, mais je suis aussi prudente. Pour éviter les défaillances, il faut manger peu et souvent, ça marche presque pour tout le monde !

Quel est ton plus beau souvenir sportif ?

Les France de tri en longue distance à Gérardmer qui étaient mon objectif de l’année et où tout s’est déroulé exactement comme prévu, un rêve ! Mes podiums sur la MBRace, les aventures des RIF et un coup de cœur pour le RTA très raccourci (j’attends que vous l’organisiez à nouveau !!)

Et la cueillette ? Est-ce ton principal regret en course est de ne pas pouvoir s’arrêter pour ramener des champignons ou des bouquets de jonquilles à la maison ? 

Oui !! quand je pense à tous les cèpes laissés en cours de route, c’est horrible ! Bon pendant les Dentelles j’ai tout de même ramassé du thym sans que tu ne t’en aperçoives !

  


 
Nelly DEJOURS
La raideuse ardéchoise, du team Raidlink's, a répondu aux questions de son compagnon et co-équipier Alex.
  
Qui es-tu?

Nelly Dejours, ardéchoise de souche, licenciée au club raidlink's 07 (je fais partie de l'équipe raidlink's 100% filles). Je suis professeur des écoles et maman de 2 enfants. Je vis au coeur de l'Ardèche, entre monts et vallées, dans une forêt au départ des chemins et à quelques minutes de l'Eyrieux sur laquelle j'ai donné mes premiers coups de pagaie. Spécialiste d'eau vive, cela fait maintenant presque 15 ans que j'ai quitté les bassins de slalom et me suis recyclée dans le raid. Les terres ardéchoises sont un terrain de jeux idéal pour le VTT et la course à pied. 

Pourquoi le format aventure ?

J'ai couru seulement 2 raids aventure (RIF en 2014 avec Raphael Leloup, Alex Pons et Guillaume Sarti et le raid Tierra Viva au Chili il y a 4 semaines avec Denis Merlin, Gaëtan Janssens et Alex Pons). A chaque fois c'est l'envie de vivre des moments exceptionnels qui rendent ma vie extraordinaire qui m'a poussée à m'engager.

Mais cette question je me la suis posée une multitude de fois durant le raid Tierra viva, le sens de tout ça... surtout quand tu viens de tourner 8h sur une balise que tu dois enchaîner avec 100 bornes de vtt sur piste, que la météo est pourrie et qu'il te reste deux tiers de la course à faire.... Quand tu reviens et qu'on te demande "c'était bien?", je ne sais jamais que répondre, c'est indescriptible tant les états physiques et émotionnels oscillent. J'ai juré que plus jamais et pourtant il ne m'a fallu pas plus de deux jours pour me dire qu'il y en aurait d'autres.... cette parenthèse dans la vie, la découverte d'un pays de l'intérieur, les moments insolites partagés avec ses coéquipiers, la sensation parfois de toute puissance, tout cela dépasse largement les moments plus difficiles que l'on racontera cent fois en se marrant une fois la course terminée.

Au Chili les sections étaient très longues entre 15 et 24 heures, à quoi pensais-tu durant tout ce temps ?

Plus j'avançais dans la course et moins mon esprit arrivait à fixer une pensée.  Quand ça n'allait pas je gérais les douleurs, râlais en cachette et pour me remotiver je pensais au caractère exeptionnel de ce que je vivais, à  tous ceux qui aimeraient être à ma place, à tout ce qu'il avait fallu mettre en oeuvre pour être là. Quand ça allait je chassais l'idée que le dur allait revenir, je profitais des bonnes sensations. Il a fallu aussi gérer le froid, avancer suffisamment vite pour garder une température corporelle acceptable et ça ça m'a aussi occupé pas mal la tête. C'est fou comme les préoccupations redeviennent primaires dans ces épreuves.

Quelle préparation ?

J'ai deux enfants en maternelle et suis passionnée par mon travail, l'entraînement est loin d'être quotidien, je m'entraîne par bloc et privilégie le qualitatif au quantitatif. Je préfère largement les sorties entre copains aux sorties en solitaire. Il y  pas mal d'années maintenant, lors d'un stage d'entraînement kayak, Gilles Zok nous a montré un film du raid gauloise et franchement ça m'avait paru inhumain. Mais aujourd'hui j'explique autour de moi que le corps est une sacrée machine qui peut bien plus que l'on ne pense, la tête reste la ressource essentielle.

Comment as-tu géré la nourriture, le repos durant la course?

Je mange varié pour ne pas avoir de lassitude et être écoeurée et quand j'en ai envie car manger c'est bon pour le moral. Out les barres énergétiques ou autres poudre dans l'eau (sauf pour donner un peu de goût car au bout d'un moment t'en peux plus du micropur). Pour le repos je suis pour dormir dès la première nuit car le manque de sommeil c'est la plus grande souffrance je trouve. Un dodo de 1h30 et tu repars comme neuf alors pourquoi s'en priver si c'est pour ramer par la suite car t'as les paupières qui tombent... Les conditions météo au Chili nous ont forcés à nous arrêter plus que prévu, nous n'avons donc jamais été en manque de sommeil sauf sur la dernière section de VTT où nous avons enchainé 60km de treck et 100 bornes de VTT de nuit sans repos. A part Gaëtan, on était tous flingués, 20 bornes de descente à VTT sur piste et sous la pluie en chantant à tue-tête pour ne pas sombrer, des embardées tous les 100 mètres, n'importe quoi !!!!!

Selon toi dans quel état d'esprit faut-il aborder la course pour terminer ?

Chacun sa manière, la mienne n'est pas sur le mode compétitif. Faire sa course sans se soucier trop des autres, prendre les sections les unes après les autres, prendre soin de l'équipe et de soi, donner le meilleur pour ne rien regretter et après tout ça si le classement est bon ce n'est que la cerise sur le gâteau. J'étais déjà dans cet état d'esprit en kayak, la compétition contre les autres n'est pas un élément fort de motivation pour moi mais la compétition contre moi-même si... 

Quelles contraintes logistiques?

1. Faire garder les enfants... Pas facile de partir en couple 15 jours... merci la famille!
2. Organiser l'absence au travail mais avant il faut avoir l'autorisation de partir.... merci l'Inspection Académique.
3. Trouver des sous.... un grand merci au département de l'Ardèche qui nous a soutenu financièrement et à tous ceux qui nous ont aidés par sponsorise me. Lorsqu'on est deux à partir le budget vacances de l'année est bien entamé...
4. Et puis tout le reste... commande matos, billets d'avion, hôtel, transfert.... quand on pose ses fesses dans l'avion on se sent plus léger !

L'équipe doit avoir beaucoup d'importance ?

Je ne me verrai pas partir avec une équipe que je ne connais pas du tout. Sur mes 2 ARWS j'ai couru avec des gars en or  avec qui je repartirais les yeux fermés. Alex mon conjoint en fait partie, c'est chouette de partager ça ensemble même si au niveau de l'organisation c'est bien plus compliqué. Avoir confiance en ses coéquipiers et être ok sur l'état d'esprit est essentiel. Après en course il peut y avoir des coups de gueule mais la rancune n'a pas sa place, on fait ce qu'on peut en fonction de l'état dans lequel on est. 

Cette manche ARWS est-elle comparable aux autres que tu as déjà couru ?

Je n'ai que 2 raids ARWS à mon actif mais des expériences très différentes. Au RIF tu te dis "c'est pas possible qu'ils nous fassent passer par là, 20 bornes les pieds dans l'eau à descendre et remonter un ruisseau, c'est du sadisme !!! ". Sur le Tierra Viva tu te dis "au purée 10km de route en ligne droite pour finir la section de 60 bornes de trek, c'est du sadisme !!!" Le Chili c'était bien moins fun que le RIF: VTT sur route et piste, raft sur lac (bon on a quand même réussi à surfer des creux d'1m50 tellement c'était la tempête !!!), peu de changement de disciplines et des sections longues, très longues... mais c'était au Chili et question dépaysement on a été servi. Une véritable expédition où la course passe par moment au second plan quand les conditions météo mettent en jeu ta sécurité: pas de tracker GPS et une radio fournie par l'organisation qui ne porte qu'à quelques kilomètres, pas de portes horaires ni de rapatriements possibles, nous avons parfois dû décider de notre itinéraire en fonction des replis possibles, fait demi tour et nous réfugier chez un ermite (que l'on remercie encore !) pour échapper à une tempête de neige sur le volcan Villarica, et j'en passe..... une aventure hors norme qui marque une vie ! Objectif atteint !!!!
 
   

 
Claire LAGACHE GROSSOEUVRE

La raideuse du Team DSN 74, suite à sa participation à la Patagonia Expedition Race, a répondu aux questions de son co-équipier et néanmoins mari, Wilfrid GROSSOEUVRE !

Pourquoi participer à la Patagonia Expedition Race ?

Ce fut d’abord une opportunité car une équipe recherchait une féminine. Je connaissais déjà un peu le terrain pour y être passée lors de notre tour du monde il y a 6 ans. Nous avions d’ailleurs évoqué de revenir pour participer à cette épreuve mais sans prendre réellement RDV !

La réputation de cette course, son caractère sauvage, au bout du monde et son long format (10j) m’ont séduit. 

Est ce une épreuve à la hauteur de sa réputation ?

La PER a  une réputation d’épreuve très dure, très sauvage et engagée. D’ailleurs elle porte le nom expédition plutôt que raid. Le climat fait déjà beaucoup : il est rude et ajoute une certaine difficulté (c’est d’ailleurs cela qui nous a fait arrêter…). L’engagement est total, et les équipes sont seules responsables de leur progression. Ca fait peut être sourire mais quand il faut décider d’abandonner à cause de la météo et du risque encouru, c’est toujours une décision difficile, mais en aucun cas l’organisation ne prendra cette décision pour nous. J’aime ce concept.

Côté sauvage, ne pas croiser un chemin sur plusieurs jours de trek, je n’avais jamais vécu cela. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus marqué, et qui nécessite de savoir tirer un azimut !! 

Comment s'est constituée ton équipe ?

Comme je le disais précédemment, une équipe cherchait une féminine. Je les ai donc rejoint, mais quelques mois avant de partir, il y a eu une défection pour raison de santé. C’est tout naturellement que nous t’avons proposé, toi Wil, de nous rejoindre… Même s’il a fallu changer les plans logistiques pour garder nos enfants !

As-tu vécu des moments forts pendant ces 7 jours de course ?

Bien sûr comme dans tous les raids : des moments de plaisir, et de déplaisir, de doute, de douleur, mais aussi de bonheur. Partager cette épreuve avec son conjoint était vraiment sympa. De plus il y avait une super ambiance entre les bénévoles qui transpirait pendant  la course : un réel plaisir d’arriver aux CP, de les croiser, d’échanger tout comme avec les journalistes de Sleepmonster !

Quels échanges avez vous eu avec les autres équipes ? 

Nous avons croisé quelques équipes au court de la course mais les échanges ont souvent été brefs. Par contre nous avons pu échanger après la course, notamment avec les finishers car nous furent la seule équipe à rester pour assister à l’arrivée. Une belle atmosphère régnait entre les équipes, qui ne courent que pour la gloire car il n’y a rien à gagner.

Comment as-tu ressenti et vécu ta fin de course ?

Je suis déçue de ne pas avoir fait la partie kayak tant attendue et le trek sur glacier, mais je suis en accord avec moi-même. La nature ne voulait pas nous laisser passer, malgré notre attente de 24h pour essayer d’avoir une fenêtre météo plus favorable. La décision était la bonne même si la plus belle partie du raid restait encore à venir. Nous avions l’objectif de finir. Le renoncement fait partie de nos activités. Je me satisfais donc de ces 7 jours de course, et garde en mémoire les beaux paysages que nous avons pu traverser. 

Ce sentiment n’a pas été partagé par tous les membres de l’équipe qui ont subi une grande frustration, qui s’est traduit par du reproche et a mis de la distance entre nous.

D'autres envies après une telle expérience ?

… ce raid m’a remis le « pied à l’étrier » car je n’avais pas couru depuis le RIF 2011...(entre temps j’ai materné !), mais je m’étais dit que c’était le dernier (sourire)…

Des conseils pour tous ceux qui voudraient y participer ?

Ce format de 10j de course et l’environnement sont fabuleux. Par contre je n’ai vraiment pas aimé les 3 premiers jours qui étaient seulement une prouesse physique sans le bel environnement nature que je recherche en raid…  Je pense que ce type de course assez unique en son genre vaut le coup d’être vécue, alors, oui j’encourage toute équipe à y participer.

Comme conseils, je pense qu’il est important de garder sa lucidité pour prendre les bonnes décisions. Ne pas faire d’impasses sur le matériel contre le vent, la pluie, le froid, et serrer les dents en se disant que le plus beau reste à venir (beauté crescendo au fur et à mesure de son avancée dans la course!!)

2017, 2018, tu re-signes pour franchir la ligne d'arrivée ?

Je n’y ai pas encore réfléchi !!  

 

 

 
Fanny GERBE
La jeune raideuse du team Arverne Outdoor, qui a fait son 1er raid long sur le Raid in France 2015, est interviewée par son capitaine Stéphane Dumortier
 
D'où viens tu ? que fais tu ? 
Originaire de Normandie où j'ai fait mes études de médecine, je suis arrivée à Clermont Ferrand il y a deux ans pour l'internat. Je suis actuellement interne de Médecine Générale. 
 
Du raid pourquoi ? 
C'est le meilleur sport pour se dépasser, donner le meilleur de soi est encore plus motivant quand c'est pour les autres. L'équipe est vraiment ce qui fait la différence avec les autres sports d'endurance. L'orientation donne un goût d'aventure à chaque compétition.
 
La place du raid dans ton quotidien ?
Très présente. Ça demande pas mal d'organisation pour concilier le travail, les entraînements. Mais les raids me font rêver et sont un objectif très motivant.
 
Courir entre filles ou en mixte et pourquoi ?
Courir entre filles car quand on a des coéquipières avec qui on s’entend vraiment bien, il peut y avoir une complicité importante. On s'entraide pour orienter donc on choisit la gestion du raid.
Courir en mixte car c'est le format des courses internationales. Le niveau physique est plus élevé qu'entre filles. Et parce que j'ai la chance d'avoir de super coéquipiers !
 
Gros programme en raid long pour toi cette année (Afrique du sud et Raid in France) avec seulement un RIF d'expérience, tes doutes, tes attentes ?
J’ai des doutes quant au rythme qui sera plus soutenu que pour mon unique expérience de raid long. Vais-je répondre aux attentes de mes coéquipiers, serai-je à la hauteur ? Le risque d'avoir un problème physique existe, on peut se blesser, avoir n’importe quel trouble fonctionnel handicapant. Un peu de stress à l’idée qu’on pourrait ne pas prendre le départ ou devoir abandonner en plein raid, ce qui engendrerait une déception énorme. Mais ça je ne m'autorise pas trop à y penser. 
Mes attentes : Vivre une très belle aventure à la fois sportive et humaine. Je sais que j'en reviendrai avec des étoiles plein les yeux et la tête remplie de souvenirs. Je pense que notre équipe sera soudée et qu'il n'y aura pas de tension entre nous pendant l'épreuve. J'espère qu'on reviendra plus fort de cette expérience. 
 
Un point fort et un point faible chez toi en raid court ? en raid long ?
On va commencer par les points faibles :
En raid court : l'organisation, la vitesse. 
En raid long : l’organisation ! Il va falloir que je révise les transitions, il y a encore du travail à faire.
Mon point fort : la bonne humeur et la volonté. 

Si tu étais capitaine d'équipe sur un raid ARWS comment gérerais tu ton équipe ? 
Drôle de question car chez Arverne je pense que la question ne se pose pas. Je répartirai les rôles. Si possible un orienteur à pied, un à vélo pour qu'ils se reposent à tour de rôle. C'est le rôle le plus important, il est le maître du jeu. Une personne qui lit le road book et doit rappeler le matériel obligatoire que chacun doit emmener à chaque transition. Je pense qu'il faut éviter de tracter, ou seulement en dernier recours, le plus tard possible car je ne suis pas sûre que le rendement soit très bon. Il faut donc adopter un rythme que les 4 membres de l'équipe puissent tenir. Le plus costaud porte le plus lourd (le réchaud, la tente...) pour épargner l'orienteur et la féminine. La pharmacie doit être gérée par celui qui s'y connaît le plus et cette personne doit gérer au mieux les bobos, surtout bien s'occuper des pieds ! En ce qui concerne le sommeil, je pense qu’il faut en discuter à quatre avant le raid pour que tous soient d’accord sur la gestion du manque de sommeil. Cela dépend aussi de l’épreuve, s’il y a des pauses obligatoires ou non. La stratégie de sommeil est à adapter en fonction du déroulement du raid.
 
Si tu devais organiser un raid ? 
Je ferai un petit raid près de chez moi, l'été, dans les coins que je connais. Avec une partie trail assez engagée, sur une belle ligne de crête si possible, du VTT technique. Ce serait sympa d'ajouter une épreuve de spéléologie ou de canyon. Il faudrait que ça reste accessible à tous. Côté orientation j'aimerai bien qu'il y ait différents type de carte (IOF, IGN) et différents types d'orientations (road book, fléché allemand). Une CO en répartition pour faire participer tout le monde. Pourquoi pas des énigmes mathématiques à résoudre pour calculer l'azimut et la distance permettant de rejoindre les balises. Sur un petit raid ouvert à tous, il faut que ce soit ludique pour que les gens s'amusent. C’est aussi l’occasion d’informer les concurrents sur la fragilité de l'environnement et leur donner des consignes pour le respecter.
(Ma vraie réponse : je ne me pose pas la question puisque je sais que je n’aurai jamais le temps de faire ça !)
 
Un ou des raids qui te font briller les yeux et pourquoi ?
Les raids gauloises et Transmassif pour leur côté mythique. Ces raids sont des ancêtres des raids et je crois que j'aurai adoré connaitre cette époque. 
Le gévaudathlon, pacque que l’ambiance est géniale et que le parcours est magnifique.
Tous les raids de façon générale
 
Question subsidiaire: sur un raid es tu plutôt kleenex ou mousse ? 
Pas de kleenex dans la nature. Les feuilles des arbres font bien souvent l'affaire

La conclusion du capitaine: Attend que je sois à la retraite avant d'organiser un raid parce que les énigmes mathématiques ça ne me vend pas du rêve ! Ton point faible en raid court c'est la vitesse ? ha bon, pourquoi j'ai les jambes qui brûlent les premiers kilomètres alors ? Vivement l'Afrique du sud qu'on teste tout ça ... 
 
   
 
Sandrine BERANGER
J'ai été ravi de partager cette aventure avec toi et l'équipe, peux-tu nous en dire un peu plus sur ce qui t'as amené à faire des Raids Multisports ?
J'ai découvert le raid multisports il y a 10 ans, en faisant la connaissance de Den's (sur un terrain de squash) et j'ai très vite adoré!
 
On se connaît depuis plusieurs années mais c'était notre premier raid ensemble comment abordes tu une telle aventure avec de nouveaux coéquipiers ?
Je n'étais pas du tout inquiète, d'une part parce qu'on avait toujours eu un bon feeling sur les différents raids où on s'était croisé, et d'autre part parce que je partais avec Seb que je connais très bien et avec qui j'ai fait pas mal de courses... Il m'avait dit que tu n'avais peut-être pas très bon caractère (sic!) mais j'ai rien vu du tout et je t'ai trouvé au contraire très zen!!!
 
Qu'est ce qui te pousse à t'entraîner ?
Tout simplement j'aime gambader à pied ou à VTT... c'est un plaisir pour moi... Après, le vrai entraînement genre fractionné / séance qualitative, ou sortie par grande pluie/froid j'ai plus de mal à en faire, et c'est là où c'est bien d'avoir un objectif de course pour se motiver ... J'ai besoin de rêver à des courses ou des événements, dans la vie en général...
 
Seb m'avait prévenu de ta forme du moment et j'ai été très surpris par ta compétitivité, qu'est-ce qui te permet de revenir au top niveau après tes heureux événements ?
J'ai la grande chance d'avoir de très bonnes qualités physiques qui font que j'ai repris assez vite l'entraînement après mes 2 accouchements, et que le niveau est vite revenu... Le plus dur pour moi c'est de lâcher mes filles, je me suis découverte maman poule! Après une fois que je suis en course, je suis à 100% dedans, surtout une course comme le RIF
 
Tu as déjà remporté de nombreuses courses, cette victoire au RIF 2015 avait-elle une saveur particulière ?
C'était une belle leçon de raid façon aventure, puisqu'on a frôlé l'abandon avec la blessure de Colo... La victoire parait donc un peu dingue, et surtout d'une grande moralité : elle récompense notre belle entente d'équipe et notre capacité à garder le moral et le cap jusqu'au bout. On doit aussi beaucoup à Seb si solide dans l'orientation mais aussi dans sa capacité à booster l'équipe et à la gérer au mieux en fonction des atouts de chacun selon les moments. Je me suis particulièrement régalée sur ce raid, parce que c'est vrai que dès le départ je me suis sentie super bien physiquement (voire un peu frustrée par moment !), ce qui est très confortable pour le moral et pour le physique. Bon j'avoue quand même qu'il y a 1 moment que je n'ai pas du tout apprécié : c'est lorsque je me suis retrouvée de nuit coincée sous le kayak (par ta faute d'ailleurs !!!) dans ce fameux rapide... Je me souviendrai toujours de ton regard lorsque j'ai enfin refait surface... J'étais étonnée de te voir là et soulagée, je me suis dit que tu allais m'aider (me sauver)...
 
Quel est ton meilleur souvenir de raid ?
Difficile de ne retenir qu'un seul souvenir! Tous les raids non stop sont tellement riches en émotion! J'ai bien sûr adoré tous les RIF , mais aussi l'Espagne, le Brésil, la Croatie...
 
Que penses-tu du manque de reconnaissance actuelle en France du Raid Multisports ?
C'est bien dommage, et j'en suis encore plus frappée depuis 2-3 ans, que le trail connaît un essor fantastique alors qu'il ne parait pas si éloigné que cela du raid multisports... Mais pour en avoir discuté quelquefois avec des traileurs / journalistes, le raid multisports ne les intéresse pas du tout. Il faudrait sans doute qu'un Kilian Jornet fasse un RIF ou une coupe du monde pour que le monde des traileurs (qui pourrait être a priori la cible des potentiels raideurs) s'intéresse et se projette.
 
Penses-tu que les formats non-stop soient adaptés pour un circuit championnat du monde ?
J'adore le format non-stop façon aventure auto-gestion...
 
    
 
Stéphanie BLOCKX
Nous l'avons croisée cette année sur le challenge et des étapes du circuits ARWS et ARES : rencontre avec Stéphanie Blockx.

Petite présentation de Julien Rannou son coéquipier du TEAM TRAID.FR avec qui elle a participé au Raid Aran en juillet. Stef : c'est le genre de nana que tu appelles 3 semaines avant l'épreuve quand tu as perdu ta féminine sur blessure et qui te répond dans la journée : "banco mais est ce que vous seriez d'accord les gars pour qu'on soit 4 à tenir la carte  c'est pas que je ne fais pas confiance mais j'aime bien choisir par où on passe". ok le ton est donné. Cette fille :  belge de son état où plutôt liégeoise est avant tout une sacrée raideuse : très complète, elle roule fort, adore les passages techniques et engagés, tient la carte comme jamais et te trouve des sentiers bien cachés que le traceur avait choisi. Avec ses dreads qui dépassent du casque et son air tranquille, elle a réalisé une saison très complète, sans se prendre la tête et en vivant les aventures à fond....

Tu arrives de Belgique: quelle est la place du raid multisports dans ce pays ?

Le raid multisports existe depuis longtemps en Belgique, surtout dans la région liégeoise. On a eu des pionniers qui ont participé au Raid Gauloise depuis le début. Depuis plusieurs décennies, des gens un peu fous issus du kayak, de la course d'orientation, du vtt, du monde de la montagne ou des prémices des courses longues distances et du trail se sont regroupés pour organiser des événements hors sentier battus où la troisième mi-temps était aussi importante que le reste.
Mais peu de clubs ou d'associations spécifiques se sont créés. Les raids sont souvent organisés par des groupes informels de potes et c'est difficile de durer dans le temps. Actuellement, il reste peu de raid multi sur carte, au contraire des parcours kayak/vtt/trail balisés qui se multiplient. Mais quand ils sont organisés, ils valent vraiment le déplacement (Baba Raid, Raid di Toré, Raid In Célestie, Challenge des saisons ...).

Tu as eu une année chargée  en terme de course : challenge national, RIF, Finale européenne en Irlande; Raid Aran en Espagne: comment organises tu ta pratique du multisports avec ton activité professionnelle?

Je suis médecin généraliste mais j'ai choisi de travailler en Maison Médicale. En plus de plein d'autres avantages (travail multidisciplinaire, accessibilité pour tous, autogestion...), j'ai choisi le statut de travailleur salarié. Ça me permet de relativement "contrôler" le temps que je passe au travail ou en garde. Et quand ma journée est finie, je cherche à voir mes potes...et, par hasard, il se fait que les rdv tournent très très souvent autour d'une petite sortie sportivo-bibitive. Le plus souvent, je cours en semaine et on roule le we, mais le contraire arrive aussi. Pas grand chose n'est programmé, je fonctionne à l'envie et au plaisir. Chaque semaine il y a de plein de possibilités de sortie "off" ou plus organisées et je suis très opportuniste pour le coup. En plus, je n'aime pas choisir, donc parfois j'enchaine plusieurs rdv. Bon, ça manque un peu de kayak quand même.

Revenons un peu sur l'été qui vient de s'achever : quels souvenirs gardes tu de ton expérience de course avec 3 novices comme nous sur un non stop au raid Aran? du RIF et de l'Irlande avec ton équipe Oufti?

Jusque là, je n'avais pas trop envisagé de partir avec des équipiers inconnus parce ce que je ne tenais pas à me retrouver en difficulté avec des gens qui ne se font pas confiance un minimum. Mais avec l'expérience, je connais mieux mes limites et mes capacités, et la perspective d'une belle balade dans le Val d'Aran en valait la chandelle. Les premiers contacts au téléphone ont fini de me convaincre: le feeling était bon et il n'a fait que s'améliorer une fois l'aventure commencée!

Cette notion de "novices" est très relative: vous n'aviez pas l'expérience de course "non-stop" mais 2 de nos coéquipiers pour l’Irlande n'avait pratiquement jamais fais de multi...et moi j'avais juste 3-4 expériences de ce type, autant dire qu'on est tous en phase d'apprentissage!
Ce que j'aime en raid c'est ce principe d'essayer de trouver des solutions, quoiqu'il arrive, heure après heure et d'avancer. C'est d'autant plus jouissif quand la complicité qui s'installe dans l'équipe permet d'être de plus en plus efficace dans cette résolution des défis qui se présentent à nous. La complicité pour moi, c'est notamment de veiller l'un sur l'autre et de partager des émotions. Ça n’empêche pas les coups de gueule bien sur, mais ils doivent être vite oubliés ;)
Ça a été un vrai plaisir en Espagne de voir naitre cela dans une équipe qui ne se connaissait pas.
C'est très excitant de sentir se développer cela au RIF dans une équipe qui a, j'espère, de beau jour devant elle!
 
Peux tu nous préciser ton rôle au sein de ton équipe de raid ? et ta vision de la féminine en course ? 
 
Stéphanie: Le but est que chacun s'amuse, apporte ses compétences et se sente en confiance. Je me débrouille pas trop mal un peu partout mais comme une vraie fille, j'ai besoin qu'on m'aide pour passer par dessus les barbelés et j'ai peur des chiens comme jamais. J'aime vraiment avoir la carte en main, ça me rend les choses plus ludiques, je peux orienter des heures sans me lasser et en ne sentant pas le temps et les km s'écouler. Sur un raid long, ça m'aide beaucoup à ne pas me retrouver dans le rôle du boulet ;) . Spécialement à vélo, ça s'est souvent bien passé c'est dernier temps. Ça rend presque euphorique quand les balises s’enchaînent bien. Plus question de fille ou de garçon, chacun prend le rôle qui lui convient le mieux et qui met l'équipe en confiance. Ce n'est pas forcément figé mais c'est gai de se retrouver dans une groupe où chacun trouve sa place naturellement.
 
Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ? 
 
On a vraiment bien apprécié le RIF avec cette nouvelle équipe et on a envie tous les 4 de remettre le couvert en 2016. Avec un peu plus d'expérience ensemble et de préparation, progresser et voir jusqu'où on peut aller, se frotter un peu au peloton de tête de temps en temps....
Il y a plein de belles courses pour se faire plaisir, il va falloir choisir!
Et puis organiser un raid un peu sympa en automne 2016 dans la région Liégeoise! 
 
Et pour finir : tu penses à quoi à la fin d'une épreuve d'une journée ou de 150 heures...?
 
Stéphanie : Heu ben, à aller faire dodo ?
Enfin... ça c'est après avoir partagé la fête, refait le monde et rêvé la suite jusqu'à ce qu'il n'y ai vraiment plus rien à boire au bar!
 
 
     
 
Pauline Carré

Pauline Carré, elle vient de gagner pour la seconde année consécutive le titre à la Finale Nationale des Raids en mixte et au scratch en 2015. Elle est interviewée par Olivier Faure, PDG de l'Echapee bière et ancien journaliste à l'Express

« Passer la ligne d’arrivée après avoir lutté pendant des heures est une joie indescriptible »

Alors, qu’est-ce que ça fait d’être championne de France de Raid ?

Ce n’est que du positif ! Les amis, la famille, tout le monde m’a appelée pour me féliciter. Ce n’est pas pour recevoir des lauriers que je fais de la compétition, mais on ne peut pas le nier, ça fait toujours plaisir ! De plus, ça donne envie à beaucoup de s’intéresser davantage au raid, voire de se mettre à pratiquer. Car le raid reste un tout petit milieu, encore très méconnu. D’ailleurs, dans deux mois, tout le monde aura oublié notre titre !

Comment expliques-tu ce désamour ?

Je ne pense pas qu’il faille parler de désamour. Plutôt d’un manque de reconnaissance. C’est un sport récent ; la preuve, le championnat national que nous venons de remporter n’existe que depuis 5 ans. Mais il existe un projet de fusion avec la fédération française de triathlon, qui peut-être permettra de gagner en notoriété.

Comment en arrive-t-on à pratiquer le raid ?

Tout a commencé en 2009. A l’époque, je faisais du volley. Un jour, quelqu’un est venu me trouver, en quête d’une fille pour une épreuve multiple. Je ne le savais pas encore mais il s’agissait du raid EDHEC. A cette période, je courrais une fois par semaine, et je ne savais même pas à quoi ressemblait un VTT. Autant vous dire que cette première course fut un enfer… J’ai fini hors classement, les pieds en sang.

Pas beaucoup de plaisir, donc…

Si, parce que j’ai découvert tout ce qui fait le charme du raid : les paysages, l’esprit d’équipe, la souffrance  surmontée et partagée avec les coéquipiers… Et puis ça a été mes premières descentes en VTT ! Un vrai régal. Pour autant, je ne suis pas ressortie de cette expérience en me disant que j’allais poursuivre le raid. D’ailleurs, j’ai continué le volley pendant 3 saisons, et n’ai plus entendu parler du raid.

Jusqu’à ce que quelqu’un t’y replonges à nouveau…

Oui… J’avais rencontré Charles-Hubert sur ce premier raid EDHEC et il était rapidement devenu mon compagnon. Lui pratiquait le triathlon depuis très longtemps, et en 2012, il m’a proposé de retenter l’aventure du raid. Le plaisir de faire ça à deux aidant, j’ai accepté. La première année, je me suis surtout entraînée à la course à pieds. Quatre fois par semaine, environ. Le vélo, en revanche, ce n’était toujours pas ça… Jusqu’à ce que Charles-Hubert m‘offre un VTT pour mes 25 ans. Ça m’a forcé à m’y mettre. Nous réalisions déjà de bonnes performances au niveau régional, malgré mes performances moyennes en vélo. Alors, lorsque j’ai progressé dans ce secteur, ça nous a permis de voir plus haut.

Voir plus haut, cela a du impliquer un entraînement plus poussé ?

C’est sûr. Depuis 2 ans, nous suivons un vrai entraînement spécifique à la discipline, bien aidés par les conseils de notre coach Guillaume Henneman. La semaine type se résume à un footing le lundi, 1h de hometrainer le mardi, une séance de renforcement musculaire le lendemain, le jeudi, à nouveau hometrainer, un peu de fractionné le vendredi, et 2 heures de vélo le samedi et le dimanche.

Et le boulot dans tout ça ?

J’avoue que la cohabitation n’est pas toujours facile. Entre octobre et juin de cette année, par exemple, on m’a donné davantage de responsabilité dans l’étude notariale où je travaille. Je partais à 7h le matin, pour rentrer vers 19h. Après seulement, je me mettais à l’entraînement. Heureusement, mon employeur comprend que le raid fait partie intégrante de mon équilibre. Il est aussi conscient que les valeurs du raid – travail, effort, dépassement de soi – sont autant de qualités sur lesquelles il peut compter quand je suis au bureau.

Et pour le reste : amis, sorties… ?

Heureusement que je partage ma vie avec Charles-Hubert, qui est embarqué dans le même bateau. Sans ça, concilier le raid et la vie privée serait très difficile. Quant aux amis, ils comprennent très bien les sacrifices que cela implique. Si on boit un verre le soir, ils savent que Charles-Hubert et moi devrons rentrer vers minuit, et nous disent qu’on en profitera plus après la prochaine compét’. Mais pour autant, pas question de rogner sur l’essentiel. Nous avons été invités à 8 mariages cette année, et nous avons à chaque fois fait honneur à la fête !

Finalement, cet équilibre n’est-il pas un ingrédient clé de votre succès ?

C’est certain. Un autre exemple : l’apéro ! Charles-Hubert et moi sommes de vrais amateurs de bière. Eh bien, nous dégustons une bière quasiment tous les soirs. Même la veille de notre titre à Saint-Omer ! Parfois, on en partage une pour deux, mais on refuse de se priver de tous les petits plaisirs du quotidien. Bien sûr, je fais attention à ce que je mange. Mais c’est plus mon côté fille que mon côté raideuse ! Tout ça nous permet de ne pas vivre le raid comme une contrainte, mais comme un plaisir, et d’arriver sur chaque course avec le sourire.

Pour aller plus haut encore, serais-tu prête à mettre en péril cet équilibre ?

Dans le raid, on est au top vers 30/35 ans. J’ai donc encore 5 à 10 ans devant moi pour progresser. Cela passera sans doute par un entraînement plus complet encore, et je suis prête à m’y astreindre. D’autant qu’on ne voit pas l’entraînement comme une contrainte. Mais je veillerai toujours à respecter cet équilibre entre le travail, la vie sociale et les petits plaisirs du quotidien.

On sent que la notion de plaisir est primordiale. Pourtant, à première vue, le raid, c’est d’abord de la souffrance physique…

Bien sûr, mais c’est justement des difficultés rencontrées que naît le plaisir. La sensation du passage de la ligne d’arrivée, en équipe, après avoir lutté pendant des heures, est indescriptible. Il faut l’avoir vécue pour comprendre la joie éprouvée.

 

Exergue : « Ma première course, je l’ai finie hors classement, les pieds en sang »

 

« Même la veille de notre titre à Saint-Omer, on buvait une petite bière ! »

  

  

 
Sophie BERRIER

Sophie BERRIER, jeune raideuse de 17 ans, elle passe en classe de terminale au lycée Arbez Carme de Bellignat dans l’Ain. Elle est double championne de France UNSS de raid multisports lycée et fait partie du groupe France Jeune de la FRMN. Elle est interviewée par son professeur, qui n'est autre que Vincent Faillard.

Peux-tu nous expliquer comment tu es venue au raid multisports (ton parcours sportif) et ce qui te plait dans ce sport ?

J'ai tout d'abord commencé par faire l'Association Sportive du collège de Pont d'Ain dans l’Ain en 6ème. Au début j'y étais juste pour occuper mon mercredi après-midi et pour me dépenser (je débordais et je déborde toujours d’énergie…). J'ai ensuite continué les 3 années suivantes.

Cette AS était juste une AS pour moi jusqu'à ce que lorsque je suis passée en 3ème un super professeur d’EPS est arrivée : Cathy Ardito (qui a une grande expérience en raid avec des course un peu partout sur terre).

Au moment où elle est arrivée, tout a changé. Elle a cru en nous et nous a fait découvrir plein de nouveaux sports et surtout le raid en lui-même. Elle nous a donc emmené aux académiques de raid puis au France de raid. Je dois vraiment dire que c'est grâce à Cathy que j'ai commencé à apprécier le raid! 

Cathy nous a appris la technique, la puissance... Mais surtout l'esprit d'équipe et la solidarité ! Ce que je préfère dans le raid multisports c'est l'aventure à plusieurs (tous soudés comme les doigts d'une main) mais aussi l’enchaînement des différents sports. J'adore la variété des sports!

Maintenant je suis en section sportive Activités de Pleine Nature au Lycée Arbez Carme tenue par Vincent Faillard. Il nous transmet sa passion pour le sport et spécifiquement le raid et nous fait partager son expérience. 

Comment t’entraines tu ? Quelles sont tes disciplines favorites et celles que tu détestes ? Quels sont tes points faibles à améliorer ?

Pour être sincère avant cette année de première, je m’entraînais seulement lors de la section du lycée (j'étais quelque peu FLEMMARDE). Mais cette année je me suis beaucoup entraînée avec 2 objectifs principaux :

- participer au France de raid en Guyane

- pratiquer quelques compétitions le week-end en trail ou en raid (je me débrouille pas trop mal en trail et j’aime les trails avec du dénivelé)

Pendant la période scolaire je me suis entraînée donc les lundis et mercredis après-midi avec la section et je suis allée courir les mardis et les jeudis à titre personnel. Et le samedi je vais généralement faire du vtt pendant 2 bonnes heures.

Ce que j'aime le plus, c'est courir dans des terrains variés. Il n'y a rien que je déteste réellement ! 

Mes points faibles sont en VTT et en CO. Il faut que je prenne du muscle et il faut que j'arrive à me concentrer pour pouvoir orienter (comme Vincent me le dit souvent…).

Pour toi, quelles sont les qualités à avoir pour une fille au sein d’une équipe de gars ?

Il faut que la fille accepte de se faire aider par son équipe et qu'elle ait du mental car forcément pour elle ce sera plus difficile.

Quel meilleur souvenir (ou anecdote) gardes tu de tes championnats de France UNSS en Guyane en mars 2015 ?

Je n’ai pas de meilleur souvenir car ils sont tous aussi super les uns que les autres! 

Pour commencer j'ai vraiment énormément rigolé avec mon équipe ! Ensuite j'ai fait de très belles rencontres, les organisateurs étaient super et les paysages magnifiques!! 

Et surtout le parcours du raid était parfait, il nous a fait découvrir la Guyane!! 

J'ai adoré cette expérience et je ne pense pas être la seule!! 

Si tu devais convaincre une fille de faire du raid plutôt qu’un autre sport, que lui dirais-tu ?

Je lui dirais que le raid est avant tout un sport d'équipe et qu'il n'y a rien de mieux que de partager son aventure avec quelqu'un. Je dirais aussi que le raid nous pousse au-delà de nos limites et il permet de découvrir les limites de notre corps et pour terminer je lui dirais que c'est un moyen de découvrir de nouvelles choses (sports, paysages, personnes..)

Tu as participé au stage groupe France jeune début juillet, comment as-tu trouvé le niveau général ?

Le niveau de ce stage était très impressionnant, ils étaient vraiment tous très forts! Et j'ai adoré partager ce stage d'entrainement avec eux. 

Enfin, as-tu une course ou une expédition sportive à laquelle tu rêverais de participer à plus ou moins long terme ?

Je rêve de faire la coupe du monde de raid et de voir ma capacité à tenir durant des jours et des jours de courses sans répits!

Je rêve également de faire partie d’un team de trail pour pouvoir découvrir plein de nouvelles choses, pour pouvoir voyager dans le monde entier et participer à des épreuves toutes plus dures les unes que les autres dans un contexte international… 

Re-enfin, comment vas tu t’organiser pour assurer en classe de TS et aussi à la section et ce dès la rentrée...!

Jusqu'à aujourd'hui je n'ai pas vraiment assuré niveau cours mais maintenant que je sais où je voudrais aller après le bac je vais bosser et je vais faire en sorte d'associer sports et cours ensemble!! 

Re-re-enfin, peux-tu expliquer à la France entière comment tu gères ton alimentation de sportive de haut niveau?

Je vais vous dire pour commencer de ne surtout pas suivre mon alimentation sportive!!!

J'ai gardé la même alimentation qu'avant soit toute sorte de nourriture ainsi que des gâteaux 

Cependant j'essaye de manger équilibré : 1 fruit 1 légume 1 viande à chaque repas et lorsque j'ai faim j'essaye de me contenter d'un fruit !

  

 

 
LES PETITES SUISSES NORMANDES 100% NATURE

Retrouvons celles qui sont actuellement en tête du Challenge national des raids, les Petites Suisses Normandes, Sophie Boutbal, Hélène Adam et Esthel Lemercier, interviewées par Arnaud Huet

Bonjour les filles, un p’tit mot pour nous expliquer comment s’est montée votre équipe et depuis quand ?

Le hasard : un dimanche en Normandie  en 2010 … la blessure et donc le remplacement d'une coéquipière pour dépanner … et nous voilà réunies pour notre première aventure ensemble ! On est collègues profs d'EPS dans la même petite ville alors après on décide de ne plus se séparer et on embarque petit à petit toutes les copines sportives dans nos épopées !

Quels sont vos différents parcours sportifs avant de faire du raid ?                                          

Toutes les 3 sports-co au départ : Esthel  joue au Volley, en nationale de nombreuses années, Sophie et Hélène en handball, mais pas dans la même équipe. Sophie en sport étude dès 15 ans joue longtemps en nationale en Basse-Normandie, Hélène aussi mais en Haute-Normandie dès la fac ! Evidemment on fait toutes STAPS donc on passe, étudiantes, notre temps sur toutes sortes de terrains imaginables ! Et puis on vieillit ...et abandonne après trop de blessures les sports de salle pour aller courir sur les chemins ...

Comment avez-vous rejoint Les Petits Suisses Normands et pourquoi ?                                                        

Nous avions notre petite équipe de copines en mode « on connaît personne » et puis on commence à traîner de plus en plus sur les raids. La fédération nous apprend qu'on peut participer à la finale de 2012, alors on y va … et on rencontre les charmants garçons de cette équipe « de pas loin de chez nous ». Le feeling est bon, on partage les mêmes valeurs : on se dépasse, on vit un vrai moment d'effort intense mais surtout on ne se prend pas au sérieux et on se chambre en non-stop ! Ils nous proposent de rejoindre l'équipe (ils n'ont à cette époque presque aucune fille à se mettre sous la dent dans la team) ... et nous on craque (pour leur charme mais surtout pour avoir une vraie structure organisée !).

Quelles sont vos qualités ? Quels sont vos défauts ?                                                                 

Sophie, c'est simple : c'est une compétitrice , une vraie …. une grosse qualité qui devient parfois son petit défaut.           

Hélène : sa qualité, fine stratège et organisatrice, elle sait faire les bons choix, au bon moment. Son défaut ? Elle fait rarement le choix du VTT !                                                                                                 

Esthel : C'est notre petit lapin duracel. Son défaut ? N'a pas toujours confiance en ses piles !

Votre meilleur souvenir de raid ? Votre pire souvenir de raid ?                                                     

Le pire : Un raid à Lille avec des km interminables de pavés, le double de la distance annoncée en VTT et une barrière horaire qui nous empêche de faire une belle CO à la fin !                                                          

Le meilleur : ou tout du moins l'un des meilleurs. Peut-être le Raid du Bassin Minier à 3 avec assistante-remplaçante. Tout s'enchaîne à merveille, de chouettes parcours, une orga sympa, mais au 1er soir, panne mécanique (ni les jambes, ni les VTT mais l'embrayage de voiture !). C'est le mari d'Esthel qui sera notre sauveur en pleine nuit.

Quelles sont vos disciplines préférées en raid ?                                                                               

Hélène : j'aime toutes les disciplines (même si le VTT ne m'aime pas trop) , mais surtout ce que j'adore c'est l'orientation sous toutes ses formes !                                                                

Sophie : mises à part les épreuves de corde et le roller que je redoute … grrrr, je les aime toutes. J'affectionne particulièrement la VTT'O.                                                                                                  

Esthel : l'orientation aussi bien pédestre qu'à VTT !

Objectifs pour la saison 2015 ? Projets pour la suite ?                                                                 

Bien sûr, le prochain objectif de notre équipe c'est la finale du Challenge T'Raid X les 29 et 30 août dans le ch'nord.

Par la suite, en plus du Challenge National que nous aimons bien, on commence à être tentées par des raids longs … pourvu qu'il y ait un peu de dénivelé et de superbes paysages à découvrir. Une Transmarocaine pour commencer, pourquoi pas ? 

Que pensez-vous de l’obligation des formules mixte sur les raids type Coupe d’Europe ou Coupe du Monde ?

La mixité est une bonne chose. Outre le fait que cette formule oblige la reconnaissance de la place des filles dans le monde du raid, la mixité offre une autre forme de partage de la pratique sur une même épreuve. C'est la complémentarité, la solidarité, la complicité qui s'instaurent entre tous les équipiers qui est riche et fait vivre une aventure sportive et humaine hors du commun. Et puis quand on suit les filles performantes en Coupe d'Europe ou Coupe du Monde, elles nous impressionnent tant physiquement que mentalement. 


  

 


 
Anaïs VIDAL

Anaïs et son père Michel ont accepté de se prêter au jeu de l'interview, le raid dans la famille ça semble être un mode de vie !

Anaïs a 26 ans et son palmarès est déjà bien fourni !

Ton palmares: 2eme du challenge des 3C en mixte (gard) en 2009
                           Vainqueur du raid taill'aventure en mixte et en féminine 2013 et 2014
                           2eme mixte raid ABS en 2014
                           2eme féminine sur le raid de licorne en 2013
                           Finisher du trail des hospitaliers en 2011
                           Finisher APEX 2010
                           14 eme aventure aveyronnaise 2012...

Qu'est ce qui t'a amenée à pratiquer le raid ? 

J'ai commencé à l'âge de 12/ 13 ans avec des petites courses bike and run,course à pied et mini raid grâce a mon père et ma mère car eux mêmes pratiquaient déjà ses sports, je les ai donc suivisi un peu partout a l'époque dans le Limousin. Je pratiquai aussi la natation en club. 

Qu'aimes tu dans le raid ?

Beaucoup de choses. La polyvalence des épreuves, l'esprit d'équipe bien sûr,le côté aventure. C'est un sport où l'on apprend beaucoup sur soi même et les autres.

Quel est ton meilleur souvenir de course ? 

Mon premier gros raid de 4 jours non stop a l'APEX en suisse avec les copains d'issy aventure a été une très belle expérience.

Il y a aussi l'aventure aveyronnaise sur 3 jours non stop que j'ai fait en famille avec mon frère,mon père et mon copain,un très bon souvenir avec plein d'émotions.

Quelle(s) personnalité(s) de référence t'a marqué dans le milieu du raid ?

Je citerai 2 personnes Jérome Cadhillac et Patrick Lamare qui m'ont permis d'intégrer leur team afin d'évoluer sur des longs formats... merci à eux 2.

Que représente le club Taill'aventure ? 

C'est avant tout un groupe de copains avec qui je partage des entraînements et des compétitions mais aussi un travail en commun pour organiser le raid taill'aventure.

Que penses tu du raid taill'aventure ?

C'est un vrai raid technique et montagne auquel j'ai participé pratiquement à toutes les éditions en féminine et en mixte. J'ai débuté dessus avec le raid ado, c'est pour dire que le taill' c'est une histoire d'amour qui dure avec l'année dernière, la plus grande édition qui faisait partie du challenge national.

Je suis fière que mon papa soit à l'origine de ce raid.

Tes points forts ?

Je dirai la régularité dans l'effort, le mental, et la polyvalence dans les activités

Tes points faibles ?

La vitesse ( les efforts violents) et le roller. 

As tu une opinion sur l'avenir du raid ? 

Le raid réussit à évoluer grâce à la FRMN depuis quelques années mais je  ne sais que penser sur son avenir en se liant avec la fftri comme j'en entend parler en ce moment. 

Quels objectifs a court et long terme ?

A court terme, le raid PPA le 13 et 14 juin et le raid val d'aran début juillet avec le team issy absolu. 

A long terme, j'aimerai participer au RIF épreuve mythique à faire au moins une fois.

  

 

 
Caroline HENTGEN / Alexandra VETOIS

Caroline et Alexandra font partie du  Team Endurace, Patrick LAMARRE a accepté de poser quelques questions à ses co-équipières

Depuis quand pratiquez vous le raid ? par quelle épreuve avez vous commencé ou attrapé le virus ?

Alexandra : J’ai commencé le raid en juillet 2011 par l’aventure aveyronnaise. Ensuite j’ai continué sur des formats plus cool.
Caroline : Depuis 2008 ARWS Portugal, championnat du monde.

Votre passé sportif ? (sports, palmarès...)

Caroline : Triathlons; Trails ; X-terra (en groupe d'âge : championne de France et d'Europe en 2010; vice-championne de France et championne d'Europe 2013); ARWS Portugal 2008, Costa Rica 2011, Raid In France 2012 et 2014 + raids régionaux.
Alexandra : A la base je suis cavalière de CSO, mais j’ai dû arrêter car entre mes études et mon boulot il ne me restait plus beaucoup de temps. 

Raid court ou raid long ?

Alexandra : Au début je prenais beaucoup de plaisirs sur les raids courts car c’était le seul format que je connaissais, mais j’ai très vite été intéressée par le raid in France. Depuis ma première participation en 2012 à ce dernier je dirais que je suis d’avantage attirée par les raids longs de ce type que les raids courts.

Caroline :  Raid long.

Votre affinité avec la boussole ?

Caroline : On va dire que j'ai encore une grande marge de progression en ce qui concerne l'orientation !!!

Alexandra :  J’ai mis mon nez dans les cartes depuis toute petite. Au début c’était pour les petites balades à pieds dans les bois de ma commune, puis pour les grandes balades à cheval, le chemin de saint jacques de compostelle ou encore sous un autre format pour la route en voiture  mais surtout en poids lourd. Le raid m’a permis de mieux connaitre les différents détails présents sur les cartes et ainsi d’affiner ma lecture et la rendre plus rapide. Quand à la boussole, je dirais que c’est un instrument indispensable pour se replacer sur la carte, suivre un azimut ou encore mieux s’orienter sur une carte 1/50000.

Les qualités recherchées ou souhaitées chez vos équipiers ?

Alexandra : Je dirais que le plus important c’est un bon esprit d’équipe, un bon mental, et les qualités physiques nécessaires pour aller jusqu’au bout. Il est également important que l’on puisse se soutenir dans les moments difficiles car on peut tous avoir des moments de faiblesses.

Caroline : Esprit d'équipe, entraide, bonne humeur, motivation, persévérance.  

Montées ou descentes ?

Caroline : Montées.

Alexandra : Le mieux c’est l’alternance des deux car même en descente il y a des efforts à fournir que ce soit à pied ou en VTT. 

Votre pire souvenir ou l’anecdote qui vous a marqué ?

Alexandra : Il ne s’agit ni du pire souvenir ni d’une anecdote mais plutôt d’un événement sur le Raid Val d'Oise 2014. J’ai fait un vol plané en VTT et j’ai atterri sur la tête dans le champ de betteraves. Bref un KO de quelques secondes, 15 minutes de souvenirs en moins, un forfait et deux points de suture sous l’œil.

Caroline : Pas de mauvais souvenirs, les moments difficiles font partie du raid. Je ne sais plus combien de fois j'ai pu me dire (surtout la nuit avec le manque de sommeil et la fatigue) : "Mais qu'est ce que je fous là? Plus jamais!". Et puis une fois la ligne d'arrivée franchie on oublie tout et on a qu'une envie c'est repartir!!!

Votre ou vos meilleurs souvenirs ?

Caroline : En 2008 ARWS Portugal : 1er raid long pour tous les membres de l'équipe (Pat, Djé et Rémi), dur-dur mais super souvenir. En 2011 ARWS Costa Rica : super rencontre avec une autre équipe française (Céline, Seb, Joel et Cyril) avec qui on a partagé plusieurs étapes : entraide, galère, rigolade... le raid quoi ! En 2012 RIF : magnifique raid, super organisation pour les championnats du monde. 

Alexandra :Mes meilleurs souvenirs, il y en a pleins : les éditions 2012 et 2014 du raid in France et le raid edhec 2014. 

Le raid ou l’épreuve sportive qui vous fait rêver ?

Alexandra : Pour le moment j’aimerai vraiment repartir sur le raid in France ou sur d’autres grands raids comme celui-ci à l’étranger.

Caroline : En vtt, la Cape Epic en Afrique du Sud.  

Le pays dans lequel vous souhaiteriez faire un raid avant de prendre votre retraite sportive ?

Caroline : Impossible de choisir, il y en a trop!!! J'adore découvrir un pays via le raid. Cette année j'aurais aimé participer au raid "Expedition Alaska" aux USA par exemple...

Alexandra : C’est difficile de choisir un pays car notre planète est vraiment magnifique dans son intégralité mais je suis d’avantage attirée par les pays chauds que les pays froids. 

Un grigri ou un objet fétiche à emmener impérativement en raid ?

Alexandra : Je n’ai pas d’objet fétiche par contre si je n’ai pas de Buff je suis malheureuse.

Caroline : Aucun.  

26, 27,5 ou 29 pouces ?

Caroline : Sans hésiter 29 pouces. J'adore mon Specialized S-works!!

Alexandra : Pour le moment je ne connais que mon VTT orbéa 26 pouces et il me convient. Pour le 27,5 et le 29 pouces je ne peux pas juger mais je pense que si je change de VTT je partirai sur du 27,5. 

Kayak de mer ou eaux vives ?

Alexandra : Kayak d’eau vive, c’est ce qu’il y a de plus fun et de plus intéressant pour moi.

Caroline : Les 2.  

A classer par ordre de préférence: Equitation, roller, tir à l’arc, marche sur glacier, via-ferrata, canyon, spéléo, natation, rafting, stand up paddle, ski de fond, raquettes.

Caroline : J'aime tout sauf le roller!!

Alexandra : Pour le classement des activités ça va être difficile car je n’ai pas vraiment de préférence. Je vais mettre en premier l’équitation, la marche sur glacier, la via-ferrata, le canyon, la spéléo, le rafting et le roller, en deuxième le tir à l’arc et les raquettes. Pour le ski de fond et le stand up paddle je n’ai jamais testé mais il est sûr que c’est la natation qui vient en dernier. 

  

 

 
Sabrina VERJEE
Sabrina VERJEE, sujet britannique, elle court avec l'équipe AGDE RAID AVENTURE et elle a répondu aux questions de Paul Galodé en français. 
 
"Sabrina, tu cours cette année sous les couleurs d'Agde raid Aventure et tu nous viens d'Angleterre.

Comment as-rencontré Agde raid Aventure ? Comment s'est passé cette rencontre ?
J'ai rencontre Agde parce que l'année dernière, l'équipe était cherchant pour une femme pour compléter leur équipe pour le RIF. L'équipe a été très gentil avec moi. J'ai rencontre tous leurs petites amies et amis et j'ai senti que j'étais vraiment accueilli dans l'équipe. J'ai vraiment apprecié la course, c'était juste un dommage que les deux Philippe et Alain ramasses blessures.
 
Quels sont tes projets avec cette équipe ?
Nous avons forme ensemble pour deux week-ends. Week-end dernier, nous avons couru ensemble dans un court raid. Ce etait en preparation pour la veritable aventure - Tierra Viva au Chili.
 
Quand et comment as tu commencé le raid ? 
J'ai commence le raid il y a 10 ans. J'ai rencontre un homme qui voulait faire un equipe de course d'aventure en Cambridge ou j'habitais. Mon premier raid était en Ecosse, c'était 5 jours mais mis en scène. 
 
Quels sont tes pires souvenirs de raid? Quels sont tes meilleurs souvenirs ?
Les pires souvenirs de la course de l'expédition sont pour moi quand je suis tellement fatigue que je ne peux pas rester éveillée. A la fin de la course au Costa Rica l'an dernier mon équipier était criant a moi parce que je me endormais sur mon vélo. Mes meilleurs souvenirs sont des couchers de soleil et levers de soleil mai que j'ai vécu dans la nature avec mes coéquipiers.

Comment cela se passe-t-il en Angleterre? Les raids sont-ils similaires à ceux de France ?
Oui les raid sont les mêmes, mais nous n'avons pas autant. 
 
  
 
ABSOLU RAID LES BELETTES
Nouvelle Team de filles dans le monde du Raid
Sabrina MAURETTE, Marie TOMBELAINE, Hélène GARNIER, Chiara CASARI
 
Interview croisée pour les belettes avec de beaux objectifs pour 2015 !!!

Elles ont accepté de répondre à quelques questions en équipe bien entendu ! 


Pourquoi une équipe de filles ?

Sabrina : J'ai toujours fait des sports d'équipe entre filles et quand l’occasion s’est présentée de monter une équipe fille pour les raids ça m’a de suite plu. C’est un peu atypique et c’est motivant de voir qu’on n’est pas ridicule face aux garçons. Et puis surtout parce que c’est l’occasion de partager des moments forts entre copines.
 
Marie : Une équipe fille car il me semble extrêmement motivant de montrer à tous que les filles peuvent se battre au même niveau que les hommes, pas de boucle en moins ou de km en moins, on est tous dans le même panier :) Ensuite tout simplement pour la cohésion, 4 filles c'est un groupe de copines, nous allons vivre des moments difficiles et aussi des moments de joie nous avons intérêt à rester souder !

Chiara : Oui c’est assez nouveau pour moi, été 2014 ! Avant j’avais fait juste deux raids avec l’école à Toulouse car il y  avait la possibilité de louer un VTT : raid INSA et raid ISAE. En juillet j’ai acheté mon premier VTT et depuis je m’y suis mise. En octobre j’ai commencé les entraînements avec ABSOLU RAID et c’est que du bonheur toutes les semaines !!!!

Hélène : Plutôt oui, j'ai couru mon premier raid il y a 3 ans. J'ai tout de suite accroché : l'esprit d'équipe, le dépassement de soi, de nouveaux paysages à découvrir à chaque course... que du bonheur ! Maintenant, j'en suis à plus de 10 raids par an, de 1 à 2 jours. Je souhaite aller plus loin et m'essayer sur de la longue distance, avec notre super équipe de belettes !
 
Comment s’est constituée la Team ?

Sabrina : L'équipe est née d'une amitié et d'une passion des sports de pleine nature.
Avec Marie on faisait partie de la même équipe de water-polo et toutes les 2 nous étions déjà attirées par les raids multisports. Du coup, un jour on a tenté le raid ensemble !
 
Marie : Jackpot! Au fur et à mesure nous avons augmenté la difficulté et nous nous sommes engagées sur des raids beaucoup plus long avec assistance.C'est alors que Chiara est apparue, toujours via la natation, elle aussi passionnée de raid, puis Hélène a commencé à se rapprocher de nous (elle appartenait à l'époque à un autre team) la suite... c'est tout simplement que le team s'est monté, avec le raid ARAN en ligne de mire :)

Le raid c’est nouveau pour vous ?

Sabrina : Non pas vraiment, j'ai fait mon premier raid quand j'étais étudiante et j’avais adoré. Et puis je n’ai pas eu l’occasion d’en faire d’autre jusqu’à ce que je rencontre Marie.
 
Marie : Non, j'ai commencé à faire mes premiers raids à l'âge de 16 ans, avec mon papa et depuis je n'ai jamais arrêté

Quelles sont vos activités de bases ?

Sabrina : J’ai débuté par de la natation synchronisée au niveau national, puis j’ai fait beaucoup de water-polo dont 2 ans en National 1. Essentiellement des sports d’équipe et qui demandent une bonne condition physique.

Chiara : A la base je suis dans une équipe de natation et je fais quelques footing le midi avec des collègues.

Hélène : Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été fan de sport ! J'ai aussi toujours été très changeante dans mes activités: athlétisme, natation, arts martiaux, sports co, vtt... J'aime varier les plaisirs ! C'est aussi ce qui m'a tout de suite attirée dans le raid multisports : il faut être polyvalent !

Votre saison 2015 est déjà planifiée ?

Jusqu’à présent on ne faisait que des raids à la journée et quelques uns sur 2 jours. L’an dernier, une partie de l'équipe a fait le Corsica Raid et depuis ça nous a données envie de faire les manches du challenge national et plus encore.
Pour les manches nationales on va faire :
-          Raid du Haut Languedoc les 11 et 12 avril
-          Gevaudathlon du 14 au 16 avril
-          La finale T’Raid X les 29 et 30 août

Et un raid au format coupe d’Europe, le Raid ARAN du 1er au 5 juillet.
 
Sur quelle base est axée votre préparation ?

Sabrina : Natation, course à pied et vélo quand je peux. Après je fais des sports de montagne dès que je peux les week-ends.
Cette année, on s’est mis chez Absolu Raid pour justement avoir une préparation plus spécifique raid avec notamment de la CO.
 
Marie : Je fais toujours du water polo (c'est très physique et ça reste un sport collectif avec tout ce qu'il y a autour) je cours régulièrement, de la musculation et du VTT dès que je peux. Avec la saison d'hiver j'oriente plus ma pratique sur les sports de glisse.

Chiara : Préparation… pour moi c’est plutôt de l’improvisation ! J’essaie de varier toutes les activités mais ce n’est pas toujours facile avec le boulot. Je me dis que l’important c’est de se faire plaisir, dans la nature comme avec ton équipe !

Quel serait le raid qui vous fait rêver dans les années à venir ?
 
Sabrina : L'ARWS en Nouvelle Zélande. C’est un pays avec une diversité de paysages impressionnants et une faune très riche. Faire un raid long là-bas doit être tout simplement magique.
 
Marie : Il y en a tellement ! Mais comme ça, le raid amazone me tente beaucoup mais plus pour le côté aventure ludique que sportif.
 
Chiara : ll n'y a qu'une seule chose qui puisse rendre un rêve impossible à réaliser: c'est la peur d'échouer car un rêve qui ne devient pas réalité est un rêve qui n'a pas été assez rêvé ! Objectif : RAID ARAN 2015 ! Dans les années à venir why not un ARWS au chaud, comme l’Expedition Africa !

Hélène : Mmm.. n'importe quel raid long bien dépaysant, et avec du dénivelé!.. Maroc, Pérou, Nouvelle-Zélande...tant de destinations possibles ! et sur plusieurs jours, pour vraiment voir du pays !
 
      
 
 
Lucie CROISSANT

Lucie CROISSANT, jeune triathlète et raideuse a déjà un palmarès impressionnant. 
Elle a accepté de répondre à nos questions et nous livre sa vision des raids

Quelles différences entre tes 2 pratiques et /ou similitudes ?

En fait je n'ai fait que 2 triathlons avant de commencer les raids, et c'est donc plus par les raids multisports que j'ai débuté ce type d'effort. 

J'ai fait mes premiers raids en 1ère année d'Ecole de Commerce, à l'EDHEC BUSINESS SCHOOL, donc en 2009 je faisais alors partie de l'association organisatrice du Raid EDHEC. Comme j'étais assez sportive, j'étais responsable du pôle parcours à Lille. Comme je n'étais pas familière de ce type de course, et pour avoir des idées, j'ai créé le team Raid EDHEC, pour aller participer à des raids en France (raid du Mercantour, raid 74, raid centrale Paris, ...). 

Aujourd'hui, je m'entraine toute l'année pour une saison de triathlon, avec un club de triathlon, le triathlaix, et les entrainements de course à pied et de vélo me servent pour les raids. En triathlon il y a plein de formats différents (triathlon des neiges avec le ski de fond, triathlon nature avec vtt et trail) et je suis assez polyvalente, car je cours des formats Sprint à l'Ironman, donc ça m'aide pour les différents types et formats de raid. 

En raid il y a plus le côté aventure et nature (même si je les retrouve aussi sur des courses plus typées triathlètes comme du Swimrun (OtillO par ex.), et on partage des moments forts avec des coéquipiers, alors qu'en triathlon, même si on a plein de copains qui font la course, on est tout seul. 

Dernière différence, les efforts en raid sont bien souvent plus long et ça demande une gestion de l'effort bien différente ( un triathlon extrême long pour moi dure au plus 15h00, le raid au costa rica a duré 10 jours..)

Finale mondiale au Costa Rica comme premier raid puis Raid in France cette année : sont-ce de bons souvenirs ? 

Le Costa Rica et Raid In France sont mes premiers raids longs non stop. Ce sont de bons souvenirs, et je dirais même que ce sont les moments galères lors de ces raids qui sont restés les meilleurs souvenirs (patauger dans la rivière pendant des heures, porter le vtt dans la forêt dense et la boue, ...). 

Bien sûr c'était dur, le Costa Rica est la limite que je ne dépasserai pas en terme de difficulté et de temps d'effort. Mais quand j'ai dis ok pour participer, je ne savais pas vraiment dans quoi je m'engageais. 

Sur Raid in France, j'avais une équipe très rapide avec Manu Lang, Lionel Jacoud et Didier Iket. C'était le premier raid que l'on courait ensemble, mais ça s'est super bien passé, c'était une bien belle équipe. 

Tu as couru en novembre un raid en Chine, sur un format ultra rapide, à l’opposé de tes expériences précédentes en raid. Quelle est ton analyse ? 

J'avais déjà fait des formats par étape, ou des raids d'un jour. En Chine, j'ai été surprise par le niveau des équipes, certaines viennent faire les 6 courses en Chine et ne font que ces raids, car il y a des grosses primes. Elles sont très organisées, et très rapides. 

Pour ma part, je n'avais déjà jamais couru avec une équipe aussi rapide sur ce format (Benoit Peyvel, Clement Valla, Hervé Simon), du coup c'était un sprint pour moi tout le long ! d'autant plus que cette course s'est ajoutée au dernier moment, et que je n'étais plus trop au taquet niveau forme après ma saison de triathlon et Raid in France. 

Quel est ton truc ? ton mantra ? pour arriver au bout d'un ironman ? d'un Norseman ? d'un Raid in france ? mis à part l'entraînement bien sûr...

J'allais dire l'entraînement...du coup je vais dire l'entrainement intelligent, je n'ai pas autant de temps que je voudrais pour m’entraîner, donc mon coach Yves Le Moigne me fait des planifications pour que chaque heure d'entrainement soit efficace..

Et mon truc sinon c'est le mental, mais je ne suis pas née avec, c'est pareil il s'améliore avec l'entrainement et avec les expériences. 

Tes qualités ? tes défauts ?

Mes qualités : je pense que je suis une fille assez "flex" pour une équipe, et que j'ai une vraie notion de l'équipe. et j'aime beaucoup orienter, même si maintenant je cours avec des équipes trop fortes, avant c'était moi qui avait la carte. 

Mes défauts : j'ai du mal à me fixer des limites (niveau charge sur une saison) et j'ai envie de tout faire... c'est difficile de combiner des saisons de triathlon court et long et de raids... 

Tu as une sœur jumelle triathlète , un raid toutes les 2 un de ces jours ?

Effectivement, j'ai déjà participé à l'Ironman de Nice et Embrun avec ma sœur jumelle, et nous sommes allées toutes les 2 à Hawaï en 2013. 

Mais nous avons déjà participé à 2 raids d'une journée ensemble, et nous avons gagné ! 

Elle préfère aller "vite" sur triathlon plutôt que "galérer" dans les raids plus longs, même si elle a déjà fait un raid sur une semaine. Mais elle aime bien dormir aussi la nuit, étonnant non ? donc les raids non stop sur plusieurs jours, ce n'est pas pour le moment.

     

 

 
Lucile PESCH
Lucile PESCH, équipe HAPPY FEET avec Stéphanie BUISSON

Echanges entre co-équipières...

Lucile alors quel est ton bilan après ta première saison de raid ?

Pour une première année de raid, le planning a été plutôt chargé. Je me suis engagée sur des raids aux formats très différents. La saison a commencé très fort avec le Corsica Raid Aventure, sur 5 jours. Une première expérience riche en émotions où il a été nécessaire d'apprendre très vite les rudiments du raid pour profiter à fond de la course. Ce raid m' permis de rencontrer de nombreuses équipes du raid français que nous je retrouve avec plaisir sur les autres raids. Ensuite, j'ai enchaîné la finale du challenge national en Suisse Normande, le raid du Bassin Minier et la Valmotivée. Ces raids m'ont appris que le raideur doit être aussi un fin stratège. 

Qu’est ce qui t’as donne envie de te lancer dans des raids comme le Corsica alors que tu n’avais jamais fait de raid avant ?

Partir en Corse avec des copines pour faire du sport…qui peut refuser un plan comme celui-là ? Un sacré défi que tu m'as proposé. je suis fière qu'on soit arrivée au bout ensemble et j’espère un jour refaire ce raid. Si on ne s'était pas rencontré un jour sur un terrain de handball, je ne serai sûrement pas là pour parler de ce nouveau sport qui m’anime et occupe tant de nos weekend. Maintenant qu’on a goûté à plusieurs raids, nos objectifs ont évolué. D’une simple participation, on souhaite aujourd’hui se mesurer aux autres équipes féminines.

Pourquoi est-ce que tu cours uniquement en féminine ?

Aujourd'hui la proportion d'équipe féminine dans les raids est très faible. Il était important pour nous de promouvoir le raid au féminin. De plus, je pense que l'on a plus sa place et plus de responsabilités dans une équipe 100% fille. Tant que je pourrais courir en team féminine je le ferai et nous sommes plutôt bien entourés pour ça (merci à Ann, Aurélie et Fanny d'avoir fait quelques kilomètre avec nous). La présence des femmes sur les raids changent l'ambiance de la course. Notre équipe 100% fille casse un peu l'image sérieuse de la compétition entre garçons. On surprend souvent les teams en leur disant bonjour ou en les encourageant quand on les croise. (Et puis après on se dit : tiens pourquoi ils allaient dans ce sens là eux ??)

Que penses-tu des raids 100% filles ?

Je pense que les raids 100% fille vont permettre à beaucoup de se lancer, d'oser ce sport. Bien sûr le niveau n'est pas le même mais l'ambiance non plus. Les raid 100% filles que j'ai fait (Pop in the City et le Touquet Raid Amazone) sont vraiment ouverts à tous les niveaux et il y règne vraiment une bonne ambiance. On n'y pas pour les mêmes objectifs.

Quelles sont tes prochains défis ?

On compte participer au Challenge National et se qualifier pour la finale. J’ai aussi hâte de faire la Yéti Race de la Plagne. Et puis l’équipe Happy Feet est en réflexion sur le prochain gros raid de l’année…

3 mots pour te définir ? Et 3 mots pour définir ton équipe ?
Moi : bricoleuse, ronchon et nutella 
Ma team : happy, pimentée et saucisson/pompote


Pour toi, courir en 100% fille est-ce un handicap dans un raid mixte?

Non, ce n'est pas un handicap car chacun court dans sa catégorie. Et puis ce qui est sympa c'est que les garçons font plutôt attention à nous sur les raids surtout quand on n'est pas nombreuses. Dans les raids mixte, le niveau est plus relevé et c’est ce qui me plait.

Pour finir, y a-t-il un message que tu aimerais faire passer autres raideuses ou futures raideuses?

Aux filles, je leur dirais : Osez le raid ! c’est énorme !!! et surtout osez les équipes100% fille, ça vaut la peine. C’est à nous de promouvoir le raid au féminin. 
 
    

 
Juliette CRETE

Son nom n'est pas inconnu sur le circuit des raids, son père est Rémi Crété et il a réalisé l'interview, Juliette et sa co équipière ont terminé à la 3ème place sur le podium féminines de la Coupe du Monde des Raids

Echanges père/fille...

Comment es-tu venue à la pratique du raid ?

Je suis venue à la pratique du raid grâce à mon père qui a commencé il y a une bonne dizaine d'années. De plus, depuis toute petite, je pratique la course à pied et le VTT qui sont mes deux disciplines préférées. C'est donc mon père qui m'a proposé de faire mon premier « raid famille » avec lui, nous le gagnons quatre années consécutives. En effet, ma famille et moi avons voulu nous perfectionner en orientation qui est à mon avis un fondamental dans le raid. Je me suis donc inscrite dans un club de course d'orientation (Noyon CO). Depuis, je fais régulièrement des raids, plus ou moins longs. J'ai d'ailleurs pu participer à mon premier raid international, la Coupe du Monde de raid jeune cet été !

Pour toi le raid en 5 mots c'est quoi ?

Le raid en 5 mots pour moi c'est : Plaisir, Plaisir, Plaisir, Plaisir et j'hésite pour le dernier mais je vais dire Plaisir ! Non, sérieusement je dirais : Plaisir, Dépassement de soi, Entraide, Bouffe, et encore Plaisir (qui regroupe beaucoup de chose que seuls les raideurs peuvent comprendre).

Ton point fort

Mon point fort, je n'en ai pas. Disons que je suis plutôt polyvalente, je maîtrise assez bien toutes les activités en raid mais je n'excelle pas dans une discipline en particulier.

Ton point faible

Mon point faible, évidemment le tir en fin d'étape. L'épreuve de tir est celle que je redoute le plus, même si je m’entraîne chez moi et obtient des bons résultats, pendant les raids je suis incapable de faire un tir correct, probablement le manque de lucidité, la pression ou tout simplement la fatigue.

Tu es en terminale penses-tu pouvoir concilier entrainement, raid et étude ?

Cette question m'est souvent posée effectivement.. Jusqu'à présent, je n'ai jamais eu de soucis pour mélanger les études, les entraînements et les compétitions. Cependant, il m'arrive d'avoir des périodes assez fatigantes où je décide de me calmer un peu pour pouvoir tout de même me concentrer sur les études qui restent très importantes. En effet, je pourrai toujours profiter plus tard et me rattraper comme il se doit. Mes amis sont impressionnés par mon emploi du temps un peu chargé, je ne suis quasiment jamais chez moi le weekend (forcément il y a toujours un raid organisé qui semble intéressant ou des weekend de CO !). De plus, cette année j'ai décidé de m’entraîner davantage, je ne pouvais pas partir sur cette Coupe du monde des raids jeunes sans entrainement spécifique ! Et maintenant que je suis rentrée de cette aventure, j'ai encore plus envie de progresser !

Tu fais équipe avec Noémie depuis des années, tu n'en a pas marre ?

Ah Nono, quelle grande histoire d'amour ! En effet, je lui ai proposé il y a maintenant 4 ans de faire un raid jeune avec moi, cette inconsciente a accepté, nous l'avons gagné 3 fois en féminine. Nous faisons beaucoup de courses ensemble, en fait, nous passons notre vie ensemble et je ne m'en lasse pas ! La voilà passionnée comme moi.. Nous sommes très complémentaires en raid, lorsque l'une va mal, l'autre la tire et inversement. Et c'est toujours dans la bonne humeur que nous profitons de ce sport complètement magique !

Avec Noémie vous êtes plutôt :

1) sérieuses

2) stressées

3) autre ?

Sérieuses et stressées je ne connais pas avec Nono. Non évidemment je prend la réponse « 3 ». Nous sommes : bruyantes, souriantes, chanteuses, folles, sales, bavardes, perdues, organisées (plus ou moins), motivées, mental d'acier. Des pétrolettes* quoi !

Pétrolettes* : ceci est notre nouveau blaz' : « Team Saint Just Raid Aventure Les pétrolettes » ! Une pétrolette est une personne (plus généralement une fille) qui a la joie de vivre même dans la douleur tel un papillon ou encore un saumon remontant une rivière.

En raid lorsque c'est dur qu'est ce qui te fait avancer.

Lorsque je me lance sur un raid, je sais que ce sera dur parce que c'est TOUJOURS dur et ce qui me fait avancer c'est le fait d'être en équipe, on ne veut jamais décevoir son partenaire donc on se bat pour lui. Et abandonner n'est même pas envisageable ! Chanter une chanson permet de remotiver les troupes pendant une longue section. Et ce qui motive le plus c'est de penser au festin que l'on se fera juste après la course !

On m'a dit que tu es plutôt très organisée, du style à faire des listes pour tout, est ce vrai ?

Oui c'est vrai que j'aime bien faire des listes pour ne rien oublier, et il y a tellement de matériel auquel il faut penser ! C'est important d'avoir un minimum d'organisation en raid, chaque chose doit être à sa place et pour moi la préparation du matos fait partie de la compétition.

Tu as participé à la 1ère coupe du monde jeune cet été, que retiendras-tu de cette première ?

Cette coupe du monde jeune fut une expérience absolument géniale pour moi. En effet, c'est une chance de pouvoir participer à une compétition internationale ! Ce que je retiens de cette aventure c'est surtout l'entraide qu'il y a eu entre Noémie et moi, l'ambiance du tonnerre avec la team France et le fait de s'être surpasser chaque jour pour terminer les étapes dans de bonnes conditions.

Tu as été volontaire en tant que bénévole lors du raid Itéra aux Pays de Galles, quel regard extérieur as-tu d'une manche de coupe du monde ?

En effet, je me suis portée volontaire sur une manche de coupe du monde et ceci m'a apporté beaucoup. C'est très intéressant de voir toutes les équipes qui nous font rêver ! Avant le grand départ, toutes les équipes se préparent pendant une ou deux journées, j'ai pu voir comment les équipes décident de s'organiser, qu'est ce qu'elles prévoient à manger, etc.. Et pendant la course j'ai eu la chance de les suivre H24, cela m'a permis d'acquérir de l'expérience indirectement en observant les stratégies de chacune sur différents aspects.

Quels sont tes objectifs en 2014-2015 ?

J'ai plusieurs objectifs pour cette saison. Tout d'abord j'aimerais participer aux championnats de France de Raid UNSS Lycée 2015 qui se déroulent en Guyane, en effet, j'ai déjà participé aux deux championnats de France UNSS précédents et pour cette dernière année en lycée la Guyane serait le top du top ! Ensuite, je souhaiterais me qualifier en féminine avec Noémie pour participer à la finale nationale des raids organisée par « Les Tyrannosaures » en août prochain. Et pourquoi pas, me sélectionner pour les championnats d'Europe en VTT'O ! Ça fait beaucoup, mais il faut avoir des ambitions sinon on n'avance pas ;)

A quelle épreuve rêves-tu de participer ?

Mon rêve serait de participer à une manche de la coupe du monde avec les amis raideurs qui ont eux aussi plein d'ambition, faire un raid non-stop au moins une fois dans ma vie serait magique, et même plusieurs d'ailleurs !


   

 

 
Christine CORNEZ
Interview réalisée par Stéphane DUMORTIER - Team Arverne Outdoor
 
Comment es-tu venu au raid multi ?

Après avoir rencontré mon amoureux, et fait 2 enfants ravissants, plus le temps d'attendre le vent au bord de l'eau !(je pratiquais la planche à voile), alors je me suis intéressée aux raids format"courts" dans un 1er temps et puis j'ai eu l'opportunité en 2008 de courir mon 1er raid long avec l'équipe "Lozère Sport Nature" (c'était le raid canéo). J'ai attrapé le virus !

Peux tu nous donner ta vision du "matos obligatoire" notamment sur un raid aventure ?

La féminine régule l'allure de l'équipe surtout en début de course quand les organismes sont encore frais...Les gars entre eux partent vite sans trop se préoccuper de la suite des événements. Or, sur un raid long il est préférable d'être constant dans son effort et de bien le gérer. La féminine est forte dans ce domaine !
Je pense qu'elle doit également être autonome dans la gestion de son matériel, et polyvalente dans les différentes disciplines notamment dans les activités liées aux "cordes", en kayak ou bien en trek quand la progression se transforme en "escalade"! Il faut suivre et laisser de côté ses appréhensions !
 
Est ce facile de trouver sa place dans une équipe quand tu en changes régulièrement ? y a t il des équipes avec lesquelles ça a été plus compliqué ? pourquoi ?
 
Je n'ai pas de difficulté particulière à m'intégrer dans une équipe même si les manières de fonctionner peuvent varier d'une équipe à l'autre. Je m'adapte !
En revanche c'est devenu compliqué quand ma forme n'était pas au rendez vous et que j'étais le maillon faible de l'équipe... Là je me suis rendue compte que ce n'était pas normal que la fille retarde le groupe et j'ai bien sentie que les gars m'en voulaient beaucoup....

Si je te dis que tu as été coulée dans le même moule qu'Anne Simon qu'est ce que cela t'inspire ?

De la fierté !
Je lui ai demandé des conseils sur la préparation des pieds que j'ai suivi à la lettre!
  
Tu rentres d'Afrique du sud où tu as participé avec Arverne outdoor à la manche de coupe du monde "Expedition Africa", que retires tu de cette nouvelle expérience ?

J'ai couru avec une équipe forte, soudée et expérimentée. Je me suis sentie tout de suite à l'aise avec les gars et au terme de 5 jours de course avec eux je n'ai même pas une engeulade à raconter!
J'ai beaucoup appris sur la gestion du sommeil et je pense maintenant que quelques heures de sommeil supplémentaires en début de course permettent de maintenir un rythme plus soutenu par la suite.

Si Arverne te demandait de repartir avec eux ?
oui !
 
Un raid ou un pays où tu as envie d'aller courir en 2015 ?
La Nouvelle Zélande!
 
  
 
Fanny FRECHINET
- Tu pratiques de multiples sports de nature, avec les raids et les trails comme principales compétitions. Pourrais-tu nous livrer une rapide analyse comparative des différentes pratiques et quelle est la plus-value, pour toi, en raid ?
En fait, je ne fais plus beaucoup de trail !
J’aime bien la simplicité des courses locales, loin du business et des chichis qui ont pas mal envahi ce milieu maintenant, donc je cours encore de temps en temps quand je n’ai rien de prévu et qu’il n’y a pas de raid au calendrier ! Et je continuerai sans doute à courir d’autres courses pour le cadre ou l’ambiance (j’aime par exemple la Saintelyon pour son ambiance de nuit, et pourtant, c’est une grosse usine !), mais ça m’excite beaucoup moins que le raid, et j’ai découvert que l’ultra, tout seul, ça ne m’amuse guère en fait. Courir plus de 100km toute seule sur un chemin balisé, bof bof... je m’ennuie, et je ne retrouve plus l’envie et l’excitation de la course, car le rythme est forcément un peu plus lent et devient lassant.
Le raid, c’est devenu une passion maintenant. Je vis raids, et je rêve raids ! et c’est presque plus fatiguant que de les courir !
Un week end de raid, c’est du pur bonheur, et aussitôt fini, on ne pense qu’au prochain. A chaque fois, c’est une nouvelle course, une nouvelle aventure en équipe dans un endroit différent, une nouvelle orga, et du partage à gogo. Et ces émotions sont encore exacerbées sur du long, où je prends de plus en plus de plaisir. En non-stop, rien n’est jamais joué, c’est la débrouille, et plein de paramètres rentrent en compte en permanence, avec leurs lots de surprises, il faut réussir à tout gérer, tout en avançant, sans jamais baisser les bras quoi qu’il arrive, c’est un beau challenge et ce sont des moments de partage uniques avec ses équipiers, que l’on n’oublie pas.

On te voit au sein de différentes équipes françaises ou étrangères. On imagine que c'est délibéré. Peux-tu nous expliquer tes choix ?

Eh non, ce n’est pas toujours délibéré !
Le calendrier français est relativement facile à planifier et je cours avec des équipiers plutôt réguliers avec qui j’aime courir - même si j’aimerais courir beaucoup plus que ce que je ne le fais - et qu’il y a toujours des raids qu’on laisse de côté !
Pour les courses à l’étranger, c’est un peu différent. Etant une fille, je suis régulièrement sollicitée pour courir dans des équipes françaises et étrangères qui sont à la recherche de filles, et, parfois, tous frais payés. Si j’ai la possibilité d’y aller à moindre frais, je n’hésite pas longtemps, même s’il n’y a pas le même plaisir que lorsque je cours avec une équipe rodée, qui se connait. Mais c’est toujours une belle aventure et une expérience de plus.
Mais justement, j’ai envie que ça change, et j’aimerais faire partie d’une équipe fixe, identique que ce soit sur les raids français ou les manches à l’étranger.
J’ai eu pas mal de soucis de santé les 2 dernières années, donc j’ai eu du mal à avoir des saisons suivies, mais maintenant que ça va, j’arrive enfin à m’entraîner correctement, et surtout à suivre un calendrier, et donc j’espère aussi réussir à me poser avec une équipe pour pouvoir vivre tout cela ensemble et sur plusieurs saisons !

- Tu as gagné le challenge national en mixte, l'année des Dentelles avec Vincent Faillard et Benoit Peyvel + un formidable podium au scratch. Est-ce ton plus beau souvenir et ta plus belle ligne de palmarès ? Quels souvenirs en gardes-tu ?
En effet, c’était un belle aventure et j’en garde un super souvenir ! J’avais l’habitude de courir avec Benoit, Vincent, un peu moins, mais j’ai vite compris, que ce ne serait pas un problème, et il nous a apporté toute son expérience, en plus du reste ! Avant cela, nous n’avions pas imaginé pouvoir rivaliser avec les meilleures équipes masculines françaises présentes sur cette finale, mais cela nous a montré que tout était possible et qu’il fallait se battre jusqu’au bout. Depuis, l’équipe a gagné au scratch avec Elisabeth, ce qui est encore une autre prouesse, avec une coureuse d’un autre acabit !
De mon côté, ce qui était vraiment top sur cette finale, c’est que j’ai eu l’impression d’avoir été en super forme tout le week end. Ca m’a permis de profiter au maximum de chaque instant, et de prendre beaucoup de plaisir, et finalement, être bien du début à la fin d’un raid, ça n’arrive pas si souvent, c’est même plutôt rare ! Donc quand ça arrive, ça fait vraiment du bien, et ça permet de tirer l’équipe vers le haut quand il y a des moments de moins bien. Les Dentelles, c’est aussi un raid que j’apprécie particulièrement, et c’était la 1ère finale de l’histoire du challenge !, donc ça fait encore plus chaud au cœur !
Après, de beaux souvenirs de raids, j’en ai plein, et sur tous les formats, du plus court au plus long, et c’est difficile de les classer !!

- Qu'attends tu de la FRMN et comment juges-tu le travail actuel de la fédération ?
Je trouve vraiment bien les débuts de structuration de la fédération, et notamment, le boulot fait pour les jeunes récemment !
Le raid est un milieu extra, une sorte de grande famille (pas que de bisounours non plus !!), avec plein de belles valeurs qui valent le coup d’être transmises.
Quand je vois les conditions d’organisation du Lycian Challenge en Turquie, qui servait cette année de support à la finale du circuit européen ARES, je prends peur. Une organisation trop light, loin d’être à la hauteur d’une finale, d’où on ressort avec beaucoup de déception et de frustration malgré un terrain de jeu fabuleux et de beaux souvenirs… Ca décrédibilise complètement ce sport, qui n’a pas besoin de cela ! Alors si on peut mettre un peu d’ordre dans tout cela, en commençant par faire cela chez nous, c’est parfait !
 
   
 
Mia RAICHON et Emma BRETT 400TEAM
A l'occasion de la sélection pour la Coupe du monde des raids jeunes, ce sont deux très jeunes raideuses, pleines d'avenir, qui nous livrent leurs visions : Mia RAICHON et Emma BRETT, de 400TEAM, qualifiées en mixte pour Mia, en filles pour Emma.
Merci à leur entraîneur Sébastien RAICHON d'avoir mené l'interview.
 
Quels sont les sentiments qui vous animent après cette 3ème  et 4ème place  au raid des Dentelles et cette qualification avec votre coéquipier à la coupe du monde 2014 dans votre catégorie ?

Mia : La troisième place au raid des Dentelles a été une grande surprise, je pensais qu'on serait beaucoup plus loin avec le système de pénalités et les équipes "monstres" qui étaient présentes dans la catégorie garçon. Après, quels sentiments m'animent ? Bonne question. Je crois que je ne réalise pas encore vraiment. La question en elle-même s'avère étrange : "cette qualification à la coupe du monde 2014", je n'y aurais jamais cru si on me l'avait posé un an en arrière ! Même aujourd'hui cela me paraît impossible. Evidemment, je suis extrêmement heureuse, mais il y a quand même une certaine pression de ne pas y arriver et de ne pas être à la hauteur que je n'arrive pas à éliminer. Malgré cela, c’est tout de même génial de se dire qu’on fait partit des meilleurs français dans cette activité ! 

Emma : Cette année, le raid des Dentelles était la course la plus importante pour moi. Je me pensais loin d'être capable de réussir à me qualifier et mes adversaires m'inquiétaient. Mais je me suis beaucoup entrainée pour faire le meilleur résultat possible. Une fois la course terminée, lorsque j'ai appris que Lisa et moi étions qualifiées au championnat du monde de jeunes, j'ai eu du mal à y croire, ça me paraissait impossible. Je crois avoir très rarement ressenti autant de joie pour un de mes résultats sportifs. C'est magique ! Mais ce qui m'a le plus étonnée je crois, c'est de finir 4e au scratch. Derrière Nathan et Mia, qui sont pour moi la référence du haut niveau sportif. C'est incroyable !
 
Une anecdote sur la course ?

Mia : Et bien je dirai le moment où mon coéquipier Nathan Guillot a eu un coup « dur » et où, sûrement sans s’en rendre compte, me dit avec une voix pleine de rage et de désespoir comme si la fin du monde était toute proche : « Je le savais qu’il voulait nous tuer !! », le pronom « il » désignant mon père, un des organisateurs du raid. S’en souvient-il? ;)
Emma : La course était très difficile physiquement, (surtout l'interminable montée que les organisateurs nous avaient préparée). Heureusement que j'ai pu avoir l'aide très précieuse de Lisa. L'endurance était le plus important sur ce raid. Il fallait réussir à tenir sur toute la distance à parcourir. Malgré cet effort physique intense, je garde un très bon souvenir de cette course.

Le choix de courir en mixte ou filles s'est fait comment ? Une préférence ?

Mia : Je ne me souviens plus bien qui de moi ou Nathan a proposé le premier, mais personnellement j’avais très envie d’essayer la formule mixte. Cela me permet de ne pas avoir l’orientation à gérer. Je ne suis absolument pas déçue de ce choix! 
Emma : Je n'ai pas vraiment de préférence dans le choix de courir en mixte ou fille, malgré avoir très peu couru en mixte. Pour moi il faut juste une bonne entente entre les deux coureurs pour qu'il puisse y avoir un esprit de solidarité, ce qui est essentiel dans une course.

Pouvez-vous nous parler de votre coéquipier Nathan Guillot, Lisa Tilly ?

Mia : Nathan c’est, question sport, un orienteur qui m’a l’air plutôt passionné, il a un niveau de ‘fou’ ! Donc comme je le disais dans la question précédente, je n’ai pas de pression sur la CO. Puis physiquement, il est très fort aussi, il m’aide beaucoup dans les montées en VTT et aussi un peu dans les trails. Et puis hors contexte sportif, il est adorable, très sympa et il a beaucoup d’humour ! Ça n’a sûrement aucun rapport avec le raid, mais je trouve ça super important ; courir avec quelqu’un qui ne parle jamais et que je n’apprécie pas spécialement ne m’intéresse pas. C’est en quelque sorte le partenaire rêvé ! Bon, je peux quand même lui trouver un seul petit défaut ; il est un peu sourd d’une oreille, je me prends donc quelques petits ‘vents’ au cours de la course, mais je commence à m’y faire. 
Emma : La force physique de Lisa m'impressionnera toujours. Il peut se passer n'importe quoi dans la course elle sera là pour me rassurer et me tirer. Elle a une force mentale comme j'en ai rarement vu. Elle donne tout sans jamais exprimer sa fatigue et elle tient. Je suis vraiment très heureuse de pouvoir faire équipe avec elle. J'ai vraiment une coéquipière merveilleuse !

Comment vous êtes vous entrainer pour atteindre cet objectif ? 

Mia : Avec la section sportive APPN de mon collège, je fais beaucoup de course d’orientation, sport que je pratique aussi en club. Mais nous faisons aussi du VTT. La plus grande part de mon entrainement se fait donc au collège. Je n’ai pas eu beaucoup à m’entrainer autrement car la période précédant le raid des Dentelles était pleine d’objectifs, j’avais des compétitions presque toutes les semaines en scolaires, et d’autres en club le week-end. 

Emma : Comme je l'ai dit précédemment, cette course était pour moi mon objectif principal. Depuis plusieurs mois je me suis donc mis à beaucoup m'entrainer pour faire la meilleure performance possible. J'ai fait beaucoup de compétitions de course d'orientation et de VTT'O ainsi que des entrainements d'endurance et de VTT préparés par Sébastien que je remercie énormément pour m'avoir autant aidée.

Quel a été le cheminement pour en arriver là ? Votre parcours sportif depuis petite ?

Mia : Petite, j’ai commencé par de la gymnastique, puis j’ai enchainé avec de la natation et de la natation synchronisée, rien qui n’ait de rapports avec les sports de nature ! J’ai fait ensuite du tennis, sport qui ne me convenait pas du tout, que j’ai donc vite mis de côté. Puis j’ai fait de l’athlétisme pendant 2 ans. Les sauts, les lancers, rien de tout ça ne m’intéressait ! Moi ce que j’aimais c’était la course. Pas le sprint non plus, mais le cross. Ce n’était donc pas amusant de faire des activités dont on n’est pas fan, simplement pour pouvoir faire un cross dans l’année. J’ai donc arrêté cette année, mais le cross m’intéressant toujours autant, j’ai décidé de m’entrainer seule, (avec l’aide de mon père quand même). Pour moi, le cross départemental 2013, c’était le plus gros objectif sportif de ma vie, je ne me suis donc jamais autant entrainée pour une course. Tous ces entrainements ont payé et je suis presque sure que c’est grâce à eux que j’ai la condition physique que j’ai toujours aujourd’hui. Bref, ces sports sont ceux que j’ai choisis, mais depuis toute petite, je fais de la course d’orientation, au début je n’avais pas trop le choix, je suis dans une famille d’orienteurs, c’est comme ça. Mais depuis que je suis dans la section sportive et que le club OPA 8404 dans lequel je suis inscrite a pris plus d’ampleur au niveau des jeunes inscrits, c’est devenu un plaisir de pratiquer ce sport !  

Emma : J'ai commencé le VTT et la course d'orientation il y a maintenant presque trois ans. J'ai découvert ces sports en rentrant dans la section sportive APPN et maintenant j'en suis complètement accro. Je fais partie d'un club de course d'orientation (OPA) et de raid (400 team).

Parmi les multiples sports que vous pratiquez au collège et en dehors, le raid a t-il une place particulière ?

Mia : Evidemment ! Le raid c’est en quelque sorte le regroupement de tous les sports que je pratique ; course à pied, course d’orientation, VTT… Et puis, dans un raid, on ne s’ennuie jamais (malgré le temps qu’il dure…), c’est tellement varié ! C’est et je pense que ça restera un de mes sports préférés. 
 
Emma :   Le raid est le sport que j'aime le plus, c'est un mélange de tous les sports de plein air qui me plaisent beaucoup (VTT, course d'orientation, ...). Rien de mieux quoi ! Et en plus de ça, il forge un esprit d'équipe, de solidarité.

Quel regard portez-vous sur les raids adultes, les grandes aventures non-stop à travers le monde ?

Mia : Ah que ça me fait envie ! Je vois souvent partir mon père avec son équipe de copain pour faire un raid à l’autre bout du monde, et les programmes ont l’air dur c’est certain, mais moi ça m’attire plutôt bien. De plus, ces expériences sont pratiquement toutes obligatoirement mixtes, donc féministe que je suis, je trouve ça forcément génial. Si je continue dans ma lancée, je ne vois pas pourquoi je passerai à côté de ces aventures ! 
 
Emma :  Je suis très admirative devant ces sportifs qui partent à l'aventure durant plusieurs jours. Certainement des expériences vraiment épuisantes mais extraordinaires.

Et en dehors du sport quels sont vos autres centres d'intérêts ?

Mia : En dehors du sport ? Question aussi difficile que la première ! Je crois que je suis ridicule si je réponds « manger », mais c’est pourtant la vérité…  (d’ailleurs un des bons côtés du sport, c’est qu’après s’être dépensé, on peut manger autant qu’on veut !)Je ne suis pas tellement différente des ados de mon âge ; j’aime voir mes amis, discuter avec eux via les réseaux sociaux et partager des moments avec eux. J’apprécie aussi lire, dessiner, parler anglais (non maman je ne dis pas ça pour te faire plaisir ! Smile)
 
Emma : En dehors du sport, j'aime beaucoup lire. Ca me repose et me détend. Parce qu'il faut aussi reposer son corps de temps en temps ! Smile
 
  
 
Emily CAMBIER

En route pour le Nord où nous retrouvons Emily CAMBIER, cette psychiatre en milieu carcéral de 30 ans, si elle est fait partie du team VALMO, est partante pour toutes les aventures, en France et à l'étranger, le raid le meilleur moyen de découvrir un pays selon elle ! N'hésitez pas à la contacter si vous cherchez une féminine pour des raids longs !

As tu toujours fait du sport ? du raid ?

J'ai fait tous les sports...en zappant beaucoup, mon expérience la plus longue a été la gymnastique, sport dans lequel j'ai atteint les championnats de France. Je pense que les vacances à la montagne à Chamonix avec mes parents avec les randos et la découverte de l'alpinisme ne sont pas étrangers à mon goût pour la pratique du raid. 

J'aime la découverte d'un territoire, d'un pays et me dépasser, aller au delà de mes limites, le raid, et notamment le raid aventure répond à cela.

Comment es tu arrivée au raid ? et qu'est ce que tu aimes dans le raid ?

Un défi lancé entre copines d'aller faire le raid Amazones. Première expérience avortée puisque le raid était complet au moment où nous avons voulu nous inscrire...mais l'envie d'essayer était là. En 2011, je me suis lancée en équipe mixte avec Valmo sur le challenge des raids Nord Pas de Calais.

Je ne vais pas être originale...mais l'entraide, l'esprit d'équipe, le dépassement, aller puiser au fond de soi les forces pour aller au bout.

Et le sentiment de faire une grande chasse aux trésors comme une petite fille ! 

Pourquoi les raids longs  ?

Pour le défi...encore et toujours !

En 2012 Raid in France avec l'équipe Dunkerque Raid Aventure, ce fut une expérience formidable mais je ne m'en suis rendue compte qu'après ! Après l'émotion de l'arrivée avec l'équipe, la douleur morale et physique était tellement présente que les émotions étaient totalement contradictoires. A la question "alors c'était génial ?"  je ne savais pas quoi répondre, j'étais incapable de savoir si ça m'avait plu ou pas ! Et puis avec le temps et le recul, les bons souvenirs affluent et restent, ce sont même les seuls à rester et j'ai pu dire : j'ai adoré !

Du coup, lors d'un séjour professionnel de 6 mois en Nouvelle Calédonie, j'ai cherché une équipe pour faire le GODZONE, la Nouvelle Zélande était à 2 pas, cela aurait dommage de ne pas profiter de l'occasion, c'est quand même une terre de raid par excellence ! J'ai donc couru avec une équipe australienne, c'était un peu plus compliqué, la langue, le manque d'expérience ensemble, mais globalement superbe.

Tu cours en mixte, que penses tu de ta  place de féminine au sein de l'équipe ? As tu envie de courir en équipes féminines ? et pourquoi ? 

Je n'ai pas l'impression de subir quand je cours en mixte mais j'aimerais bien courir en équipe féminine pour améliorer la prise de décision en orientation notamment. C'est d'ailleurs dans cette optique que je m'entraine au sein de Valmo pour améliorer mon niveau en orientation.

Quels sont tes projets pour 2014 ? 

Le challenge national des raids en équipe mixte pour changer de région, voir de nouveaux raids, découvrir encore et toujours !

J'adorerais refaire Raid in France ou un raid aventure à l'étranger mais je n'ai pas encore trouvé d'équipe..

A bon entendeur ! 

 

 
 
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