Essai corédigé par Hakim Feradji et Hervé Simon

 

   Enchaînement d'activités physiques et sportives non motorisées et organisées autour d'un projet de déplacement.

     Les organisateurs ne sont pas principalement animés par l'envie de faire émerger un vainqueur, mais aussi de faire découvrir la région dans laquelle les concurrents courent. Ainsi, parce que les raiders sont fidèles aux mêmes épreuves, ils découvrent la région traversée sous toutes ses coutures.

     Le raid est donc une activité hybride répondant à plusieurs formats. En conséquence, ils s'adaptent aux circonstances car aucune instance fédérale ne codifie l'ensemble des épreuves regroupées sous l'appellation raids multisports. Cette possibilité, absente dans la pratique fédérée, de composer et de s'adapter à la situation rencontrée les attire. Celle-ci donne naissance à un flou apprécié par les raiders, d'autant qu'ils ne souhaitent pas s'attacher à une institution sportive réglementant strictement l'activité.

 

Modalités :

     Contrairement à la plupart des disciplines sportives, les raids ne sont pas formatés. Il est donc très difficile d'établir des comparatifs d'un pays à l'autre et d'une épreuve à l'autre. Chaque organisateur peut proposer les disciplines qu'il souhaite et des temps de progression qui varient considérablement d'une épreuve à l'autre. On retrouve généralement à minima du VTT et de la course à pied (type trail) et du canoë. La grande majorité des épreuves se font en orientation, mais là encore, ce n'est pas une règle. On peut avoir des épreuves complètement balisées, intégralement en orientation, ou mixées avec du suivi d'itinéraire. Certaines épreuves peuvent être courues avec des GPS. Toutes les autres épreuves de sport nature peuvent être rajoutées : hydrospeed, rafting, canyoning, rappel, ateliers de corde, escalade, alpinisme, roller, ski de montagne, ski de fond, raquette, spéléologie (normalement neutralisé), vélo de route… Rajoutons que les raiders sont amateurs des épreuves « exotiques ». Celles-ci n'imposent pas une logistique importante de la part des organisateurs, mais de l'imagination ; par exemple, de faire passer les concurrents sous un filet de pêche tendu au sol, ou alors les épreuves nocturnes, un bivouac : l'essentiel réside dans la rupture avec le quotidien.  

Les manifestations organisées, tout ou partie, sur la voie publique ou ouverte à la circulation publique au titre des articles R. 331-6 à 17 du Code du sport - milieu terrestre

En quelques mots

L'organisateur d'une manifestation multisports de nature peut se trouver soumis à la réglementation générale applicable aux épreuves sportives se déroulant tout ou partie sur la voie publique ou ouverte à la circulation publique ; ceci concerne l'ensemble des publics de la manifestation, qu'ils soient participants ou spectateurs, y compris les parkings. Selon l'article L. 362-1 du Code de l'environnement, ces voies sont :

- les voies publiques : les voies classées dans le domaine public routier de l'Etat, des départements et des communes (voies communales, départementales, nationales, autoroutes) ;

- les chemins ruraux : les chemins inscrits au domaine privé de la commune et sur lesquels l'usage collectif est avéré (circulation publique constatée) ;

- les voies privées ouvertes à la circulation publique des véhicules à moteur. 

 
Type de manifestation
Pas d'accès à la voie publique ou ouverte à la circulation publique Accès à la voie publique ou ouverte à la circulation publique
(1) Avec classement établi sur l'obligation d'effectuer un parcours dans un minimum de temps pas d'obligation autorisation
(2) Avec classement établi selon d'autres critères que la vitesse ou le temps de parcours  déclaration
(3) Sans classement déclaration
 

Régime applicable 1 : accès à la voie publique

- (1) cas des manifestations avec classement établi sur l'obligation d'effectuer un parcours dans un minimum de temps (soit directement par la plus grande vitesse réalisée ou indirectement par la réalisation d'une moyenne imposée ou par le respect d'un horaire fixé à l'avance) : autorisation de manifestation sur la voie publique

Source : « Toute épreuve, course ou compétition devant se disputer en totalité ou en partie sur une voie publique ou ouverte à la circulation publique, exige, pour pouvoir se dérouler, l'obtention préalable, par les organisateurs, d'une autorisation administrative... (article R. 331-6 du Code du sport)».

- (3) cas des manifestations sans classement ni rassemblement sur la voie publique : pas d'obligation au titre des manifestations sur la voie publique

Source : cette autorisation « n'est pas requise pour l'organisation de manifestations sportives qui n'imposent à leurs participants qu'un ou plusieurs points de rassemblement ou de contrôle, à l'exclusion d'un horaire fixe et de tout classement en fonction soit de la plus grande vitesse réalisée, soit d'une moyenne imposée sur une partie quelconque du parcours.  (article R. 331-13)».

- (2) cas des manifestations « sans classement mais avec rassemblement sur la voie publique » ou « avec un classement non établi en fonction de la vitesse ou du temps de parcours » : déclaration de manifestation sur la voie publique

Source : l'organisateur est tenu de déclarer sa manifestation si des « points de rassemblement ou de contrôle des participants sont établis soit sur la voie publique ou sur ses dépendances, soit à l'intérieur d'une agglomération. (article R. 331-13)» 

L'autorisation administrative est délivrée (article 1er de l'arrêté du 1er décembre 1959) :

- par le préfet du département dans lequel le départ de la manifestation est donné ;

- par le sous-préfet (lorsque la manifestation ne sort pas de son arrondissement) ;

- par le préfet du siège de l'organisateur (en cas de lieux de départs dans différents départements) ;

- par le ministre de l'Intérieur lorsque le parcours de la manifestation s'étend sur plus de 20 départements. 

Epreuves :

 

     En France : Comme les raids ne relèvent pas d'une fédération délégataire (Loi du 16 Juillet 1984, modifiée 6 Juillet 2000), il n'y a pas d'attribution de titre de Champion de France, régional ou départemental. Aujourd'hui, c'est donc la notoriété de certaines épreuves qui est recherchée pour valoriser la performance d'une équipe plus qu'un label quelconque. La FFCO a organisé un challenge national. Pour autant, le vainqueur de ce challenge n'était pas nécessairement la meilleure équipe française. 

     On dénombre ainsi 385 organisations distinctes de raids multisports sur les exercices 2008 et 2009. Au niveau national, il n'existe pas de classement ou de challenge regroupant plusieurs organisateurs. Chaque épreuve a sa propre notoriété et c'est aux pratiquants - avec le concours de la presse spécialisée - de faire des choix de course en fonction de la région, des disciplines qui composent le raid, des distances et dénivelés proposés et, dans une moindre mesure, du plateau présent.

       

     Au niveau international : Nous rencontrons là aussi la même problématique puisqu'il n'y a pas de fédération internationale. Paradoxalement, ce sont deux organisations privées qui revendiquaient l'appellation Championnat du Monde. Saga d'Aventure (devenue Community) dont le patron était Alain Gaimard, qui a racheté à Gérard Fusil le Raid Gauloises et qui l'a fait évolué depuis 2002 vers les Raid Series puis le Raid World Championship avec 4 étapes qualificatives d'une durée moyenne de 30 heures (Océanie, Amérique, Europe + Afrique en 2004 et 2006) avant une finale sous forme de raid long de sept jours. Cette formule a aujourd'hui évolué avec l'avènement des Mountain X Race en 2007 et 2008 et de l'Abu Dhabi Challenge depuis 3 ans. Cette épreuve, courue en décembre, attire les meilleures équipes mondiales du fait des primes proposées. On peut évaluer à 15 des 20 meilleures équipes mondiales présentes sur cette course. L'autre circuit est organisé par des Néozélandais avec plusieurs étapes internationales. Elles sont regroupées sous le label ARWC Adventure Racing World Championship

Voici par exemple en 2009 les épreuves qualificatives avant la finale mondiale au Portugal  
Huairasinchi Equateur

Bergson Winter Challenge Pologne

Bimbache Extrem Castilla y León Espagne

Explore Sweden Suède

Raid in France France

Untamed New England USA

ARWORLD CHAMPIONSHIP '09.........PORTUGAL XPD

 
D'autres épreuves de très haut niveau international existent telle que Coast to Coast, Primal Quest aux Etats-Unis, Wulong en Chine etc… 

Ce sont systématiquement des courses de format long (au delà de 4 jours et 4 nuits de course).

Historique :

     Gérard Fusil a créé le Raid Gauloises au début des années 90 et Pierre Larrouy, avec la participation de la Mutualité Française, les Défi Vert. Ces personnes ont été les précurseurs de l'avènement des raids multisports en France.  Comme c'est un secteur concurrentiel, une troisième société (Saga d'Aventures) qui était prestataire de service pour ces deux organisations a rapidement voulu prendre son autonomie et a racheté le concept de Raid Gauloises. De plus, elle s'est positionnée en concurrent de son ex patron en quittant les Défis Vert et en remportant l'appel d'offre de SFR pour le développement des Rando Raid SFR en 1998. C'était aussi un tournant dans la courte histoire des raids avec une entreprise qui lance un événement « outdoor » dispose de son nom et en confie l'organisation technique à un tiers.

     Aujourd'hui , l'offre s'est considérablement multipliée avec plus de 1800 épreuves de type trail, course d'orientation et raids. Soit à l'échelle de l'hexagone, plus d'une cinquantaine d'épreuves sport nature par week-end en intégrant le VTT. A l'échelle d'un département comme la Drôme, qui appuie le développement du tourisme par cette forme d'activité, en cumulant toutes les activités (cyclotourisme, escalade, randonnée locale…) on enregistre 200 manifestations par an.

     La grande majorité est portée par des associations de type loi 1901, plus rarement par des clubs, des sociétés et des collectivités. Au niveau international, la plupart des organisations sont portées par des américains, des néozélandais, mais surtout des français. En France, on tend aujourd'hui à avoir de plus en plus d'épreuves organisées par des autochtones, celles-ci légitimant ainsi la découverte exhaustive du territoire traversé. L'offre demeure encore essentiellement privée et commerciale, notamment au niveau des épreuves internationales. Il existe à ce propos un circuit américain assez lucratif.  

Un phénomène de massification.

     Même si elle est très relative au regard des sports conventionnels, on est passé en 15 ans de 10 épreuves par an à plusieurs centaines en sport nature. La multi-activité reste un facteur limitant dans la mesure ou les locations de canoës, les ateliers de corde et la logistique sont contraignants. Les premiers défis Vert ont compté jusqu'à 3000 raiders (pas de concurrence en 1995). Aujourd'hui, les épreuves majeures enregistrent un millier de coureurs, mais la grande majorité tourne autour 150. Il semble peu probable que l'on parvienne à des grands rassemblements de masse telle que l'Ardéchoise en cyclotourisme (15000) ou le Roc d'Azur en VTT (12000). Enfin le respect de l'environnement reste une préoccupation forte des organisateurs et un nombre trop conséquent de participants irait à l'encontre de cette volonté répondant à l'objectif de l'épreuve.

Plus de disciplines :

     La diversification est une opportunité pour les organisateurs. C'est aussi un phénomène sociologique qui répond ainsi aux attentes des raiders - aussi consommateurs - qui souhaitent multiplier les expériences multiples. Nous retrouvons ainsi la diversité des modalités de pratique puisque chacun fait face à la difficulté avec ses propres moyens. Par exemple, sur les épreuves de roller, faute de maîtriser l'activité, il n'est pas rare de voir les concurrents courir plutôt que de s'adonner aux joies de la glisse retrouvée dans les raids est appréciée des concurrents. En effet, l'hybridation d'épreuves les encourage à s'adapter à la situation, elle les incite à se dépasser et non pas simplement à réaliser des tâches maîtrisées : ils affirment ainsi leurs qualités. Les raiders s'éprouvent physiquement pour tenter de surmonter des domaines de compétences qui ne sont pas habituellement interrogés.

L'utilisation des nouvelles technologies :

     Les GPS couplés ou non aux pockets PC sont fréquemment utilisés sur les épreuves internationales. La nuit précédant l'épreuve sert généralement à rentrer les points GPS et les logiciels permettant de coupler les fonds de carte scannés en coordonnées Lambert sont très utiles. Le système sport ident est également fréquemment utilisé par les organisateurs et depuis 2004, la traçabilité des coureurs via le net permet de suivre à distance les positions des coureurs à l'autre bout de la planète.

L'évolution du matériel :

     Les teams contribuent largement au développement des nouveaux matériels, notamment avec les partenariats engagés avec Quechua, Lafuma, Vibram, Wilsa, Helly Hansen etc..    (système d'éclairage, sacs à dos, vêtements techniques….).

Primauté de l'orientation et importance du statut :

     L'orientation est désormais omniprésente en raid, elle en est même le comburant. Le choix de parcours est caractéristique (même si ce n'est pas une règle) et les clubs FFCO contribuent à l'émergence de l'orientation. En effet, dans les premiers raids, l'orientation était sommaire parce que les concurrents n'en avaient qu'une maîtrise partielle. Or, aujourd'hui, la multiplication des cartes de C.O, la finesse des tracés et le savoir-faire des orienteurs sont des atouts indéniables permettant l'accroissement des difficultés d'orientation. Par ailleurs, l'orienteur à un rôle central dans l'équipe. C'est sur lui que repose la majeure partie des responsabilités, dont celles permettant de relier deux points de manière stratégique. L'acceptation de ce rôle central au sein de l'équipe est donc soumise à la faculté de faire face aux aléas rencontrés, mais aussi d'avoir la capacité d'instaurer une unité dans l'équipe pour éviter les jeux de pouvoir donnant naissance aux conflits qui peuvent provoquer une perte de l'équipe par querelles interposées. L'orienteur a donc un rôle important dans l'équipe et ce, que ce soit en amont de l'épreuve (préparation du parcours), ou dans le raid (l'adaptation aux embûches). Tout se passe comme si l'orienteur était le « maître à tout faire » dans l'équipe, comme si son rôle ne s'arrêtait pas à l'orientation, mais comprenait aussi l'organisation de l'équipe. En effet, l'orienteur est la personne sur laquelle les autres équipiers se reposent pour organiser l'équipe et pour faire face aux événements inattendus. Sa compétence lui accorde cette responsabilité qui ne peut être endossée futilement. Les meilleures équipes mondiales disposent de plusieurs orienteurs afin de se relayer durant l'épreuve car il est quasi impossible de rester lucide et d'orienter seul en permanence sur des raids longs.

 

Les associations de raiders pour se développer :

     Les difficultés rencontrées pour réunir des personnes attirées par le raid et de trouver des équipiers pour terminer le raid unis incitent les raiders voulant s'investir dans cette activité à créer des associations de type loi 1901. Celles-ci regroupent des partenaires potentiels.

     L'association est créée par quatre ou cinq personnes (le noyau), animées d'un même motif ; ce sont d'ailleurs celles qui s'y investissent le plus. Elles prennent les plus grandes décisions, comme l'organisation d'événements impliquant tous les membres permettant ainsi d'affirmer son appartenance. Le noyau s'est réuni sous certaines valeurs inculquées aux adhérents par le partage1. La création de cette association de type loi 1901 est pensée par des personnes souhaitant s'investir dans cette pratique. En effet, le caractère informel du raid ne permet pas de se tourner vers un représentant légitime pour composer les équipes et de trouver assistance lorsque ces protagonistes rencontrent des difficultés.

     Cette association, qui existe à travers ses membres, est un signe distinctif d'investissement dans le raid. En effet, en se regroupant, ces raiders deviennent ainsi visibles de tous, notamment à travers le site Internet2. Par ailleurs, les membres limitent le nombre d'adhérents afin d'éviter le désordre inhérent à une multiplication de raiders (massification ?). En effet, à l'exception de quelques-unes comme ABS aventure, Raid-up, Sport-Evénements, les associations envisagent de limiter leur nombre à 30 adhérents, quantité rarement atteinte puisqu'elles en regroupent le plus souvent 10 à 15.

     L'association est certes un rassemblement de raiders, mais elle est surtout un regroupement de personnes ayant les mêmes aspirations. Il faut partager les mêmes motifs pour s'en rapprocher. Il est important de vibrer ensemble et de percevoir les mêmes signes afin de faire lien. Dans ce cas, le souvenir d'événements vécus en commun est le ciment de cette socialisation. La sensibilité pour les mêmes actions et le partage des émotions sont importantes. L'association est à leur image parce qu'elle est le fruit de leur investissement dans ce groupe.

     La syntonie est la base de ce regroupement qui permet de prolonger le lien tissé dans les mises en relation de ses membres. L'unisson est à la base de cette solidarité, et l'affect sur lequel repose cette entente ne peut faire l'économie d'une expérience commune permettant d'identifier les aspérités de chacun. « En fait, il n'y a pas de perception qui ne soit pas imprégnée de souvenirs. Aux données immédiates et présentes de nos sens nous mêlons mille et mille détails de notre expérience passée. Le plus souvent, ces souvenirs déplacent nos perceptions réelles, dont nous ne retenons alors que quelques indications, simples « signes » destinés à nous rappeler d'anciennes images »3. Le partage, qui est le soubassement de l'association, favorise son maintien et évite sa dissolution dès l'apparition d'une perturbation. L'expérience commune forge et étoffe les liens.

     Le motif de pratique est au centre du regroupement dans l'association. On peut donc dire que l'association est moins un regroupement de raiders potentiels qu'un vivier de raiders partageant les mêmes motifs de pratique.

Approche théorique :

 

     Le raid n'est pas une activité à risque au sens de D. Le Breton puisque les protagonistes n'évoquent pas cette soumission de l'existence au jugement des Dieux, et nous ne le retrouvons pas dans leurs actions. Cela se retrouve certes dans certaines pratiques effectuées dans la nature, mais pas en raid multisports où la pratique est sécurisée par les organisateurs ; les raiders en ont conscience, sachant que celle-ci est également présente dans les courses nature. Le risque ne réside pas dans le déroulement de l'épreuve mais dans le fait de ne pas atteindre la ligne d'arrivée, il se situe donc sur un autre registre : il n'est pas physique.

     Même si l'action se déroule dans la nature, nous n'y retrouvons pas d'indicateurs de pratique à risque. Au contraire, le raid permet une « entrée non-sportive »4 dans cette activité, sans barrières technicistes et morphologiques, sans danger démesuré.

     Par ailleurs, nous notons une volonté de rupture des raiders. Dans cette volonté de se distancer du quotidien - perçu comme contraignant, l'individu ne peut faire l'économie de s'associer à d'autres, notamment parce que l'organisation exige un regroupement par équipe. C'est donc initialement à une imposition à laquelle ces protagonistes font face ; paradoxalement, ils semblent vouloir se délier du monde urbain et des réponses institutionnelles qu'il implique. Cependant, cette liaison n'est pas envisagée comme telle, car elle n'est pas rationalisée et déterminée par une durée (la saison ordonnée par la fédération). Les liens sociaux retrouvés dans ces équipes de raiders ne sont pas pensés en fonction d'une rationalité en valeur5 ; ils sont basés sur la volonté d'être ensemble. Aussi, ce n'est pas la performance qui prime dans ces rassemblements aventureux, mais la volonté de vivre un épisode exceptionnel au cours duquel les protagonistes vivent des moments conviviaux6. La nature des liens tissés et l'ordre dans lequel ils se retrouvent peut s'apparenter à une communauté affective en étant dans un groupe ponctuel où l'affect domine : une tribu7. Cette possibilité de recomposer les équipes permet sa modification jusqu'à une certaine forme de cristallisation. Elle donne naissance à une autre manière d'être ensemble, dans ce lieu qui le favorise par l'absence d'instruction légiférant les associations par l'ordonnancement d'une règle de conduite venue « d'en haut ». Là, l'acteur a le sentiment de vivre pleinement l'action, car il en est à l'origine. Pour rendre compte de cette évolution et pour comprendre les phénomènes sociaux à travers les pratiques physiques, nous nous intéressons « aux faits dont la signification n'est pas banale (…) parce qu'ils déroutent l'observateur, [et] semblent inviter à la recherche d'un sens caché »8. C'est par l'extraction de ces traces que nous comprenons la complexité des manières d'être en mouvement et associées à des valeurs. Elles sont accentuées dans l'aventure car elles sont retrouvées sans structure lisible et avec une volonté des acteurs de se défaire de l'organisation sociale réglementée, tout en reproduisant des univers de sens où les acteurs se soumettent volontiers aux exigences, notamment parce qu'ils en sont les instigateurs.

     L'acteur social souhaite certes vivre pour lui, c'est une forme d'individualisme qualitatif9, mais il prend la mesure de ne pouvoir s'épanouir seul ; autrui, et la relation qu'il engage avec, est pris en considération pour recomposer, continuellement, des mondes sociaux où l'acteur social se sent à l'aise en étant en contact avec d'autres qui lui ressemblent et qui ne lui sont pas imposés sur ce temps de respiration. C'est sur ce temps de loisir que l'individu peut ainsi s'associer à d'autres, car l'organisation sociale, qui exige de répondre à des attentes, est restrictive dans ce domaine10. Là, l'individu participe activement au développement et à l'évolution du groupe qui devient une partie de lui-même ; les acteurs présents dans cet univers de sens en sont les artisans. Ces univers de sens apparaissent comme des « niches » où les hommes se sentent appartenir puisqu'ils sont en relation avec d'autres dont ils sont proches (affectivement) : cet ensemble est basé sur le partage de motifs communs qu'ils élèvent jusqu'à leur cristallisation. Ces univers de sens sont des microcosmes dans lesquels les individus sont intimement liés. Là, la concurrence inhérente à l'organisation sociale est absente et cet investissement n'a pas d'incidence sur le quotidien. Ainsi, les acteurs donnent à voir qu'une seule partie d'eux, celle en rapport avec la situation ; les acteurs ne se parent pas pour rentrer en relation les uns avec les autres. Cet univers de sens, parce qu'il se compose dans l'effervescence, ne s'encombre pas des manières d'être et de l'identité habituelles. Tout se passe comme s'ils étaient en attente de cette rupture pour s'exprimer différemment. Cette caractéristique met en évidence les appartenances multiples et les identités de l'acteur social. Chacun des espaces investis constitue une rupture avec un quotidien considéré comme pantelant. La socialité se retrouve ainsi autour d'une personne, car seule une partie d'elle est alors exprimée. Est-ce à dire que la socialité est futile, sommaire, dans le sens où l'individu n'y est pas totalement représenté ? Nous constatons ainsi la complexité de l'individu composé de plusieurs moi extériorisés en fonction des personnes côtoyées, du contexte et de la situation rencontrés.

     La nature semble être le lieu de prédiction de cette pratique, elle semble y être associée11. Tout se passe comme si celle-ci ne pouvait être que dans cet élément dépourvu de repère stable ; quelle est donc son influence sur l'élévation de ce sentiment ? Les raiders vont donc de pays en pays au cours des différents rendez-vous aventureux auxquels ils participent, voire sur un même raid lorsqu'il se déroule sur un large territoire. Ils s'adonnent donc à une forme de tourisme dans cette progression puisque le tourisme « comprend les activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs »12. Ces raiders, puisqu'ils réalisent souvent des épreuves dont la durée est supérieure à un jour, au moins pour les raids étudiés, peuvent être considérés comme des touristes que nous ne manquerons pas de comparer à ceux mis en évidence par J. D. Urbain13, d'autant que la démocratisation de l'aventure de loisir est propre à la fin du XXème siècle14. En effet, la multiplication des expéditions rend compte d'une prolifération de ces événements pour s'imprégner peu à peu de la culture locale15.

     L'attachement à cette logique aventureuse se fait également par une apparition des valeurs traditionnelles à travers l'authentique. Les éléments présentés sont sans artifice et concordent avec l'esprit du lieu. Là, l'acteur n'est pas spectateur dans la mesure où il participe à l'action engagée, il est de cette animation. Les éléments environnants sont touchés, investis et appropriés. Ce loisir n'est donc pas simplement un repos, une récupération physique et nerveuse ; il n'est pas plus exclusivement la participation collective à la fête, c'est aussi l'avènement d'une vie consommatrice16 où l'acteur choisit les éléments. Il n'est plus dans une logique contemplative qui est une forme de consommation passive. En effet, les acteurs choisissent les organisations auxquelles se rattacher pour satisfaire leur volonté. Cette vie consommatrice signifie la possibilité d'être actif dans l'évolution des manières d'être en s'adaptant au contexte : l'accommodation est donc un fondement de la manière d'être contemporaine. Ces acteurs s'investissent pleinement dans cette activité et dans cet environnement, ils donnent l'impression de s'imprégner des lieux en multipliant leurs interrogations pour se les approprier, au moins symboliquement, en fonction de leurs aspérités auxquelles il est accordé une particularité : une multiplicité des lieux17. En effet, la nature n'est plus simplement un lieu à découvrir, à investir, permettant de se révéler, elle est aussi un lieu investie afin de développer d'autres manière d'être ensemble à travers des valeurs dites traditionnelle. Ces aventureux vont-ils devenir des habitants de l'intervalle, ni totalement citadins, ni totalement ruraux, consommant ainsi les lieux en fonction de leurs intérêts ? Est-ce le style de l'aventure contemporaine de ne plus être dans une logique contemplative, mais participative ? Ces acteurs sociaux s'éloignent, le temps de cette aventure, de l'urbanisme et de son mode d'organisation pour composer un univers de sens où ils sont actifs. Cependant, celui-ci reste imprégné par l'organisation sociale car ces acteurs ne peuvent s'en défaire ; ils gardent néanmoins des traces de la structure sociale qui les taraude. Cette aventure apparaît comme un moyen de consommer un environnement en participant au présent du monde. Ce type d'investissement démontre que cet appel à la liberté reproduit une société, avec laquelle ils prennent leurs distances mais où, avec le temps, l'on retrouve ses malversations, ses enjeux, ses organisations et ses négociations18 ; cet environnement est donc le déplacement de valeurs et de fondement dont l'acteur est marqué.  
 

Sportive :

     Les sports d'endurance, le triathlon, l'ultra trail ont fait l'objet d'approfondissement scientifiques mais les pratiquants de raids n'ont pas fait l'objet de suivi et les plans d'entraînement restent donc souvent empiriques. La question du dopage reste toujours posé devant des efforts aussi intenses. Le rythme actuel sur des formats de course de 36h reste très impressionnant. Aucun cas avéré à ce jour mais il faut aussi reconnaître que les contrôles sont quasi inexistants. Même ceux opérés par des organisateurs privés le sont à leur frais et il est donc difficile de savoir le niveau d'investigation. Une suspicion demeure sur les raids longs pour ce qui peut se situer à la limite du dopage avec des anti-inflammatoires face aux problèmes récurrents de tendinites. A ma connaissance, un seul athlète issu du triathlon a fait l'objet d'un contrôle positif dans le circuit actuel. On peut aussi penser que dans le milieu des sports nature, cette attitude est totalement antinomique avec la mentalité des pratiquants mais dans ce domaine, il est prouvé que l'argent et la gloire ne sont pas les seuls motifs qui poussent les pratiquants à se doper. Un suivi longitudinal des raiders serait souhaitable , d'abord pour améliorer le suivi scientifique des coureurs et améliorer la préparation physique ; ensuite pour éviter de jeter l'opprobre, même ce milieu est encore épargné. 

     Deux domaines sont à explorer : le rôle du mental sur le physique et les spécificités physiologiques sur des enchaînements pluridisciplinaires. Quelques micro domaines pourraient également faire l'objet d'investigations : comment limiter l'apparition des crampes pendant et post sections en eaux froides.

environnementale :

     Pas ou peu d'études d'impact sur des raids multisports. Les orienteurs sont déjà sensibilisés aux problèmes de dérangement de la faune (choix stratégique d'emplacement des balises, sens de rotation de la course…) mais cette approche n'existe pas ou peu en multi. Les scandinaves ont déjà mesuré en orientation les effets induits d'une pratique de masse sur un temps réduit. La FFCO envisage de mettre en œuvre des études similaires sur des épreuves en France. Une approche scientifique commune à la C.O et aux raids serait souhaitable.

Institutionnel :

     Les organisateurs sont généralement reconnus comme acteurs du territoire mais ce n'est pratiquement jamais le cas des équipes. Celles-ci sont rarement soutenues par leurs collectivités de rattachement. On est parfois dans une dynamique de communication et non pas dans des logiques de soutien sportif. Le poids des règlements pro mouvement sportif pèse lourdement et malgré toute la valeur sportive des coureurs, ceux ci ne bénéficient jamais des appuis publics dans le cadre des politiques sportives, exclusivement dévolus aux clubs fédérés. Pourquoi ce conservatisme des élus ? Par ailleurs, l'attrait pour cette pratique émergente, et les formes de loisirs qui lui sont associées19, peu supposer une autre considération des élus. 
 

Hervé SIMON

Organisateur de raid, membre du team Vibram Sport 2000 Lafuma et Président du groupement des raids multisports de nature   

Hakim FERRADJI

Docteur en STAPS, CETAPS EA 3238

 

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